ACTION LOCALE
Lorsqu'on applique sur la peau dénudée, sur les muqueuses, ou qu'on introduit sous le tissu cellulaire sous-cutané une solution de cocaïne, le tégument en contact avec le liquide pâlit, revêt une teinte livide et devient bientôt insensible aux piqûres. Trois minutes suffisent pour obtenir ce résultat; et toutes les parties qui auront été imprégnées de la solution pourront être coupées, dilacérées; le sujet n'accusera aucune douleur. Toutefois la sensation du contact est conservée; la douleur seule est supprimée; c'est en un mot, une simple analgésie.
Cette insensibilité partielle a été regardée, tout d'abord, comme un phénomène secondaire. Le premier effet de la cocaïne étant de provoquer une contraction des tuniques vasculaires, les cellules sensilives, insuffisamment nourries, perdraient alors leurs fonctions physiologiques.
M. Arloing^ a prouvé que ces deux phénomènes étaient absolument indépendants.
Il rapporte d'abord l'anémie, la pâleur des tissus, à une excitation des filets vaso-constricteurs du grand sympathique.
Il suffit, en effet, de cocaïniser l'œil d'un lapin et de faire ensuite la section du sympathique cervical pour voir une vascu-
larisation énorme de la conjonctive succéder à l'anémie de
cette membrane. Et cependant l'œil reste toujours insensible.
Dès lors, il faut renoncer à expliquer l'analgésie par la con-
striction des vaisseaux.
M. Arloing croit à une action directe de la cocaïne sur les
fibres terminales sensitives. Et cette opinion n'est pas une
simple hypothèse; il Tappuie sur les expériences suivantes :