Haller, ifjid., p
D'ailleurs on ne trouve ni dansHALLER,ni dans les auteurs qui l'ont presque immédiatement suivi, le récit d'expériences relatives à la diurèse. Les médecins avaient cependant, et de tout temps, reconnu que certaines substances sont diurétiques : la digitale, la scille, le nitre, etc.; mais ils n'avaient pas franchi la distance qui sépare les notions médicales empiriques de la connaissance d'un phénomène physiologique, avec une relation établie entre l'efTet et la cause.
Un des premiers auteurs qui paraissent s'être occupés de la question au point de vue expérimental, c'est Ségalas d'Etchepare'. Il observa que l'urée introduite dans les veines d'un chien en est éliminée très promptement, quelir est un puissant diurétique^ et qu'elle n'a pas d'action bien nuisible sur l'économie. Et il fait remarquer, dans une note, que, sur l'homme, l'urée paraît agir aussi comme un diurétique.
Quelques temps après, Wôlher - fit sur la sécrétion urinaire des expériences très précises. D'après lui, les sels qui sont éliminés par l'urine (carbonates, chlorures, azotates, sulfates de potassium et de sodium, matières colorantes, etc.) activent la sécrétion de l'urine. Il attribue au rein la fonction d'éliminer non seulement l'urée et l'acide urique, mais encore toutes les substances solubles non volatiles.
Magendie' vit que, toutes les fois qu'on injecte dans le sang une certaine quantité d'eau, l'urine devient albumineuse et sanguinolente.
Ll'dwig donna de la sécrétion urinaire, vers ;1 844, une théorie sur laquelle il est inutile d'insister. Cette théorie a provoqué de nombreuses expériences sur la sécrétion urinaire. Cependant peu de recherches ont trait directement à la polyurie.
Les expériences de Goll' et Ltjdwig établirent qu'il y a une
i. Journal de physiologie expérimentale et de pathologie de Magendie, 1822, t. II, p. 354 à 363.
2. Mémoire trad. dans les Archives de Médecine, 1824, t. VII, p. 577.
3. Cité par Cu.^É^-^iKKD, Leçons sur les liquides de l'organistne, t. Il, [). 13!).
4. VuLPiAN, Leçons sur l'appareil vaso-moteur , t. I, p. 523 et suivantes.
POLYURIE EXPÉRIMENTALE. 183
relation entre la pression du sang dans les artères et la sécrétion de l'urine. La saignée, qui diminue la pression sanguine, diminue aussi l'excrétion. L'excitation des pneumogastriques agit de même. Ces expériences, répétées par beaucoup d'auteurs, firent adopter comme générale la théorie de la dépendance mutuelle de la sécrétion urinaire et de la tension artérielle.
Il résulte donc des expériences de Wôlher d'une part, et de LuDwiG d'autre part, que la production de la polyurie est soumise à deux influences :
1° La composition du sang; et c'est ce point spécial que nous nous proposons d'étudier;
2° La pression du sang, soit dans le système circulatoire général, soit dans le système rénal. Mais la question ne sera pas traitée par nous à ce dernier point de vue, et nous nous contenterons de mentionner cette influence et de rappeler qu'un grand nombre d'expériences ont été faites pour déterminer l'action directe ou indirecte du système nerveux sur la fonction rénale.
Venons maintenant aux expériences où les modifications de la composition du sang ont déterminé un accroissement de la sécrétion urinaire.
KiERULF^ en répétant les expériences de Magendie sur l'injection d'eau dans les veines, vit qu'après une injection de 500 grammes d'eau distillée pour un gros animal, Turine devenait albumineuse, rougeâtre, sanguinolente, et que la quantité d'urine éta.it plus considérable.
Genth^ fit remarquer que l'ingestion [d'eau augmente la quantité d'urée excrétée et que le chlorure de sodium, l'urée elle-même, et l'acide phosphorique ont le même effet sur l'excrétion d'urée.
MosLER ^ admet que l'ingestion d'eau augmente l'élimination de l'urée et des sels.