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C. — Effets des sels de htlrum

Les sels de lithium diffèrent des autres sels de potassium et de rubidium, par la rapidité moins grande de leur action; la comparaison est donc délicate à faire ”.

En effet, si l’on injecte à un lapin 0,1 de lithium, l’animal meurt au bout de deux ou trois jours, fatalement. Par suite des progrès de l’intoxication, sa température s’abaisse eraduellement, les battements du cœur s’affaiblissent, l’alimentation ne se fait plus, et le poids du corps diminue beaucoup. Il est donc certain que la dose toxique a été atteinte; tandis qu’avec les chlorures de potassium ou de rubidium, si la mort n'est pas survenue en vingt-quatre heures, l’animal se rétablira.

A vrai dire, il n'y aurait aucune difficulté à juger de la toxicité ou de l’innocuité de ces sels si ce rétablissement était définitif. Mais il n’en est pas ainsi; ear l'injection, dans le tissu cellulaire sous-cutané, d’une quantité considérable de substance caustique provoque une suppuration, une escarre, qui parfois guérit, mais qui, souvent aussi, fait périr l'animal en quelques jours. Il est donc impossible d'attribuer au poison cette mort tardive, et l’on est forcé de distinguer, dans

À. Il faut tenir compte aussi d’une complication sur laquelle j'ai insisté ailleurs [Expériences d’inhibition sur la grenouille (Bulletin de la Société de Biologie, 1883, p. 456)]. L'injection de solutions salines concentrées produit une douleur extrêmement vive, de l'agitation et des cris, chez les chiens, les lapins et les cobayes; mais, chez les animaux à sang froid, ces symptômes sont remplacés par des phénomènes d’inhibition, c'est-à-dire cessation des mouvements spontanés ou réflexes, abolition de la respiration, inertie complète, etc., tous phénomènes qui disparaissent rapidement.

Il est assez difficile de démêèler ce qui appartient soit à l’action toxique de la substance rapidement absorbée, soit à l'influence d'une excitation périphérique agissant sur les nerfs sensitifs, et, de là, sur le système nerveux central.

M. Naurocxi a donné, dans le Jahresberichte d'Hofinann, pour 1882, t. XI, Phys., p. 220, l'analyse d'un travail étendu de M. NixKanororr, sur l’action des sels de lithium. M. NiKaNoRorF a constaté que le chlorure de lithium est diurétique. Mais il a surtout étudié l'action de ce sel sur le cœur et la circulation, étude que Je n'ai pas entreprise.

les effets tardifs, ceux qui sont dus à l’action Loxique même, et ceux qui sont dus à une suppuration prolongée.

Les sels de lithium produisent chez le chien, outre un affaiblissement extrême de toutes les fonctions du système nerveux, une diarrhée intense. C’est le premier phénomène qui apparaît, landis que les troubles nerveux se montrent un peu plus tard.

Si Ja dose est forte, la mort est rapide, même quand l’injection a été faite sous la peau. Ainsi linjection sous-cutanée de 05,23 de lithium a fait mourir un chien en une heure et demie.

La respiration artificielle n'empêche pas la mort, qui semble survenir, non par arrêt respiratoire, mais par arrêt du cœur, arrêt progressif, et non immédiat, comme dans la mort par les chlorures de rubidium ou de potassium, et par épuisement général du système nerveux.

L'expérience suivante montre bien les effets du lithium à longue distance :

A un chien du poids de 9 kilogrammes, je fais l'injection sous-culanée de 18r,2 de lithium, à l’état de chlorure, soit, par kilogramme, environ 08,130.

Vingt-quatre heures après, l'animal est mourant. Il a des tremblements convulsifs et des contractures cloniques lentes, avec extension générale de tout le corps, qui se répètent à intervalles réguliers, toutes les trois ou quatre minutes. Sa température est de 24°,75, quoique la tem pérature extérieure soit très élevée, étant de 21°,2.

Les lapins, les pigeons, les cobayes, à qui l'on injecte les sels de lithium, succombent en deux, trois ou même quatre jours, en présentant toujours ces mêmes symptômes : affaiblissement général, titubation, impuissance de la motilité, refroidissement général. Tout se passe comme si l'élément atteint était l'élément nerveux, qui préside aussi bien à l'innervation motrice qu’à la fonction chimique des issus.

