Fr. Franck, ibid. p
l'activité cérébrale considérée dans son ensemble et non de l'activité de quelques centres spéciaux à localisations déterminées.
Que si l'expérimentation est enfin parvenue à démontrer la réalité de l'influence du cerveau sur la respiration, c'est là un fait, il semble, que l'observation la plus banale de tous les jours eût dû faire admettre depuis longtemps. On sait les effets constants que produisent sur le rythme respiratoire les états psychiques émotionnels tels que la surprise, la peur, la joie, la douleur, la colère, l'attention. Les modifications de la respiration qui surviennent alors frappent tellement les sens même que la langue les a fixées dans des expressions qui font image. C'est ainsi que la peur « nous coupe la respiration » ; c'est ainsi encore que l'attention nous tient parfois « bouche bée », pendant que notre thorax reste immobile en inspiration. Et ne sont-ce pas là deux beaux exemples d'apnée essentiellement cérébrale? Si, dans ces conditions, l'influence du cerveau sur la respiration à l'état normal n'a pas été plutôt admise, c'est que d'une part, après les remarquables travaux de Legallois et de Flourens, les physiologistes étaient unanimes à admettre que la fonction respiratoire était sous la dépendance exclusive du bulbe; et, d'autre part, pour que l'expérimentation crût pouvoir porter utilement son contrôle indispensable sur les fonctions du cerveau, il fallait la découverte de Fritsch et Hitzig (1870) sur l'excitabilité de la zone motrice de l'écorce cérébrale.