‹ Physiologie (volume 2)Chapitre 31 sur 203 · SEE D CES · texte numérisé non relu

SEE D CES

solution de morphine à 4 p. 100, soit { centigramme de

d’une

morphine. Le petit animal gémit conti-

nuellement, sa respiration est irrégulière, difficile à enregistrer au pneumographe, à cause du frisson continu dont il est agité.

La courbe de la fig.117 représente l’abaissement rapide et consi-

dérable de la température après une demi-heure. Le jeune chien est

alors reporté à la niche, près de sa mère.

L'influence hypothermisante de la morphine est, on le voit,

remarquable surtout chez les petits ani-

maux (fig. 117). C’est que la morphine exerce une aclion directe sur la producton de chaleur, c’est-à-dire sur la thermogénèse. [Il se passe là ce qui survient dans l’intoxication par le chloral, par exemple. Cu. Ricaer a montré que, sous l'influence du chloral, les combustions respiratoires, au licu d’être, comme à l’état normal, proportionnelles à la surface de l'animal (Cx. Ricuer), devenaient proportionnelles à son poids”. La production de chaleur, sous l’influence de la morphine, subit une modification ana-

logue. Dès lors l'animal morphiné qui

MINS 107 "20 Fic. 117. — Chien de 390 grammes. Injec-

tion de 4 centigramme de morphine. Courbe de la température.

Sur l’ordonnée verticale de la courbe sont inscrites les températures; l'ordonnée horizontale marque le tempsexprimé en minutes.

A, J'ai fait sur ce sujet quelques expériences de calorimétrie que je rappor-

terai dans un autre travail.

Travaux du laboratoire de physiologie,

t. Ier, p. 548.

se refroidit par rayonnement périphérique proportionnellement à sa surface, tandis qu'il ne produit plus de chaleur que proportionnellement à son poids, se refroidira d'autant plus que pour 1 kilogramme de son poids sa surface sera plus grande. Or un animal de petite taille a pour 1 kilogramme de poids une surface bien plus grande qu’un animal de haute taille ; il se refroidira donc davantage sous l'influence de la morphine. C’est là l'explication physiologique de la différence des courbes des figures 116 et 117.

Où, du moins, ces courbes se ressemblent, c’est dans la représentation de ce phénomène commun, chute de la température. Cette chute était assez importante pour qu'il devint d'un grand intérêt de savoir si les modifications respiratoires, sous l'influence de la morphine, n'étaient pas simplement la conséquence de l’hypothermie. S'il en était ainsi, les modifications de la fréquence et du rythme de la respiration devenaient un phénomène absolument secondaire dans l’intoxicaton morphinique. La morphine agissait indirectement sur la respiration comme l’antipyrine, par exemple, en diminuant les échanges chimiques ‘. Dès lors l'étude des modifications respiratoires, auxquelles elle donnait naissance, devenait absolument indifférente au sujet de ce travail. — Les expériences suivantes démontrent que les modificalions de la respiration ne sont pas fonction de l'hypothermie, dans le morphinisme aigu.

ExPpémEence XXII. — 25 septembre 1891. — Chienne griffon. — Poids 5 kilogr. T. 39. Température du laboratoire, 129 4.

3 h. 40. L'animal est très émotif. Injection intra-péritonéale de 5 cen-

timèlres cubes d’une solution de morphine à 1 gr. 100, soit 5 centigrammes de morphine.

Les courbes de la fig. 118 représentent les modifications de la tempéralure el de la fréquence respiratoire, pendant deux heures.

EXPÉRIENCE XX1V. — 17 août 1891. — Lapin adulte. — Poids, 1 750 grammes. T. 39° 2. Température du laboratoire 130.

Page 1