‹ Physiologie (volume 2)Chapitre 21 sur 203 · III. — EFFETS DE LA COMPRESSION CÉRÉBRALE SUR LA RESPIRATION · texte numérisé non relu

III. — EFFETS DE LA COMPRESSION CÉRÉBRALE SUR LA RESPIRATION

Dans une étude expérimentale sur le rôle du cerveau dans la respiration, est-il légitime de rapporter des expériences dans lesquelles, après trépanation cranienne et ouverture des méninges mettant à nu l'écorce cérébrale, on produit artificiellement la compression cérébrale par des injections d’eau ordinaire poussées au niveau de l’orifice trépané? Je sais bien

qu'il pourra m'être objecté que dans ces expériences l'effet M

produit sur la respiration tient non pas à la compression de l'écorce cérébrale, mais bien, en réalité, à la compression du

bulbe que l’on ne peut, en l'occurrence, dissocier de la précé-

dente. Il est fort vraisemblable, en effet, qu'au cours de telles expériences le bulbe doit ètre comprimé aussi bien que le cer-

veau proprement dit. Mais est-il indiscutable que l’arrèt res-

piratoire qui se produit alors soit et surtout soit exclusivement d’origine bulbaire? Si l’on admet que les centres bulbaires ne sont que des centres d’inhibition pour les mouvements respiratoires (Browx-Séquarp, Loxe, Dasrre), certes, l'arrêt respiratoire produit par l’excitation de ces centres se comprend fort bien; mais si l’on admet que les centres bulbaires sont des centres d’action, c'est-à-dire des centres excito-moteurs pour la respiration (Laporne, H. Girarn, Markwazn, Anucco), dès lors l'arrêt respiratoire produit par l'excitation de ces centres ne se comprend plus. Dans ces conditions il peut être permis, sans doute, de ne pas accepter comme un dogme classique l’origine bulbaire de l’arrêt respiratoire dans les expériences de compression cérébrale. D'autre part, si l’on se reporte aux arrêts respiratoires que l'on peut obtenir par l'excitation électrique directement appliquée sur la substance corticale (Fr. Franck, Ca. Ricner), ou si l’on veut bien encore se reporter à certains faits cliniques d’encéphalocèle, par exemple, dans lesquels la compression digitale de la tumeur produit parfois des syncopes cardiaque etrespiratoire, il pourra dès lors paraître légitime de rapprocher des effets obtenus dans ces diverses conditions expérimentales ou pathologiques ceux que l’on obtient dans les essais de compression cérébrale en expérimentation physiologique. C'est, pour ma part, ce que j'ai pensé pouvoir faire très légitimement.

ExPÉRIENCE IX. — 26 janvier 1892. — Lapin. T. 39°, 5. — Température du laboratoire, 12°.

2 h. 30. — Le crâne est trépané sur la région latérale droite, l'orifice de 0,005 millimètres de diamètre laisse pénétrer l'extrémité inférieure de la seringue ordinaire dont on se sert en clinique pour la ponction de l’hydrocèle ; les méninges sont incisées, laissant à nu la substance céré. brale.

2 h. 45. — La respiration du lapin est enregistrée avec le cardio-pneumographe à lapin de Marey. Le début du tracé représente cette respiration normale.

2 h. 50. — On enfonce la canule de la seringue à hydrocèle remplie d’eau par l’orifice trépané, l'injection est faite lentement (on a, du reste, à lutter contre une assez grande résistance pour pousser le piston de la se-

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