‹ Physiologie; (volume 3)Chapitre 157 sur 168 · Chouppe, Soc. de Biol., 2 février · texte numérisé non relu

Chouppe, Soc. de Biol., 2 février

4. Grasset et Jeannel, Comptes rendus de l'Ac. des Se, 9 février 1885. Ch. Richet et Langlois, Comptes rendus de l'Ac. des Se, 4 juin 1888.

LA cocaïne. -iST

une combinaison chimique entre la cellule vivante et la substance toxique qui a diffusé du sang dans les tissus. Cette combinaison chimique, cause déterminante de la convulsion, s'effectue seulement à une température donnée, et est plus ou moins complète suivant la température.

Dès lors, il semble facile d'expliquer l'absence de convulsions pour les animaux à sang froid. « A priori, d'après MM. Ch. Richet et Langlois, on peut supposer que la température est trop basse pour permettre les phénomènes convulsifs; mais des grenouilles échauffées à 30° ne présentent pas de convulsions: et, d'autre part, des chiens refroidis à 28° ont des convulsions, très atténuées, il est vrai, mais encore caractéristiques. »

Par conséquent, la température ne peut expliquer qu'une partie du phénomène; un autre facteur doit intervenir. M. Ch. Richet croit à la prépondérance du système cérébral qui, plus ou moins développé, va s'imprégner d'une plus ou moins grande quantité de substance toxique, et réagir d'autant mieux. En un mot, il y a une relation directe entre la dose convulsive et la masse cérébrale.

Quelques expériences faites sous la direction de M. Ch. Richet nous ont permis d'établir cette relation.

Un premier fait se dégage de nos recherches : la cocaïne n'est pas convulsivante pour les animaux à sang froid. M. KoBERT^ aurait cependant obtenu des convulsions avec des grenouilles. M. Ch. Richet, dans ses nombreuses expériences, n'a jamais vu rien de semblable. J'ai, moi-même, injecté à des grenouilles des doses très variables de cocaïne ; nombre d'entre elles sont mortes ; mais je n'ai pas eu une seule convulsion. Il faut croire que la cocaïne allemande ne se présente pas avec cette pureté, que des chimistes, sans doute intéressés, refusent, bien à tort, à la cocaïne française. En effet, un produit, absolument pur, introduit dans le tissu sous-cutané de

l.KoBERT, Archiv fur experimentelle Pathologlewid Pharmakologie, 1882, p. 52.

338 E. DELBOSC.

Ja grenouille, ne donnera jamais naissanceà des mouvements convulsifs. De même pour les autres animaux à sang froid : les tortues et les tanches que nous avons injectées ne sont jamais entrées en convulsion.

Bien différents sont les animaux à sang chaud; pour eux, la convulsion est la règle; il suffit d'injecter une dose convenahle de cocaïne. Cette dose varie avec la taille de l'animal. l*our avoir des résultats comparables entre eux, nous avons choisi un point de repère fixe, une unité invariable. Nous avons tout rapporté au kilogramme d'animal. Par suite, lorsque nous dirons avoir injecté 5, 10, 15 centigrammes de substance active, ce chiffre sera indépendant du poids total du sujet.

Dans le cours de ces expériences, un fait nous a frappé tout d'abord. Avec deux animaux de môme espèce, mais de poids différent, celui qui pesait le moins était toujours plus sensible à l'action delà cocaïne; et cependant la dose de substance active était proportionnellement la même.

La raison, croyons-nous, est que le rapport entre le poids total du corps et le poids du cerveau est à l'avantage du sujet le plus petit.

Ce rapport est très important; et cette importance va être mise en relief par l'étude comparative dos doses de cocaïne nécessaires pour produire des convulsions suivant l'espèce animale. Voici les résultats trouvés dansles auteurs, combinés avec nos propres expériences. Nous en donnons un résumé succinct sous forme de tableau :

COBAYE : liSMECTION DANS LE TISSU CELLULAIRE OU LE PÉRITOINE

Tlièse de Compain, Paris, 1881) .

Observation personnelle. . . .

Dose

de cocaïne.

irraiiiiiies.

légère exrilation.

excitation.

vive excitation.

convulsions, survie

LA cocaïne.

Dose de cocaïne.

Observation personnelle.

Laborde

Dose convidsivante.

grammes.

0,08 convulsions, mort.

LAPIN : INJECTIOiV DANS LE PERIT0I.NI-:

(l** Observatioiis personnelles.

Dose de cocaïne

grammes.

l'ien.

excitation.

vive excitation.

convulsions, survie

vive excitation.

convulsions, survie

convulsions, mort.

Do?,e convidsivante. .

Si nous rapprochons ces deux résultats, nous voyons que le lapin est beaucoup plus réfractaire à la cocaïne que le cobaye. Il est vrai que ce dernier possède une masse cérébrale plus considérable, ce qui rentre parfaitement dans notre loi. Si nous prenons toujours pour unité le kilogramme d'animal, le lapin aura, en effet, un cerveau de 4 grammes et le cobaye de 7. (11 est bien évident que ces derniers chiffres ne sont qu'une moyenne.)

Continuons notre étude avec les oiseaux. Yoici le résultat de nos expériences sur les pigeons.

:;40 E. DELBOSC.

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