YvoN, Manuel de l'analyse des urines, 1880, p
3. Chauvet, Thèse de doctorat. Paris, 1871. Du danger des médicaments actifs dans les cas de lésions rénales.
ÉLIMINATION DES lODURES. 503
Le procédé qui nous a servi est le suivant : dans un tube à expérience on met 4 ou 5 centimètres cubes d'urine, 1 centimètre cube de chloroforme qui gagne le fond, puis avec une pipette une seule goutte d'acide nitrique fumant ; on agite doucement : le chloroforme se colore en violet. — Cette réaction est très sensible.
A défaut de chloroforme on prend de l'éther : celui-ci surnage et la coloration que lui donne l'iode est brune.
A défaut d'acide nitrique fumant on emploie l'acide azotique ordinaire additionné d'acide chlorhydrique à parties égales, et on en met deux gouttes.
La sensibilité de cette réaction est de 0,05 par litre.
Nos réactions ont été faites selon cette méthode tant à l'hô pital qu'au laboratoire.
DOSAGE DES lODUHES DANS l'eAU.
Le dosage des iodures n'étant guère affaire de clinicien, nous ne dirions que peu de mots sur sa technique, si nous n'avions pas à décrire un procédé dont nous n'avons trouvé mention nulle part, et qui, conséquemment, nous appartient.
Les auteurs donnent les procédés suivants, tous fort minutieux, soit qu'ils nécessitent des réactifs absolument purs, soit qu'ils obligent à des pesées fort délicates; les voici brièvement rapportés :
Dosage de l'iode à l'état d'iodure d'argent :
On précipite la solution de l'iodure avec l'azotate d'argent après l'avoir acidifiée à l'acide azotique, puis on lave le précipité d'iodure d'argent, on le sèche, on le pèse et on déduit du poids obtenu la quantité d'argent métallique que contient ce sel.
Par l'iodure de palladium, le procédé est à peu près identique; nous n'insisterons donc pas davantage.
Par le perchlorure de fer enfin, et par l'iodate de sodium.
on met l'iode en liberté, et on le dose par un des procédés volumétriques.
Le procédé que nous avons employé est basé sur la réaction que nous avons à dessein exposée en détail un peu plus haut : une même quantité de chlore déplace toujours une quantité proportionnelle d'iode dont s'empare le chloroforme; aussi avons-nous titré par comparaison une eau chlorée très diluée, nous servant pour cela dune solution diodure de potassium au millième. Après quelques tâtonnements on arrive à avoir une eau chlorée dont 10 centimètres cubes correspondent à un milligramme diodure, la décoloration du chloroforme indiquant le moment oii l'iode est saturé.
Il est naturellement indispensable d'agir en solution légèrement acide.
Il faut aussi vérifier chaque jour le titre de l'eau chlorée dont on se sert, car elle s'altère rapidement. Cet inconvénient est largement compensé par la précision des résultats que l'on obtient et par la sensibilité de la réaction.
Voici comment nous avons procédé : nous avons pris un centimètre cube de la solution à examiner, autant de chloroforme, puis, ayant noté la hauteur de l'eau chlorée dans la burette de Gay-Lussac, nous avons, en prenant soin d'agiter fréquemment, laissé tomber l'eau chlorée d'abord goutte à goutte, puis plus largement si nous trouvions beaucoup d'iode, de façon à colorer d'abord et à décolorer ensuite le chloroforme; les dernières traces d'iode sont difficiles à enlever au chloroforme, il faut agiter fortement : c'est un avantage au point de vue de la précision du dosage.
Enfin, lorsque le chloroforme est décoloré, on ajoute une trace d'iodure afin de voir si on avait juste atteint la limite ou si on l'avait dépassée. Dans ce dernier cas le chloroforme reste incolore; dans la première hypothèse il se colore de nouveau, et l'on peut considérer le dosage comme exact.
