‹ Physiologie (volume 2)Chapitre 181 sur 203 · MARS. 28 MARS · texte numérisé non relu

MARS. 28 MARS

k h. 30 — positif —

6 h. — positif — fluor,

8h.30— positif — fluor. 8 h. 30 — positif —

1 h. — positif — fluor,

2h.30 — positif — fluor.

4h. — négatif —

5 h. 30 — positif — PR Le en MONO à

6 h. et 6 h. 30 1 h. — positif — £ 8 h. 30 — positif —

10 h. 30, fluor. réac. p. 10 h. 30 — positif —

L'élimination est donc terminée entre 4 h. 40 et 8 h, 8, soit à 6 heures, c’est-à-dire au bout de 36 heures. — 15 analyses.

DURÉE DE L'ÉLIMINATION Dose faible.

ExPÉRIiENCE XXIII. — Expérience personnelle. — Le 5 PSS à 3 h. 50. je prends un gramme de lactate de quinine.

L’élimination s’est donc terminée entre 8 heures et 11 h. 15, ce qui donne comme total pour un gramme de lactate de quinine 53 h. 40 environ.

Recherche de l'antipyrine dans l'urine.

Dexux ! recommande d'ajouter 5 gouttes d'acide sulfurique pour 6 ce. d'urine et davantage si l'urine était alcaline,

1. Denux, Thèse de la Faculté de médecine de Paris, 1884-1885, Étude sur la valeur thérapeutique de l'antipyrine.

si le mélange se trouble, on filtre, puis on ajoute une dizaine de gouttes du réactif iodique, cette réaction serait surtout marquée entre 4 et 20 heures après l'émission de l’urine.

Arounx ! s'est servi de quelques gouttes de perchlorure de fer, qui donnent une coloration vin de Porto aux urines, il a même obtenu cette réaction en badigeonnant de perchlorure des malades qui prenaient de l’antipyrine ; l'élimination par la sueur étant suffisante pour produire cette coloration.

MM. Hévocoue et Hucnarp°?, à l'hôpital Bichat, ont eu recours à l'examen spectroscopique.

M. Yvox conseille de décolorer l'urine avec le sous-acétate de plomb, filtrer et colorer au perchlorure de fer; il indique comme moyen plus précis de chauffer l’urine avec de l'acide azotique fumant; on obtient une coloration verte qui passe au rouge quand on ajoute un excès d'acide. Pour notre compte nous n'avons jamais obtenu cette dernière réaction avec l'urine antipyrinée physiologiquement, même à la dose très forte de 5 grammes par jour. Nous l'avons eue facilement avec l'urine antipyrinée mécaniquement en chauffant dans un tube à essai un centimètre cube d'urine, et, quand elle bout, on ajoute une goutte d'acide azotique fumant avec une pipette ; cette réaction est peu sensible.

On peut done conclure que l’antipyrine subit dans l’organisme un dédoublement, puisqu'elle ne donne plus les mêmes réactions.

Une autre réaction ne se trouve pas non plus dans l’urine physiologiquement antipyrinée. Lorsqu'on chauffe l’antipyrime avec de l'acide azotique jusqu’à réaction, on a, quand elle est achevée, un liquide rouge pourpre: si alors on verse

1. ARDUIN, Thèse de la Faculté de médecine de Paris, 1884-1885, Contribution à l'étude thérapeutique et physiologique de l’antipyrine.

2. HénocQuE et Hucnarp, Journal de pharmacie et de chimie, 1885, no 1, p. 25.

de l’eau et que l’on filtre, le liquide filtre rouge, et il reste un précipité violet sur le filtre.

Comme nous l'avons dit, cette réaction n’a été positive que pour l’antipyrine ajoutée directement à l'urine et extraite ensuite; elle a été négative même après l'absorption de 5 grammes d'antipyrine : ce sont des urines provenant du service de M. Caper pe Gassicourr, à l'hôpital Trousseau, qui nous ont servi dans ces recherches.

