TOME II
ration artificielle; dans certains cas, en effet, il est intéressant de mesurer les échanges respiratoires chez des animaux qui n'ont plus de respiration spontanée et chez qui on doit faire la respiration artificielle. Dans ce cas, il suffit de diminuer beaucoup le diamètre du tube de Texpiration. Voici alors ce qui se passe : chaque mouvement du soufllet introduit brusquement une grande quantité d'air dans la poitrine et dans le tube à expiration ; mais le tube à expiration est trop étroit pour permettre la sortie de tout cet air, et alors une partie de l'air insufflé dilate la poitrine ; puis, pendant le silence du soufllet, cet air introduit dans la poitrine est chassé par l'élasticité pulmonaire et sort par le tube à expiration. Ainsi, par l'inspiration, il y a des mouvements intermittents, tandis qu'à l'expiration le mouvement est continu.
En rendant le mouvement du soufflet très lent et en serrant le thorax du chien avec une ceinture de caoutchouc, on rend l'expérience très régulière.
lit
Procédé pour conserver pendant longtemps du sang frais sans altération grossière et sans stérilisation.
Nous avons essayé, avec M. Héricourt, de conserver pour l'alimentation des lapins du sang frais pendant longtemps, et le procédé suivant nous a paru satisfaisant.
On fait à chaud une solution très concentrée de gélatine dans l'eau, répondant à peu près à 250 grammes de gélatine par litre. Dans î 00 grammes de cette solution, portée aune température qui ne dépasse pas 60°, on fait tomber directement le sang sortant de l'artère ouverte dans laquelle on a placé une canule stérilisée. On a soin d'agiter rapidement et constamment, de manière que l'ensemble soit bien homogène. Dans ces conditions, un gros chien fournit à peu
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près 800 grammes de sang, et on a un mélange où il y a environ 3 p. 100 de gélatine. La masse ainsi constituée se prend en une gelée résistante, élastique. On a pu, avant cette gélification, verser tout le liquide dans des flacons et dans des vases.
Cette sorte de confiture de sang se conserve sans altération extérieure pendant très longtemps, si l'on empêche les moisissures qui se développent à sa surface tout à fait comme sur des confitures ordinaires.
Toutes les propriétés extérieures du sang sont conservées, et, quand on chaufTe cette gélatine de sang à 50", elle fond en offrant la couleur du sang normal, sans odeur et sans altération apparente.
11 est possible qu'il se passe dans cette gélatine quelques altérations microbiennes ; mais celles-ci sont probablement peu marquées à cause du milieu solide, et, au point de vue alimentaire, la qualité du sang n'a pas sensiblement changé.
Il serait peut-être intéressant de substituer au sang liquide, recommandé, parait-il, par quelques médecins, pour l'alimentation, ce sang gélatinisé, facile à conserver et à transporter.
Action des vapeurs de mercure.
En faisant quelques expériences pour doser les produits de la respiration chez les lapins, j'ai été amené à substituer à l'eau de la cloche du mercure métallique. Je plaçais les lapins sur un grillage en bois reposant sur le mercure; le tout était recouvert d'une cloche d'environ 30 litres, dans laquelle passait un courant d'air.
Au bout de trois ou quatre heures, les lapins étaient retirés de la cloche, leur température s'était abaissée, et les
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échanges respiratoires avaient semblé diminuer dans les derniers moment de l'expérience.
Dans ces conditions, quelques-uns de ces lapins étaient trouvés morts le lendemain : la seule cause possible de la mort est l'intoxication par les vapeurs de mercure, attendu que je n'ai jamais eu d'accident pour les lapins mis sous la cloche quand le mercure était remplacé par de l'eau.
Ce sont donc les vapeurs de mercure qui ont cette action toxique, malgré leur faible tension à la température normale. Je dois dire que ces expériences se faisaient en été, par une température moyenne de 20°.
On rapprochera ces données expérimentales de certaines observations prises sur l'homme, d'après lesquelles du mercure non chauffé, mais répandu en grande quantité, a provoqué des accidents d'intoxication, parfois mortels.