MoLÈNES, Archives de méd., juin 1889, p. 6S
3. Hermann Hoffmann, Archives de Pflûger, 1887, t. XLI, p. 171.
bOO JOSEPH ROUX.
r Emploi de l'amidon :
On ajoute à la solution quelques gouttes d'empois d'amidon étendu d'eau, puis on y verse goutte à goutte de l'eau de chlore : l'iode mis en liberté colore immédiatement l'amidon en bleu. Il faut opérer à froid et éviter avec soin un excès de chlore.
2° L'azotate d'argent :
Ce sel donne un précipité jaune d'iodure d'argent, insoluble dans l'acide azotique et dans l'ammoniaque, mais blanchissant au contact de ce dernier réactif.
3° L'acétate de plomb :
Il produit avec les iodures un précipité jaune un peu soluble dans l'eau bouillante.
4" Les sels de thalhum :
Produisent également un précipité jaune insoluble dans l'eau bouillante.
5° Les sels mercuriques :
Donnent un beau précipité rouge soluble dans l'iodure de potassium, etc.
La réaction à laquelle nous nous sommes arrêté et qui nous a servi pendant toutes nos recherches est fondée sur l'expérience suivante : lorsqu'on ajoute de l'eau de chlore à la solution d'un ioduro,le chlore se substitue à l'iode, qui devient libre et colore le liquide en brun clair (si on chauffe cette liqueur, elle laisse dégager de l'iode et se décolore. Une nouvelle addition d'eau chlorée produit une nouvelle coloration, et le même phénomène se reproduit jusqu'à expulsion complète de l'iode, la liqueur froide reste alors tout à fait incolore quand on y ajoute de nouveau du chlore). Si au fond du tube à essai on met une goutte de chloroforme grosse comme une noisette, le chloroforme s'empare de l'iode et se colore en violet, ce qui rend la réaction beaucoup plus sensible. En effet, le chloroforme présente alors une coloration bien plus vive que l'eau n'en présenterait pour la même quantité d'iode.
(lomme pour la réaction avecl'empois d'amidon, il est bon
ÉLIMINATION DES lODURES. oOl
de verserl'eau de chlore seulement goutte à goutte et d'agiter souvent le chloroforme. Enfin il faut, pour plus de sûreté, employer une eau thlorée très diluée. On en comprendra facilement la raison si l'on remarque que la coloration violette du chloroforme doit disparaître lorsque l'on a mis six équivalents de chlore pour un équivalent d'iodure.
CP + Kl + 3H^0 =IO^K + 6C1H.
Ainsi avec une eau chlorée très forte on dépasse fatalement la dose, surtout si l'on ne cherche que des traces d'iodure.
La sensibilité de cette réaction est considérable, puisque avec 0,0125 d'iodure par litre nous l'avons retrouvée avec une netteté absolue.
RECHERCHE DE L lODURE DANS L URIxNE
Wœhler, dans son mémoire^nous ditquele chlore ne convient pas pour la recherche de l'iodure de potassium dans l'urine parce qu'un léger excès de ce corps s'empare de l'iode devenu libre et le transforme en acide iodique, lequel ne réagit pas sur l'amidon ; d'après lui le seul moyen de découvrir l'iode consiste à mettre dans les urines un peu de chlorate de potasse et un peu d'amidon, à faire tomber avec précaution sur l'un et l'autre, au fond du vase, une goutte d'acide sulfurique ou chlorhydrique ; par ce procédé Tamidon devient violet souvent au bout de quelques minutes.
Indiquons ensuite le procédé de M. Bouis- basé sur ce que le perchlorure de fer déplace l'iode de ses combinaisons : on verse dans un tube à essai un peu de l'urine à analyser, on additionne d'un peu de perchlorure de fer et l'on chauffe
1. Wœhler, Recherches sur le passage des substances clans Vurine [Zeitschrift fur Physiologie, 1. 1, 1824, traduit clans le Journal des progrès des sciences et institutions médicales, 1827, t. I, p. 46 et suivantes.