SENSIBILITE DU GOUT AUX ALCALOÏDES
goûts, des post-sensations, qui persistent parfois fort longtemps.
Nous avons pris comme limite, non pas la plus ou moins grande amertume, car certains alcaloïdes provoquent des sensations tout autres que l'amertume, mais les saveurs, quelles qu'elles soient, et nous avons ainsi déterminé, par comparaison avec l'eau ordinaire, quelle est la quantité d'alcaloïde, dissoute à l'état de sel dans un litre d'eau, qui peut, lorsqu'on prend 5 centimètres cubes de la solution, se distinguer de l'eau ordinaire en égale quantité.
Il va sans dire que ces chiffres sont loin d'être absolus; mais, toutefois, les expériences étant faites dans les mêmes conditions, ils sont comparables entre eux.
Pour quelques substances l'amertume ou la saveur ne sont perçues qu'à la base de la langue; ainsi, pour la strychnine et surtout pour le sulfate de quinine, ce n'est qu'en goûtant tout à fait à la base qu'on peut reconnaître des solutions diluées.
Voici les chiffres que nous avons obtenus :
Alcaloïdes
Degré Quantité
(le la dilution de substance nécessaire par litre. pour être perçue.
Strychnine monochlorée. . 0,0006 0,000002
Strychnine 0,0008 0,000004
Nicotine i 0,003 0,0000J3
Éthyl-strychnine 0,004 0,00002
Quinine 0,004 0,00002
Colchicine. ....... 0,0045 0,0000225
Cinchonine 0,0016 0,00008
Vératrine. ....... 0,02 0.0001
Pllocarpine 0,025 0,000125
Atropine 0,03 0,00015
Aconitine^ 0,5 0,00025
1. A cette dose, la nicotine donne lieu, non pas à une sensation gustative, mais à une sensation olfactive ; la preuve, c'est que la sensation produite disparait, si on se bouche le nez. Il faut aller jusqu'à la dose de Ogr,l par litre pour éprouver sur la langue, le nez bouché, une sensation piquante qui n'est pas non plus une sensation, à proprement parler, gustative, mais tactile.
2. Pour l'aconitine, même observation que pour la nicotine. On sent une
E. G LE Y ET G H. lUGHET.
Alcaloïdes
Gocaïne. . .
Morphine . .
Méthylamine.
Ammoniaque Urée. . . .
Degré
Quantité
de la dilutiou
(le
substance nécessaire
par litre.
pour être perçue.
grammes.
grammes.
0,lo
Il résulte de ces faits que la dose sensible à la gustation est extrêmement variable, puisque il faut une dose deux mille fois plus considérable de morphine que de strychnine pour éveiller une sensation.
On remarquera aussi qu'il n'y a pas de rapport entre la toxicité et l'amertume, puisque l'atropine, beaucoup plus toxique que la quinine, est cependant bien moins sensible au goût.
saveur nettement vireuse, mais qui n'est jias vraiment une saveur : c'est une odeur qui disparaît quand on se bouche le nez.
SUR L'ÉLIMINATION DES lODURES
ET DE QUELQUES MÉDICAMENTS PAR l'uRIjNE
Par M. Joseph Roux.
DaQs ce travail, nous avons d'abord cherché à élucider certains points touchant l'élimination des médicaments par l'urine, son début et sa durée, en tenant compte à la fois de l'influence de la dose (forte ou faible, répétée ou unique) et de l'état des reins.
Dans une seconde partie nous nous sommes particulièrement attaché à chercher dans quel org-ane les iodures se retrouvent en plus grande abondance ; puis nous avons voulu savoir si cette affinité est profonde, si les cellules du parenchyme forment avec les sels une combinaison stable.
Nous avons étudié ces points à la fois sur l'homme sain et sur les animaux au laboratoire, et sur l'individu malade à l'hôpital.
Nous avons limité nos recherches à trois substances : l'io-