Dans toutes nos manipulations nous avons fait trois épreuves aussi exactes que possible, et nous en avons pris la
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moyenne lorsque nous trouvions une différence un peu appréciable.
DOSAGE DES lODURES DANS l'uRINE.
Il est indispensable de détruire par la calcination toutes les matières organiques, car elles sont un obstacle bien plus grand ici que pour la recherche qualitative.
On additionne l'urine de carbonate de soude pour la rendre fortement alcaline, afin que l'iodure ne puisse se décomposer par la présence d'un acide ; puis on surveille le moment où l'évaporation touche à sa fin, car à ce moment l'urine risque de déborder. Quand il ne reste plus de liquide, on peut ajouter quelques cristaux d'azotate d'ammoniaque dont la déflagration hâte la calcination : il est indispensable d'avoir une coupelle métallique ; le nickel suffit.
On reprend les cendres avec de l'eau, on chauffe dé nouveau, puis on filtre avec soin, et l'on dose comme dans une solution aqueuse ordinaire acidifiée avec l'acide acétique.
Début de l' élimination des différentes substances.
DÉBUT DE l'élimination
Injection pleurale.
Expérience I. — Le jeudi 17 avrit 1890 on fait à un chien de i6 kil. une injection intrapleurale contenant :
lodure de potassium ..... 0,23 Ferrocyanure de potassium . . 0,25
L'injection commence à 4 ti. 49 et dure 10 secondes. Un tube à essai recueille la salive.
iiOG JOSEPH ROUX.
A 4,;J0 on examine le tube. . Réaction négative 1" tube.
A 4,51 nouveau tube Réaction positive 2" —
A 4,52 nouveau tube Réaction négative 3« —
A 4,53 nouveau tube Réaction positive 4"= —
Les suivants Réaction positive 4" —
Le chien avait reçu de la piiocarpine; mais, malgré cette précaution, la quantité de salive recueillie a été trop minime pour que nous puissions examiner l'iode contenu.
La présence du ferrocyanure, décelé par une trace de perchlorure de fer, nous permet pourtant peut-être de conclure à la présence simultanée de l'iodure de potassium.
Si nous avions pris la salive au lieu de l'urine, c'est uniquement parce que pendant ce môme laps de temps une canule placée dans l'uretère ne nous a pas fourni une seule goutte d'urine à examiner : soit en somme deux minute^; se sont écoulées entre l'introduction du ferrocyanure et le début de l'élimination.
DÉBUT DE l'élimination
Expérience personnelle. — Ingestion stomacale.
Expi'iRiENCE IL — Le lij avril à 4 heures de l'après-midi, je prends en solution aqueuse un gramme d'iodure de potassium.
Ma vessie a été vidée au préalable par le cathélérisme, l'urine examinée, et la sonde a été laissée en place.
L'urine a été recueillie dans les tubes à essai.
La première énnssion d'urine a eu lieu 2 minutes après l'absorption du médicament.
La seconde émission, 2 minutes 15 secondes.
La troisième émission a eu lieu au bout de 3 minutes.
Les deux premiers échantillons ne contenaient pas d'iodure ; le troisième en contenait, ainsi que les suivants.
Par conséquent, après ingestion d'une dose d'un gramme en solution, l'iodure est apparu dans mes urines en moins de fj'ois minutes.
DÉBUT DE l'élimination
Expérience m. — Le nommé C... Alphonse, âgé de vingt-trois ans, entré le 28 janvier 1890, salle Malgaigne, lit n° 54, à l'hôpital Necker, service de M. Duplay.
Atteint d'exstrophie de la vessie.
Le 20 février 1890, à 10 h. 52 du matin, le malade prend à jeun une
ÉLIMINATION DES lODURES. 507
potion contenant 1 gramme d'iodure de potassium. L'urine de chaque rein est recueillie à part à l'orifice de chaque uretère. On applique simplement deux tubes à essai au-dessous des petites saillies au sommet desquelles s'ouvrent ces canaux, l'urine s'y écoule d'une façon intermittente, et pas toujours simultanée pour chaque rein, le bassinet jouant le rôle de petite vessie et se vidant par contraction seulement de temps en temps.
