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oiseaux et de tous les animaux recouverts de plumes ou de poils), ne devrait pas changer de poids.
Or ce n’est pas ce qui se passe : en réalité, l'animal ainsi placé sur la balance accuse une perte de poids progressive. Cette perte de poids, qui n’est pas due, nous le savons, à l'acide carbonique exhalé, dont le poids est compensé par l’oxygène absorbé, ne peut être due qu’à l’exhalation d'une certaine quantité de vapeur d’eau. À chaque expiration, en effet, l'animal rend de l’air saturé de vapeur d’eau à 35°. Plus il res- Dre, plus il perd de l’eau, plus son poids baisse. Chez l’homme, la perte de poids, de ce fait, est d'environ 2 centigrammes par expiration.
Il va de soi que cette quantité d’eau perdue est proportionnelle à la ventilation pulmonaire. Si le rythme de la respiration est lent, la perte est faible; mais elle s'accroît à mesure que le rythme est plus précipité. La proportion est rigoureuse entre les deux éléments.
D'autre part, cette perte d’eau est un phénomène physique, d'où résulte un abaissement de température considérable, puisque 1 gramme d’eau, pour passer de l’état liquide à l’état gazeux, exige l'absorption de 375 microcalories; donc, plus l'animal perd de l’eau par la voie pulmonaire, plus il se refroidit.
Plusieurs physiologistes, CLaune Bernarp, Herpexaanx, et d'autres encore, ont d’ailleurs directement constaté que le sang qui revient des poumons (sang des veines pulmonaires) est moins chaud que le sang qui y arrive (sang des artères pulmonaires).
D'où cette conclusion que la polypnée thermique est une fonction de refroidissement.
Les animaux qui ne se refroidissent pas par la peau se refroïdissent donc par les poumons: mais, dans un cas comme dans l’autre, c’est toujours l’évaporation de l’eau qui produit la réfrigération.
Aünsi l'appareil respiratoire est à deux fins, et sa double
fonction sert à la fois à l’hématose et à Ja régulation thermique.
Quand l'animal faitun mouvement, chaque contraction musculaire détermine une absorption d'oxygène, une production d'acide carbonique et une élévation de température. Or, par un mécanisme étonnamment ingénieux, c’est le même appareil qui fournit à ces divers besoins, qui répare cette triple modification de l’état normal : il apporte de l'oxygène, il évacue de l'acide carbonique et il abaisse la température !
Je vais maintenant vous rapporter diverses expériences concernant cette importante fonction. Elles ont été faites sur le chien, mais la polypnée thermique existe chez d’autres animaux, et je l’ai encore constatée chez le lapin, chez le pigeon, chez la poule. IL s’agit d’abord de déterminer les conditions qui président à la mise en jeu de cette fonction.
Si l’on prend un chien normal et que, par une température élevée, et sans le museler, on l’expose au soleil, en ayant soin seulement de l’attacher, on voitque sa température, suivie heure par heure, reste constante et a même quelque tendance à baisser.
Cette tendance à la baisse est, disons-le en passant, d’une analogie frappante avec la légère élévation de température qu'on observe chez les chiens plongés dans un bain réfrigérant. Mettez un chien au soleil, il se refroidira un peu; mettez un chien dans l’eau froide, il s’échauflera un peu. Les deux phénomènes prouvent l'existence d'un mécanisme de régulation qui, pour bien fonctionner, doit fonctionner d'une manière un peu généreuse.
Mais le chien exposé au soleil, dont la température est restée normale, respire environ 300 fois par minute.
Si l’on vient à lui fermer la gueule, sa respiration, pour
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des causes toutes mécaniques, que je vous expliquerai tout à l'heure, se ralentit, revient au rythme normal, et sa température s'élève aussitôt, pour atteindre 42° ou 43°. Le démuselle-t-on, la respiration remonte au rythme de 300 par minute, et la température retombe à la normale.
Plaçcons au chaud, maintenant, un animal non muselé, mais dont l’activité nerveuse est annihilée, soil par le curare, soit par le chloral ou le chloroforme. Son rythme respiratoire reste le même (s'il s’agit d’un animal curarisé, on est obligé Ve faire la respiration artificielle), et sa température s'élève rapidement.
Donc nul doute dans la conclusion qu'il faut tirer de ces expériences. Pas de polypnée, pas de refroidissement.
Le rapport qui existe entre cette fonction et l’état chimique du sang de l’animal est d’ailleurs fort curieux à étudier.
Si l’on fait respirer un chien polypnéique dans un milieu riche en acide carbonique — ce qu’on réalise très simplement en le faisant respirer par un long tube en caoutchouc, dans des conditions qui sont presque les mêmes que celles d'un vase clos — on voit que peu à peu sa respiration se ralentit et prend le type dyspnéique proprement dit, c’est-à-dire à inspirations lentes et profondes.
Pour la même raison, quand un animal en état de polypnée se débat et fait des efforts musculaires, on voit la polypnée disparaître et ne reprendre que lorsque l’animal a évacué l'excès de C 0° résultant de ses contractions musculaires exagérées.
Ce type dyspnéique est caractéristique du besoin de l’hématose : d’où cette conclusion que, tant qu'il existe un véritable besoin de respirer, la polypnée ne va pas se produire. D'où encore ce paradoxe apparent, que l'animal ne peut respirer très vite que lorsqu'il n’a pas besoin de respirer. Ce que nous exprimerons en disant que le besoin chimique de respi-
rer (aématose) prime le besoin physique de respirer (refroidissement du sang).