DOSAGE DES IODURES DANS L'EAU
Le dosage des iodures n'étant guère affaire de clinicien, nous ne dirions que peu de mots sur sa technique, si nous n'avions pas à décrire un procédé dont nous n'avons trouvé mention nulle part, et qui, conséquemment, nous appartient.
Les auteurs donnent les procédés suivants, tous fort minutieux, soit qu'ils nécessitent des réactifs absolument purs, soit qu'ils obligent à des pesées fort délicates; les voici brièvement rapportés :
Dosage de l’iode à l’état d’iodure d'argent :
On précipite la solution de l’iodure avec l’azotate d'argent après l'avoir acidifiée à l’acide azotique, puis on lave le précipité d'iodure d'argent, on le sèche, on le pèse et on déduit du poids obtenu la quantité d'argent métallique que contient ce sel.
Par l'iodure de palladium, le procédé est à peu près identique; nous n'insisterons donc pas davantage.
Par le perchlorure de fer enfin, et par l’iodate de sodium,
on met l'iode en liberté, et on le dose par un des procédés volumétriques.
Le procédé que nous avons employé est basé sur la réaction que nous avons à dessein exposée en détail un peu plus haut : une mème quantité de chlore déplace toujours une quantité proportionnelle d’iode dont s'empare le chloroforme ; aussi avons-nous titré par comparaison une eau chlorée très diluée, nous servant pour cela d’une solution d’iodure de potassium au millième. Après quelques tâtonnements on arrive à avoir une eau chlorée dont 10 centimètres cubes correspondent à un milligramme d'iodure, la décoloration du chloroforme indiquantle moment où l'iode est saturé.
Il est naturellement indispensable d’agir en solution légèrement acide.
Il faut aussi vérifier chaque jour le titre de l’eau chlorée dont on se sert, car elle s’altère rapidement. Cet inconvénient est largement compensé par la précision des résultats que l’on obtient et par la sensibilité de la réaction.
Voici comment nous avons procédé : nous avons pris un centimètre cube de la solution à examiner, autant de chloroforme, puis, ayant noté la hauteur de l’eau chlorée dans la burette de Gay-Lussac, nous avons, en prenant soin d’agiter fréquemment, laissé tomber l’eau chlorée d’abord goutte à goutte, puis plus largement si nous trouvions beaucoup d’iode, de facon à colorer d’abord et à décolorer ensuite le chloroforme; les dernières traces d’iode sont difficiles à enlever au chloroforme, il faut agiter fortement : c'est un avantage au point de vue de la précision du dosage.
Enfin, lorsque le chloroforme est décoloré, on ajoute une trace d’iodure afin de voir si on avait juste atteint la limite ou si on l'avait dépassée. Dans ce dernier cas le chloroforme reste incolore; dans la première hypothèse il se colore de nouveau, et l’on peut considérer le dosage comme exact.
Dans toutes nos manipulations nous avons fait trois épreuves aussi exactes que possible, et nous en avons pris la
moyenne lorsque nous trouvions une différence un peu appréciable.