Nous avons ainsi recueilli de l'urine de ce malade dix échantillons pour le rein droit et onze échantillons pour le rein gauche, pendant dix minutes que nous l'avons observé; chacun de ces échantillons correspond à une miction du bassinet et dans tous nous avons trouvé de l'iodure.
Le premier a été recueilli une minute et 45 secondes après l'absorption du médicament.
La réaction a été faite avec le chloroforme et le mélange des acides nitrique et chlorhydrique.
Dans la matinée les urines de ce malade avaient été examinées par le même procédé et n'avaient pas donné de réaction.
Pour cette expérience nous étions en collaboration avec M. Chavane, interne des hôpitaux, qui prépare en ce moment un travail sur le même sujet; nous lui devons de pouvoir publier cet intéressant compte rendu.
DÉBUT DE l'élimination
Injection hypodermique .
Expérience IV. — Le mardi 22 avril 1890 on fait à un chien de 7 kil., endormi, et ayant reçu 2 centigrammes de pilocarpine, une injection hypodermique à la cuisse de 5 centigrammes de ferrocyanure de potassium.
On commence à 4 h. 8 minutes. L'injection dure 10 secondes, et ce n'est qu'à 4 h. 28 minutes que nous avons la réaction du ferrocyanure avec le perchlorure de fer dans la salive, soit 20 minutes.
Cette expérience a été faite pour montrer la différence de la rapidité d'absorption par les séreuses ou par le tissu sous-cutané.
DÉBUT DE l'élimination CHEZ UN SATURNIN
Expérience V. — Le nommé M..., âgé de 58 ans, profession, peintre en bâtiments, entré le 3 décembre 1889, salle Piorry, à l'hôpital de la Pitié, lit n° 20, service de M. Lancereaux.
Ce malade a eu des coliques de plomb pour lesquelles il est entré à l'hôpital.
Le 4 décembre, à la visite du matin, on prescrit 1 gramme d'iodure
de potassium. Je me rends le soir dans le service au moment de la distribution des médicaments.
A 2 h, 00 minutes le malade prend une cuillerée abouche d'une solution iodurée titrée à i gramme par cuillerée.
Température du malade le matin 36", 2; le soir idem.
A 3 h. 5, iode dans la salive.
A 3 h. lo, rien dans l'urine,
A 3 h. 25, rien dans l'urine.
A 3 h. 30, iode dans l'urine.
Soit au total plus de 30 minutes se sont écoulées avant l'apparition de l'iode dans la vessie.
Le malade a quitté le service avant rétablissement complet, et prenant encore de l'iodure. Nous n'avons donc pu savoir combien de temps il aurait mis à éliminer les dernières doses.
DÉBUT DE l"'ÉLI3IINATI0N
Exi'ÉRiENCE VI. — ■ Nous avons cherché sur le même malade que plus haut le début de l'élimination d'une dose égale de salicylate de soude.
Mardi 2 mars 1890, une demi-heure après le repas, à 1 1 h. 5 minutes, on lui donne une potion contenant 1 gramme de salicylate. On recherche l'acide salycilique par la réaction avec le perchlorure de fer.
Début de l'élimination.
Rein droit Il h. 12 m. 20 s.
Total. ... 7 m. 20 s.
Rein gauche H h. 13 m. 10 s.
Total. ... 8 m. 10 s.
Différence ; oO secondes.
Il y a à tenir compte, dans cette expérience, de ce qu'elle a été faite après le repas, la première ayant été faite avant.
ELIMINATION DES lODURES.
Durée de l'élimination.
Faible dose. — Expérience personnelle.
Expérience VIL — Le 15 avril, à 4 heures de l'après-midi, je prends en solution 50 centigrammes d'iodure de potassium.
Voici sous forme de tableau la durée de réliminalion :