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Trav. du Lab. de M. Marey, t. IL, p

thèse que nous avons émise à propos de la respiration de luxe : car, si celle-ci est due à l’action des éléments nerveux du cerveau, la morphine diminuant précisément l’activité psychique, on comprend que la respiration, n'ayant plus à pourvoir aux exigences psychiques, se fasse alors plus lentement et avec un luxe moindre.

Après l’action des poisons, l'influence de la température sur le rythme respiratoire est assurément un des phénomènes les mieux caractérisés et les plus intéressants à étudier.

Cette influence doit être étudiée séparément chez les animaux à sang chaud et chez les animaux à sang froid. Ces derniers, d’ailleurs, diffèrent en réalité beaucoup moins des premiers, par la différence mème de leur température, que par la variabilité de cette température.

Si l’on échauffe graduellement un animal à sang froid, une tortue, par exemple, on voit le rythme cardiaque et le rythme respiratoire s’accélérer parallèlement, et leur fréquence est évidemment fonction de la température. Le phénomène est net et simple.

Mais, chez les animaux à sang chaud, tout devient plus compliqué. D'abord, on ne peut élever la température que dans des limites assez étroites; et ensuite, dès qu'on veut changer la température, aussitôt des appareils régulateurs entrent en jeu, dont l’action, au moins au début, peut lutter efficacement contre les variations de la température extérieure.

Le fonctionnement de ces mécanismes de régulation, destinés à préserver les animaux contre l’échauffement ou le refroidissement, est bien curieux à étudier. Le rythme de la respiration est précisément un de ces mécanismes, et nous Y reviendrons ; mais, dès maintenant, il nous faut distinguer

deux cas :

4° Celui où l'animal, soumis à un échauffement ou à un refroidissement, peut régler et maintenir sa température à peu près constante : c’est la première période, celle de la régulation efficace ;

9° Le cas où l'animal, dont le mécanisme régulateur esl fatigué ou devenu insuffisant, subit l’échauffement ou le refroidissement : c’est la période de la régulation impuissante.

Dans ce cas, la puissance d'adaptation est vaincue, et l’animal à sang chaud se comporte comme un animal à sang froid. Son rythme respiratoire s'accélère à mesure que monte la température, et inversement.

J'ai dit tout à l'heure que le travail musculaire accélère le rythme respiratoire. Or il est possible de dissocier l’accélération due à la fatigue même, c’est-à-dire à la surcharge de CO?, et l'accélération due à l'augmentation de température qu’entraînent les mouvements musculaires exagérés. Si, en effet; nous fatiguons un pigeon en le faisant voler avec une sur charge, nous constatons, dès la fin de l'exercice, une certaine polypnée; mais cette polypnée est bien inférieure à la véritable polypnée thermique qui survient chez lui après quelques secondes de repos. Lorsqu'il aura retrouvé assez d'oxygène et quand il n’y aura plus dans son sang excès de CO?, alors la polypnée sera plus forte qu'immédiatement après le travail: mais ce sera une polypnée thermique, non une dyspnée asphyxique.

Indépendamment de tout exercice et de toute fatigue, nous pouvons d'ailleurs produire l'accélération du rythme respiratoire en plaçant dans une étuve des animaux, soit à sang froid, soit à sang chaud. Si l’on échauffe ainsi un canard, par exemple, dont le rythme respiratoire est de 20 à 24 par minute, on peut arriver à faire respirer cet oiseau aussi vite qu'un lapin, dont le rythme normal est de 50. De même, en échauffant une tortue, tandis qu'on refroidit un lapin, on peut

attemmdre une limite à laquelle on voit la tortue respirer aussi vite que le lapin.

À vrai dire, cette accélération régulièrement croissante du rythme, à mesure que la température s'élève, n’est pas la véritable polypnée thermique. Il en est une autre forme très intéressante, qui constitue une fonction tout à fait spéciale, que je dois vous exposer ici.

Tout le monde sait comment se comportent les chiens qui ont chaud : ils sont extrêmement essoufflés, respirant 150, 200 ou même 300 fois par minute, bruyamment, tirant la langue et laissant écouler de la salive.

L'opinion vulgaire (que d’ailleurs les physiologistes n’avaient ni adoptée ni combattue, je ne sais trop pourquoi) c’est que les chiens se refroidissent en laissant ainsi écouler leur salive, de même que nous nous refroidissons par l’écoulement de la sueur. On savait donc que les chiens échauffés respirent très fréquemment, mais on n'avait jamais cherché à établir de rapport entre le refroidissement nécessaire et la polypnée thermique.

Tel était à peu près l’état de la question quand j'en ai entrepris l'étude, et voici ce que j'ai pu démontrer :

Si l’on fait le compte des gains et des pertes de l’organisme dans une respiration, on voit que l’organisme gagne, . par rapport au volume de l'air inspiré, 5 pour 100 d'O et qu'il perd 4 pour 100 de GO”. Plus exactement, le rapport entre les volumes d'oxygène absorbé et de CO* excrété est de 100 à 80 : ce qui fait, en poids, un gain d'environ 140 grammes d'O contre une perte de 144 grammes de CO”. Dans l’ensemble, on peut donc considérer que l’animal, du fait de la respiration seule, gagne autant qu'il perd. Parsuite, un animal placé sur une balance, n’urinantpas, ne rendant pas de matières fécales, ne transpirant pas (c'est le cas des chiens, des lapins, des.

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