Caravias ‘, avant de mettre du perchlorure de fer dans l'urine, la décolore au noir animal; il a trouvé l'antipyrine dans l'urine après l'absorption d’un gramme, et il en a suivi l'élimination pendant 15 heures.

Uxsacx ? dit qu'après ingestion l’antipyrine apparaît dans l'urine aussitôt, sans préciser le temps que représente ce mot pour lui : ila décrit l’action de l'antipyrine sur l'élimination de l’urée.

Le procédé que nous avons employé est analogue à celui qui nous a servi pour la recherche de la quinine.

Toutefois faisons remarquer que l’antipyrine est soluble dans le chloroforme, et que celle que l’on ajoute dans l’urine se retrouve en employant ce dissolvant, tandis que, dans l'urine antipyrinée physiologiquement, nous ne retrouvons la réaction de l’iodure ioduré de potassium que si nous employons l'alcool pour dissoudre le résidu.

Nous avons aussi essayé un papier au perchlorure de fer, sans résultat d’ailleurs.

Or, voici ce qui nous est arrivé : comme à chaque expérience nous avions la précaution de faire la contre-épreuve avec une urine normale, un jour que nous examinions nos urines, comparativement à celles d’un malade de l'hôpital de la Charité, qui prenait 3 grammes d’antipyrine par jour, nous

1. Caravras, Thèse de doctorat de Paris, 1886-1887, Recherches expéri-

mentales et cliniques sur l’antipyrine.

2, UnBaom, Archiv fur erperimentelle Pathologie und Pharmacologie; t. XXI, 1886 pp. 161 à 168.

avons trouvé une réaction identique dans les deux échantillons.

Nous nous sommes rappelé avoir mangé la veille de la chair de porc fumée. Quelques jours après, avec une alimentation semblable, nous avons retrouvé cette même réaction, de telle sorte que les expériences que nous avions faites sur la durée de l'élimination de l’antipyrine tombent du même coup, puisqu'il suffit de si peu de chose pour modifier cette réaction.

Nous avons alors vu que le résidu alcoolique de nos urines, traitées de la façon indiquée plus haut, transformait le ferricyanure de potassium en ferrocyanure de potassium, ce qui est la caractéristique des ptomaïnes, lesquelles existeraient dans le jambon fumé.

Pour retrouver cette réaction dans l'urine normale, il faut en examiner une bien plus grande quantité que dans ce cas-ci, mais on la retrouve toujours.

M. Cnarres Ricner a déjà signalé cette transformation du ferricyanure en ferrocyanure par l'urine normale sans manipulation antérieure, on la décèle par la simple addition d’une goutte de perchlorure de fer, on a une coloration d’un bleu extrêmement intense.

Nous pouvons done conclure avec Orro ScawrissiNéer ! que la recherche de l’antipyrine dans l’urine exige de nouvelles études.

Conclusions.

1° L'élimination des médicaments qui passent dans l’urine, et spécialement de l’iodure de potassium, commence deux ou trois minutes après injection dans une séreuse ou même ingestion stomacale.

2° Elle se prolonge en général, chez des individus nor-

1. Orro SCHWEISSINGER, Journal de pharmacie etde chimie, 1885, no 4, p. 33

maux, au moins pendant 36 heures, pour des doses moyennes.

3° Dans le cas de doses répétées massives, l'élimination peut se prolonger pendant au moins 11 jours.

ä° L'iodure de potassium ne se fixe pas sur le tissu du rein d’une manière stable ; mais néanmoins il se localise dans cet organe, de telle sorte que le rein contient environ cinq fois plus d'iodure que le sang ou les muscles, et ceux-ci trois fois plus que le cerveau ; l'urine en contient dix fois plus que le sang.

5 Le sulfate de quinine à doses moyennes (de 0“,50 à 1 gramme) chez l’homme sain, s’élimine en 48 heures environ. L’'élimination commence déjà dans le courant de la première demi-heure.

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