‹ Physiologie (volume 2)Chapitre 30 sur 203 · RESPIRATION · texte numérisé non relu

RESPIRATION

es de morphine. Ralentissement considérable de la respiration:

A recu 10 centigramm

indre enregistreur de Marey

fig.

ême lapin que

Fre.

Le tracé représente une durée de 25 secondes:

— ] tour à la minute.

tesse de rotation du cyl

PACHON.

FiG. 115.— Lapin. Ralenlissement exlréme de la respiration sous l'influence de la morphine après la section des nerfs pneumogastriques.

5 secondes.

Vitesse de rotation du cylindre enregistreur de Marey — 1 tour en une minute. Le tracé représente ure durée de

fort diminuée. Dans des

expériences de contrôle,

j'ai pu constater les varia-

bilités de cette diminution de fréquence même sur les divers individus d’une même espèce, le lapin, par exemple. Mais je n’ai jamais vu la respiration, dans ces conditions, descendre au-dessous de 17 à 18 respirations par minute chez le lapin. Cette opinion est d'accord avec les expériences des divers auteurs (H. GirarD, BEaAuis). Je crois donc être parfaitement autorisé à conclure que, dans l’expérience précédente, la diminution considérable de la fréquence respiratoire — Lombée à #4 respirations par minute — est le fait de l’intoxication morphinique qui a agi sur la respiration après et malgré la section des nerfs pneumogastriques. C’est dire que la morphine, si elle agit après et malgré la section de ces nerfs sur la respiration, agit normalement sur celle-ci sans l'intermédiaire de ces nerfs.

Que si la morphine agissait sur la respiration indépendamment des nerfs pneumogastriques, elle n’en agissait peutêtre pas moins indirectement sur la fréquence et le rythme de cette fonction par son action sur la température. On sait l'influence prépondérante qu'exerce, parmi les diverses conditions physiologiques, la température sur la respiration. Dès lors les modifications respiratoires observées dans l’intoxication morphinique ne pouvaient-elles être fonction de l'hypothermie consécutive à l’injection de morphine? C'était à une importante question à résoudre.

L'action dela morphine sur la température est constante et remarquable. C’est là, du reste, un fait classique. Cx. Ricxer, dans une étude synthétique sur les poisons et la température, en a longuement discuté et interprété le mécanisme ‘. Les courbes des expériences XXI et XXII donnent l’image fidèle et expressive de cette action de la morphine sur la température. (cf. fig. 116 et 117.)

Expérience XXI. — 21 octobre 4891. Chien adulte. Poids 7 kg. 150. T. 39° 5. Température du laboratoire 1205.

3 h. 35. — Injection intra-péritonéale de 2 centimètres cubes d’une solution de morphine à 4 p. 100, soit 2 centigrammes de morphine, — L'animal vomit immédiatement.

& h. 10. — Deuxième injection intra-péritonéale de 2 centigrammes de morphine. Le chien est absolument calme. À chaque respiration, il a tout le corps secoué par un frisson général.

& h. 35. — L'animal à donc reçu en injection intra-péritonéale 4 centigrammes de morphine, soit près de 1 centigramme par kilogr. de poids. — L'état général est calme, le chien dort profondément. 11 frissonne au moment des inspiralions. La courbe de la fig. 116 représente les modifications subies par la température.

EXPÉRIENCE XXIL. — 26 septembre 1891. Chien de 30 jours. Poids 390 gr., T. 39°8. Température du laboratoire 120.

2 h. — 2h. 30. — Le petit chien est enlevé de la niche où il était couché sous le ventre de sa mère. Sa température est alors de 3908. Porté dans le laboratoire, il est abandonné quelque temps sur la table

1. Cn. Ricner. De la chaleur animale (Bibliothèque scientifique internationale). Paris, 1889, p. 241.

140 V, PACHON,

d'expérience. Après vingt-cinq minutes, c’est-à-dire à 2 h. 30, sa tempé-

rature n’est plus que de 3802, A ce moment, on lui injecte

PR be za une

Page 1