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Leçons sur la respiration, pp

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que les tortues sont aidées dans leurs grands mouvements d'inspiration et d'expiration par les mouvements des pattes antérieures et postérieures. « L’inspiration peut encore avoir lieu, dit P. Berr, quand les pattes postérieures et les pattes antérieures sont rentrées; mais elle est très faible. Pour avoir une inspiration véritablement active, c’est-à-dire dépassant notablement les limites de la réaction élastique, il est nécessaire que l’animal puisse étendre ses pattes antérieures. »

Ainsi, les tortues peuvent à peine respirer quand elles sont complètement immobilisées. Et cependant l’immobilisation

« complète dans du plâtre n’asphyxie pas les tortues.

Une tortue a été, le 18 juillet, complètement ensevelie dans du plâtre. Le 3 novembre de la même année, c’est-àdire 108 jours après, nous avons fendu l'enveloppe de plâtre qui la recouvrait. Ce plâtre était devenu si dur et si compact qu'il a fallu l’ouvrir au ciseau et au maillet. La tortue était parfaitement vivante : et le 15 novembre, quoique nous n’ayons enlevé que le plâtre d’une patte postérieure, juste assez pour apprécier l’état physiologique de l’animal, nous pouvions constater qu'elle vivait encore très bien.

Ainsi les très faibles inspirations que peut faire une tortue complètement immobilisée dans du plâtre suffisent à prolonger sa vie. Et encore respire-t-elle une quantité d’air tout à fait minime, celle qui filtre à travers la muraille épaisse et compacte qui l’englobe étroitement.

Notons aussi que la tortue qui a vécu du 13 mai au 10 août, celle qui a vécu du 18 juillet au 15 novembre, ont traversé la période des plus fortes chaleurs, que, par conséquent, on ne peut assimiler leur état à l'hibernation naturelle à laquelle sont en effet soumises les tortues terrestres.

Si l’on suppose que nos tortues (abstraction faite de la carapace) pesaient 400 grammes, il s'ensuit, d’après les expériences de ReGxauzr et Reiser, que chacune d’entre elles devait consommer environ 0,03 d'oxygène par heure, soit

20 centigrammes d'oxygène, c’est-à-dire, par heure, 400 centimètres cubes d'air atmosphérique.

Or il est invraisemblable qu'une telle quantité d'air atmosphérique circule ainsi à travers le plâtre.

Il faut donc admettre que la consommation d'oxygène est devenue tout à fait minime, et cette réduction au minimum de la dépense d'oxygène est due sans aucun doute à l'absence absolue de mouvements musculaires et de digestion. Un animal tout à fait immobile, et qui n’introduit aucune substance alimentaire dans son tube digestif, consomme un minimum d'oxygène et produit un minimum d'acide carbonique.

Par là s'explique ce paradoxe que les animaux (grenouilles, .

salamandres et tortues), scellés dans du plâtre, vivent mieux que des animaux laissés à l’air libre. Et en effet, sur six tortues de même taille, achetées le 8 juillet, en même temps, il y en eul une qui fut laissée à l'air libre et qui est morte ; une autre ayant subi pour toute opération l’ouverture de la trachée et qui mourut le lendemain. Les quatres autres furent placées dans du plâtre, trois d’entre elles survécurent : elles vivaient encore le 15 novembre et ne moururent que dans le cours du mois de décembre.

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