DOSAGE DES IODURES DANS L'URINE
Il est indispensable de détruire par la calcination toutes les matières organiques, car elles sont un obstacle bien plus grand ici que pour la recherche qualitative.
On additionne l'urine de carbonate de soude pour la rendre fortement alcaline, afin que l’iodure ne puisse se décomposer par la présence d’un acide; puis on surveille le moment où l'évaporation touche à sa fin, car à ce moment l'urine risque de déborder. Quand il ne reste plus de liquide, on peut ajouter quelques cristaux d’azotate d’ammoniaque dont la déflagration hâte la calcination : il est indispensable d’avoir une coupelle métallique ; le nickel suffit.
On reprend les cendres avec de l’eau, on chauffe de nouveau, puis on filtre avec soin, et l’on dose comme dans une solution aqueuse ordinaire acidifiée avec l'acide acétique.
IT Début de l’élimination des différentes substances.
DÉBUT DE L'ÉLIMINATION
Impection pleurale.
ExPÉRIENCE I. — Le jeudi 17 avril 4890 on fait à un chien de 16 kil. une injection intrapleurale contenant :
grammes.
Iodure de potassium . . . . . 0,23 Ferrocyanure de potassium . . 0,25
L'injection commence à 4 h. 49 et dure 10 secondes. Un tube à essai recueille la salive.
À 4,50 on examine le tube. . Réaction négative 407 tube,
A 4,51 nouveau tube., , . . Réaction positive 2 — À 4,52 nouveau tube.. , , . Réaction négative 3e — À 4,53 nouveau tube.. , . . Réaction positive 4 —
Les suivants, , . . . Réaction positive # —
Le chien avait reçu de la pilocarpine; mais, malgré cette précaution, la quantité de salive recueillie a été trop minime pour que nous puissions examiner l’iode contenu.
La présence du ferrocyanure, décelé par une trace de perchlorure de fer, nous permet pourtant peut-être de conclure à la présence simultanée de l’iodure de potassium.
Si nous avions pris la salive au lieu de l’urine, c’est uniquement parce que pendant ce même laps de temps une canule placée dans l’uretère ne nous à pas fourni une seule goutte d’urine à examiner : soit en somme deux minutes se sont écoulées entre l’introduction du ferrocyanure et le début de l’élimination.
DÉBUT DE L'ÉLIMINATION Expérience personnelle. — Ingestion stomacale.
EXPÉRIENCE IL. — Le 15 avril à 4 heures de l’après-midi, je prends en solution aqueuse un gramme d’iodure de potassium.
Ma vessie a été vidée au préalable par le cathétérisme, l’urine examinée, et la sonde a été laissée en place.
L’urine a été recueillie dans les tubes à essai.
La première émission d'urine a eu lieu 2 minutes après l’absorption du médicament.
La seconde émission, 2 minutes 15 secondes.
La troisième émission a eu lieu au bout de 3 minutes.
Les deux premiers échantillons ne contenaient pas d’iodure; le troisième en contenait, ainsi que les suivants.
Par conséquent, après ingestion d’une dose d’un gramme en solution, l’iodure est apparu dans mes urines en moins de trois minutes.
DÉBUT DE L'ÉLIMINATION
Expérience IIL. — Le nommé C... Alphonse, âgé de vingt-trois ans, entré le 28 janvier 1890, salle Malgaigne, lit n° 54, à l'hôpital Necker, service de M. Dupray.
Atteint d’exstrophie de la vessie.
Le 20 février 1890, à 40 h. 52 du matin, le malade prend à jeun une
potion contenant 1 gramme d'’iodure de potassium. L’urine de chaque rein est recueillie à part à l’orifice de chaque uretère. On applique simplement deux tubes à essai au-dessous des petites saillies au sommet desquelles s’ouvrent ces canaux, l’urine s’y écoule d’une facon intermittente, et pas toujours simultanée pour chaque rein, le bassinet jouant le rôle de petite vessie et se vidant par contraction seulement de temps en temps.
Nous avons ainsi recueilli de l'urine de ce malade dix échantillons pour le rein droit et onze échantillons pour le rein gauche, pendant dix minutes que nous l’avons observé; chacun de ces échantillons correspond à une miction du bassinet et dans tous nous avons trouvé de l’iodure. |
Le premier a été recueilli une minute et 45 secondes après l’absorption du médicament.
La réaction a été faite avec le chloroforme et le mélange des acides nitrique et chlorhydrique.
Dans la matinée les urines de ce malade avaient été examinées par le même procédé et n’avaient pas donné de réaction.
Pour cette expérience nous étions en collaboration avec M. CHAvANE, interne des hôpitaux, qui prépare en ce moment un travail sur le même sujet; nous lui devons de pouvoir publier cet intéressant compte rendu.
DÉBUT DE L'ÉLIMINATION
Injection hypodermique.
ExPÉRiENCE IV. —- Le mardi 22 avril 1890 on fait à un chien de 7 kil., endormi, et ayant reçu 2 cenligrammes de pilocarpine, une injection hypodermique à la cuisse de 5 centigrammes de ferrocyanure de potassium.
On commence à 4 h. 8 minutes. L’injection dure 10 secondes, et ce n’est qu’à 4 h. 28 minutes que nous avons la réaction du ferrocyanure avec le perchlorure de fer dans la salive, soit 20 minutes.
Cette expérience a été faite pour montrer la différence de la rapidité d'absorption par les séreuses ou par le tissu sous-cutané.