Chez les poissons, les grenouilles, les écrevisses, c'est

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encore cette impuissance de l’innervation qui domine, quoique les caractères en soient moins nets. Un symptôme constant, c’est la décoloration des tissus. Les tanches et les grenouilles, avant de mourir, deviennent tout à fait pâles, et même cette décoloration est souvent limitée au côté où a été faite l'injection.

D. — Effets des sels de potassium et de rubidium.

Les effets des sels de potassium et de rubidium se ressemblent beaucoup entre eux, à ce point qu'on peut les comprendre dans une commune description. Un sel de potassium injecté dans le système circulatoire est toxique par l'arrêt du cœur. De même, quoique à une dose beaucoup plus forte, est toxique le chlorure de rubidium; de sorte que la respiration artificielle ne change pas la limite de la dose toxique. Le cœur d’abord augmente de force, pour diminuer ensuite graduellement jusqu'au moment de la mort, qui survient par arrêt brusque de la fonction cardiaque.

Même par des injections sous-cutanées, on peut encore produire la mort par arrêt du cœur, notamment chez les pigeons; et le sel de potassium le plus favorable à cet effet est l’iodure. Une dose relativement faible d'iodure de potassium, soit 05,3 de métal par kilogramme, détermine souvent la mort immédiate chez les pigeons, même lorsque l’injection est faite ailleurs que dans les veines, soit dans l’épaisseur du muscle grand pectoral, région qui dans toutes mes expériences a été celle que j'ai prise pour lieu d'élection. La respiration continue à se faire pendant une demi-minute environ avec de grands bâillements; mais le cœur s’est arrêté, et l'animal meurt ainsi subitement.

Avec les sels de rubidium on obtient parfois les mêmes effets, mais moins souvent qu'avec le potassium.

Il y a donc, avec les sels de potassium et de rubidium, deux manières de mourir : la mort lente par affaiblissement

graduel du système nerveux, et la mort promple par paralysie de la fonction cardiaque.

Mais mon but ici est bien moins d'étudier les effets toxiques de ces substances que de déterminer la dose mortelle, Aussi ces courtes indications suffisent-elles.

E. — De la dose mortelle minimum.

J'ai insisté précédemment sur les erreurs inévitables relatives soit au poids de l'animal, soit à la quantité de substance injectée; deux causes d'erreur qui suffisent pour expliquer les divergences, relativement minimes, qu’on trouvera dans les chiffres qui vont suivre.

Je dois cependant donner encore quelques détails sur le moyen d'appréciation de la dose mortelle.

Pour cela je prendrai l'exemple suivant :

Doses mortelles de chlorure de potassium chezles poissons.

gr. gr

0,12 Survie. 0,45 Mort.

0,42 — 0,46 Survie.

0,30 — 0,47 Mort.

0,35 — 0,50 Survie.

0,38 — 0,50 — O4 — 0,50 Mort.

0,42 Mort. 0,55 — 0,44 Survie. | 0,06 — 0,44 — 0,72 — 0,44 — | 0,85 —

Il y a évidemment une certaine contradiction dans ces expériences, puisqu'un animal est mort avec une dose de 05,42 et deux autres ont survécu avec une dose de 05°,50. Mais, dans ce cas, il faut examiner avec attention la série des expériences * On voit alors que la mort à la dose de 0,42 est isolée, pour ainsi dire, due soit à un accident — j'appelle accident l’'intoxication aiguë, par pénétration trop rapide du poison dans le cœur — soit à une erreur dans le poids de l'animal ou la

quantité de substance injectée. Au contraire, à partir de 0,45, la mort semble être la règle. On peut donc admettre le chiffre de 05,45 comme étant la dose mortelle minimum ; ou même, en tenant compte de la moyenne entre 45 et 50, prendre le chiffre de 0,47.

En tout cas, l'erreur maximum sera comprise entre les chiffres de 0,41 et de 0,55, puisque, jusques et y compris la dose de 0,41, les animaux ont survécu, tandis qu'à partir de 0,55 les animaux ont toujours succombé. Or, si l’on prend la moyeune arithmétique de 0,41 et de 0,55, on trouve 0,48, qui concorde très bien avec les chiffres précédents.

Une précision plus grande est impossible à atteindre dans ce genre d'expériences, et il nous semble que c’est déjà un résultal satisfaisant que d'arriver à hésiter entre des chiffres aussi voisins que 0,45, 0,47 et 0,50.

Nous pourrions ainsi discuter les autres séries d’expériences. Mais cette discussion paraîtrait pénible et inutile, et nous nous contenterons de donner sous la forme de tableaux les résultats obtenus.

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