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INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR L'ASPHYXIE. 2Ô

L'influence de la température sur la durée de l'asphyxie est manifeste.

Julis vulgaris 16° 5o minutes.

Crenolabrus 16° 50 —

Serranus cabrilla . . . 15°, 5 57 —

... 27°,5 5 — Brama Rai 17° 20 —

Ces faits sont facilement explicables et n'ont pas besoin de commentaires. Ils sont d'ailleurs parfaitement connus des physiologistes d'une part, sans que la mesure précise ait été faite, et d'autre part des pêcheurs qui savent qu'en été les poissons sortis de l'eau vivent moins longtemps qu'en hiver.

M. AuBERT, dans ses expériences sur les grenouilles, a constaté que l'asphyxie est d'autant plus rapide que la température est plus élevée.

Un autre point plus intéressant est l'influence de la pression subie par les poissons sur l'asphyxie.

En péchant des poissons à des profondeurs diverses, ce qui revient à pêcher des poissons soumis à des pressions diff"érentes, j'ai obtenu les chiff"res suivants :

Girelle (lulis).

Durée

de 1

'asphyxie.

Profondeur,

minutes.

Il ne semble pas que ces chifl'res assez irréguliers puissent autoriser à une conclusion.

262 CHAULES RICHET.

Au contraire, chez les Serrans on voit nettement que la durée de l'asphyxie est d'autant plus courte que la pression est plus forte.

\i minutes 00 ni.

Ces six expériences, très concluantes et allant dans le même sens, autorisent à admettre que chez les Serrans la durée de l'asphyxie est, au moins dans certaines limites, inversement proportionnelle à la pression; la mort par l'asphyxie survient très vite quand l'animal est retiré de l'eau à une grande profondeur. Elle est plus lente quand la profondeur de l'eau oii il se trouvait était faible.

On sait d'ailleurs que la plupart des poissons, sans doute à cause des conditions d'équilibre de leur vessie natatoire, restent constamment dans les mêmes profondeurs. Ils ne se déplacent guère perpendiculairement de plus de quelques mètres. En péchant à la ligne, en mer, dans des eaux très claires et peu profondes, on voit bien que certaines espèces de poissons, si affamés qu'ils soient, ne remontent jamais à plus d'un mètre au-dessus du niveau du sol.

Lorsqu'on prend des poissons (Girelles et Serrans) à une profondeur même assez faible de 5 mètres ou de 10 mètres, et qu'au lieu de les asphyxier on les remet dans un bassin, de manière à essayer de les faire vivre, on constate que plusieurs d'entre eux périssent. La mortalité étant, je suppose, dans les premières vingt-quatre heures, de 50 p. 100, le lendemain, sur les 50 qui restent, en vingt-quatre heures, la mortalité est de 25 p. iOO, le surlendemain de 10 p. 100; puis ceux qui survivent se sont habitués à cette nouvelle existence, et, si les conditions d'aération sont bonnes, ils survivent indéfiniment.

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