‹ Physiologie; (volume 3)Chapitre 130 sur 168 · Vie · texte numérisé non relu

Vie

Ainsi, malgré quelques irrégularités, l'expo.sition au froid diminue énormément la dose toxique : alors qu'elle est en été de 0,084 pour le lithium, elle est en hiver, de 0,043, soit plus faible de moitié*. Au contraire, chez ^les poissons, on voit un phénomène à peu près inverse ^

Chlorure de lithium '(poissons en hiver, par une température moyenne

de 4° à 6°).

jours. I 0.124 Mort en 6 jours.

Mort en 8

Vie.

Mort en G

Vie.

A vrai dire, ce n'est donc pas tant la dose mortelle qui varie chez les poissons avec la température extérieure que la durée de l'intoxication. En été, une dose de 0,15 de lithium tue un poisson sûrement et sans rémission en moins de vingt-quatre heures, tandis qu'il faut en hiver près d'une semaine pour que l'animal soit complètement mort.

La respiration se fait alors très lentement, d'une manière imparfaite. Le poisson est couché sur le flanc, ne faisant d'autres mouvements que de très rares et irrégulières contractions des ouïes; mais il n'en vit pas moins, et cet état

1. Je me suis assuré, par un dosage direcl dp chlore, de la tenoiir de mes solutions eu métal.

1. Comparer à ces chifTres le talileau 1 où les expériences ont été faites on été. (Voy. plus haut, p. i.ofi.)

persiste près d'une semaine. La peau est complètement décolorée, et, dès le second jour, le contraste est très frappant entre les poissons intacts qui sont très foncés, et les poissons intoxiqués qui sont tout à fait blancs, quoique respirant etse mouvant.

Ainsi le froid chez les poissons, s'il ne rend pas la dose mortelle nécessaire plus élevée, au moins rend les intoxications beaucoup plus lentes. L'élimination du poison ne se fait pas, et l'intoxication, même après une dose massive, est chronique. Quelle que soit la dose, la durée de la vie ne change pas ^ On verra plus loin que l'injection de doses successives confirme tout à fait ce fait de la lenteur dans l'intoxication et de l'impuissance dans l'élimination du poison.

En résumé, la dose toxique mortelle est variable selon la température extérieure. Chez les animaux à sang froid, la dose toxique diminue avec la température ; chez les animaux à sang chaud (au moins s'il s'agit de substances qui intoxiquent le système nerveux), elle augmente avec la température'.

Ces faits relatifs à l'influence de la température montrent une fois de plus combien il est difficile en physiologie d'établir des règles absolues. Les conditions sont si variables, si changeantes, et elles exercent sur le sens des actions physiologiques une si puissante influence, qu'il faut être toujours extrêmement réservé dans ses conclusions. Nous ne dirons donc pas que, pour tuer un kilogramme d'oiseau, il faut une dose plus forte que pour tuer un kilogramme de poisson, mais seulement que le poisson est plus résistant en hiver que l'oiseau, et inversement en été.

Enfin nous dirons — et c'est là une conclusion très gêné-

1. De même, dans l'empoisonnement par le curare, le temps nécessaire à l'asphyxie varie à peine avec la dose de poison, du moment qu'on a atteint la dose nécessaire. Cela px-ouve bien que le poison agit sur un seul élément anatomique.

2. Je suis porté à croire qu'il en est chez les cobayes comme chez les pigeons. Mais ils sont, contre le froid, mieux défendus par leur fourrure que les pigeons par leurs plumes. Au demeurant mes expériences sont moins nombreuses. Il esl, aussi évident que cette loi doit être plus vraie pour les petits animaux, dont la surface est peu développée, que pour les gros animaux, à déperdition calorique relativement minime.

CHARLES BICHET.

i-ale — que les doses toxiques sont en moyenne à peu près les mêmes, et que la sensibilité égale des animaux divers à l'action toxique d'un même poison (minéral) semble une vérité bien établie.

H. — Rapports de la toxicité avec le poids atomique.

Nous touchons maintenant à la partie la plus intéressante du problème : à savoir la relation qui existe entre la puissance toxique et le poids atomique.

En 1867, Rabuteau avait formulé cette très importante proposition, que les métaux sont d'autant plus toxiques que leur poids atomique est plus élevé. Mais cette loi, qui parait si simple, est, si on la prend dans les termes donnés par l'auteur, absolument fausse, comme le montrent les chiffres suivants, déduits des expériences citées plus haut'.

TABLEAU XI Doses mortelles'.

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