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prise d'envie de vomir, mais sans vomissements. On observa TOME HN. 36
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en même temps des troubles de la vue, de la dilatation de la pupille, de la cyanose des lèvres ; le pouls devint filiforme, des convulsions éclatèrent et la malade succomba. A l’autopsie on trouva une petite caverne dans le poumon droit; le cœur avait une légère surcharge graisseuse. L'encéphale, les méninges et les viscères abdominaux étaient congestionnés. La mort fut considérée dans les conclusions médico-légales comme le résultat d'un empoisonnement par la cocaïne.
Tels sont, avec quelques détails, les seuls cas de mort que nous avons pu trouver dans les auteurs, car nous nous refusons à reconnaître l’action de la cocaïne dans l'observation présentée par M. Apanre à la Société ophthalmologique de Paris. On voit que la terminaison fatale est, en somme, chose rare. Si l’on faisait le dossier du chloroforme, on trouverait la table de léthalité bien plus considérable. D'ailleurs la cocaïne ne donne la mort qu'à dose encore assez élevée. De plus, il est à remarquer que l’évolution des phénomènes dépend beaucoup du mode d'administration. Aïnsi, dans l'observation rapportée par M. Moxrazri, la cocaïne avait été prise à l’intérieur et absorbée par l'estomac. Nous croyons qu’une dose moitié moindre, en injection sous-cutanée, aurait pu également tuer le sujet. Tout dépend, en effet, de la rapidité d'absorption. Nos expériences sur les lapins démontrent parfaitement ce fait : nous avons eu des accidents mortels en injectant dans le péritoine 0,20 centigrammes de cocaïne par kil. d'animal; or, 0,05 centigrammes, poussés dans la veine auriculaire, ont produit ces mêmes accidents; l’importance de la dose est donc quelque peu relative; et il sera permis de donner en ingestion stomacale une quantité de cocaïne qu'il faudrait bien se garder d'introduire dans le tissu cellulaire.
Cette distinction n’est pas inutile; elle mérite d’être prise en considération ; car on peut parfaitement piquer une veine avec l’aiguille de la seringue et introduire directement la solution de cocaïne dans le calibre de cette veine. Le fait a dû se produire ; et lorsque, en dehors de toute prédisposition, une
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dose minime de substance active donne naissance à des phénomènes d'une gravité exceptionnelle, nous serions tout disposé à croire que la solution a été poussée dans une veine.
Mais comment se mettre en garde contre cet accident? La chose est facile; on n'aura qu’à se conformer au mode opératoire employé par notre maître M. Reczus, et exposé par lui et son élève Iscnm Wazz dans la Revue de chirurgie, 10 février 1889. Cette méthode consiste à pousser le piston de la seringue à mesure qu’on enfonce l'aiguille dans les tissus. On pourra peut-être piquer une veine et introduire une goutte de liquide dans le calibre de cette veine, mais le reste de la solution sera certainement déversé dans le tissu cellulaire. On évite ainsi de porter directement la cocaïne dans la circulation générale et de la mettre en contact pour ainsi dire immédiat avec les centres nerveux.
L’absorption troprapide de cette substance a pour plusieurs auteurs de graves inconvénients. Telle est l’opinion du professeur Wozrcer ‘. Se basant sur sa propre statistique, il a vu qu'on pouvait injecter aux extrémités une dose d’un tiers plus forte qu'à la face. Il paraît admettre comme possible que la cocaïne introduite au voisinage de l’encéphale y parvienne d'une manière plus immédiate (par les gaines lymphatiques?) que par la circulation générale.
De même, pour éviter dans une certaine mesure cette rapidité d'absorption, il ne faut pas employer des solutions trop concentrées. Cette façon d'agir ne peut offrir que des avantages.
On sait que la cocaïne produit l'analgésie par action directe sur les cellules sensitives; plus la solution sera étendue, plus on pourra multiplier le contact du liquide médicamenteux avec les cellules nerveuses ; et cependant la dose totale de cocaïne sera plus faible. La solution à 2 p. 100 nous paraît la plus convenable. Or nous avons vu qu’on peut employer