‹ Physiologie (volume 2)Chapitre 37 sur 203 · PS OR · texte numérisé non relu

PS OR

Conclusions

Dans un travail récent fait au laboratoire de M. A. Mosso, M. AcBanese a confirmé les résultats que nous avons obtenus sur les grenouilles, et a observé des faits nouveaux en ce qui concerne la résistance à la fatigue des animaux privés de capsules. Il conclut que les capsules surrénales sont destinées à détruire ou du moins à transformer les substances toxiques qui, par l'effet du travail des muscles et du système nerveux, se produisent dans l'organisme. Déjà, dans notre précédent mémoire, sans être aussi affirmatifs, nous avions conclu dans le même sens.

Ce qui ressort de toutes nos recherches sur les grenouilles et les cobayes, c’est que, comme l'a dit formellement M. Browx-Séouanr», en 1856, les capsules surrénales sont des organes essentiels à la vie; leur très grande importance fonctionnelle se déduit naturellement des effets qui suivent leur destruction totale et même partielle. Les troubles profonds de la nutrition, l’amaigrissement extrême que nous avons observés sur les cobayes qui avaient subi la destruction parüelle des deux capsules montrent bien qu'une lésion, même partielle, de ces organes peut entrainer des conséquences graves. D'autre part, la loxicité du sang des cobayes privés des capsules indique qu'il s’accumule dans l'organisme une ou plusieurs substances toxiques de nature encore inconnue à la suite de la suppression de la fonction surrénale.

Ces substances nous ont paru agir tout spécialement sur les terminaisons des nerfs moteurs dans les muscles.

On peut expliquer la mort des animaux par une autointoxication, une sorte de curarisation déterminant une paralysie progressive el rapide.

L'injection d'extrait aqueux semble bien agir d’une façon

favorable pour modifier et atténuer les symptômes morbides. js

174 J.-E ABELOUS ET P. LANGLOIS,

Nous conclurons donc :

Les capsules surrénales sont des glandes vasculaires sanguines dont l'importance fonctionnelle est manifeste ; ce sont des organes chargés d'élaborer des substances qui peuvent modifier, neutraliser ou détruire des poisons fabriqués sans doute au cours du travail musculaire et qui s'accumulent dans l'organisme après la destruction des glandes surrépales.

1. Depuis la rédaction de cet article, nous avons communiqué à la Société de Biologie (4 juin 1892) une note sur l'action toxique exercée chez les grenouilles M récemment privées de capsules, par l'extrait alcoolique de muscles de grenouilles mortes à la suite de la destruction de ces organes ou de grenouilles

tétanisées jusqu'à épuisement. Dans un prochain mémoire nous donnerons le résultat de ces recherches encore incomplètes.

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