‹ Physiologie; (volume 3)Chapitre 5 sur 168 · Flourens, loc. cit. p · texte numérisé non relu

Flourens, loc. cit. p

3. Voici quelques citations à cet égard. Flourens écrit {loc. cit. p. 171) : « Je retranchai, sur un jeune et vigoureux lapin, d'abord les lobes cérébraux et l'animal perdit aussitôt toute faculté de vouloir et de percevoir; plus le cervelet

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servir à déterminer le rôle des centres nerveux dans la respiration, ce qu'il a étudié et ce qu'il s'est assez exclusivement contenté dohserver^ c'est la persistance ou la non-persistanc« de la respiration. A vrai dire Flourexs s'est peu occupé des diverses modifications du rythme respiratoire, qui pouvaient survenir au cours de ses expériences fort variées; ce qu'il lui importait de démontrer — il le dit à chaque instant, — c'était le " principe », Tors'ane " essentiel » de la respiration. Le rythme respiratoire en lui-même ne parait pas lavoir préoccupé; les simples modifications de fréquence ne sont pas notées dans ses expériences. Dès lors l'opinion de Flou- RE>'s cesse de peser d'un aussi j^rand poids dans la solution du problème qui nous occupe. Les résultats consignés dans ses expériences permettent de conclure quant à l'organe, principe de la respiration, mais non quant à Torgane, régulateur de cette même fonction. Il est facile de concevoir, en effet, que la cause productrice, le principe d'un mouvement et Tagent régulateur de ce même mouvement puissent ne pas être localisés dans le même organe. £t pour ce qui est de la respiration, il semble bien que le principe de cette fonction soit dans le bulbe, mais cela ne saurait contredire que sa régulation appartienne au cerveau — pour quelque part, du moins.

Dès 18oi, un élève de Bp.own-Séquard, M. BE>-.jA>nN Coste, avait cherché à déterminer l'influence du cerveau sur la respiration*. Ce travail, auquel servent de base à la fois des recherches expérimentales et surtout de nombreuses observa-

et il perdit toute facilité de «e mouToir avec ordre et régolarité ; enfin les tubercules qaadrijnmeaax, et ses iris, joaque-là contractiles et mobiles, perdirent bientôt tout ressort et tout mouvement. Malgré ces diverses mutilation.s l'animal vivait et re$piro.it fAen... « P. 172 : « Je pria un autre lapin: je retranchai pareillement les lobes cérébraux, les tubercules quadrijumeaui et le cervelet, l'areillement la. respiration pe^rtijitait toujrjura. » On le voit, Flol'ress ne s'est pas du tout occupé, dans se^ exi»ériences, du rijthme de la respiration, mais exclusivement de Isl pertUtaiice de la respiration.

\. Benjamis Coste. « .Sur le rôle de l'encéphale et particulièrement de la protubérance annulaire dans la respiration. » Thèse de Paris, 1851.

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tionscliniques empruntées à L allemand (Le^^^r.ç su?' i'enréphalf, 1820-1830; obs. 6, 8, 16, 17, Illettré; 6, 7, 9, 13, ^' lettre; 1, 9, 11, 18, 21, 3= lettre; 4, 9, 4"= lettre), à Bouillaud [Traité de r encéphalite), à Serres (Mémoire sur l'apoplexie, obs. 16, 17, 18, 20, 22, in Annuaire médico-chirurgical, 1819), à Laennec [Traité de U auscultation médiate, t. I, p. 168. Paris 1826), à CRUVEiLmER [Anatomie pathologique du coiys humain), etc., se résume dans les conclusions suivantes formulées par l'auteur :

1 . — <( Des expériences et des observations que nous avons mentionnées, et de quelques autres faits que nous n'avons pu rapporter, faute d'espace, nous croyons pouvoir conclure que presque tontes les divisions de l'encéphale, lobes cérébraux, cervelet, couclies optiques, corps striés, tubercules quadrijumeaux et protubérance, servent à la respiration.

2. — '.( D'une autre part, comme lorsqu'une lésion considérable, ayant lieu sur la voie de communication entre la moelle allongée et les parties antérieures ou supérieures de l'encéphale, supprime non seulement l'influence que possède la partie lésée sur la respiration, mais encore plus ou moins complètement l'influence des autres parties de l'encéphale, il s'ensuit que, plus la partie lésée est voisine de la moelle allongée, plus la respiration est troublée. Aussi, de toutes les parties de l'encéphale, autres que la moelle allongée, il n'en est aucune dont les lésions soient plus capables, que celles de la protubérance, d'amener un trouble considérable de la respiration. »

C'était clairement affirmer le rôle du cerveau dans la respiration. Et celte affirmation avait l'avantage de reposer sur un nombre assez considérable d'observations importantes pour qu'elle fût digne d'attirer l'attention. Mais l'autorité de Flol'- RENS, dont l'œuvre était si remarquable dans son ensemble, détourna de cette question les travaux des physiologistes.

Elle reparut lorsque, après les découvertes fondamentales de Fritsch et Hitzig sur les effets moteurs produits par l'excitation électrique de régions déterminées del'écorce cérébrale,

on se mit à étudier par de nouveaux procédés d'expérimentation les fonctions du cerveau. En portant l'excitation électrique sur des régions variées de la masse cérébrale, les expérimentateurs cherchèrent à déterminer s'il n'existait pas des centres cérébraux en rapport avec la respiration. Depuis 1873 les travaux se sont succédé assez nombreux sur ce sujet.

Ce sont les travaux de Danilewsky (1875), de Lépine et Bo- CHEFONTAiNE (1873), de Ch. Richet (1878), de Newell-Martix et Booker(1879), de Christiaxi (1880), de Mahkwald (1886), de Fr. Franck (1887), de Unverricht (1888), de H. Girard (1889), Preobraschexsky (1890). L'accord est fort loin d'exister entre ces divers auteurs ' . D'après Christian!, il existe deux centres cérébraux d'inspiration situés, l'un à la partie interne des couches optiques, au niveau du 3' ventricule, l'autre dans la région intermédiaire aux deux groupes de tubercules quadrijumeaux. En outre, il existe un centre d'expiration dans la substance des tubercules quadrijumeaux antérieurs, au niveau de l'entrée de l'aqueduc de Sylvius. Newell Martlx et Booker admettent, de leur côté, l'existence d'un centre inspiratoire, analogue à celui du 3" ventricule (Christiani) et situé à l'union des tubercules quadrijumeaux antérieurs et postérieurs. D'après Unverricht et Preobraschexsky, il existe chez le chien, au voisinage de la partie antérieure et latérale du sillon qui sépare la deuxième circonvolution frontale de la troisième, un point dont l'excitation électrique produit des modifications du rythme respiratoire analogues à

1. Danilewsky. Archives de Pfuger, 1875. B. xi, p. 134-137. — Lépine et BûCHEFONTAiNE. Arc/iives de physiologie normale et patliologique, 1876, p. 168. — Cii. Richet. Structure des circonvolutions cérébrales. Thèse d'agrcgatioD, Paris, 1878. — Newell Martin et Booker, The Journal of Physiology. T. I, p. 370. — Chuistiam. Centralhl. f. d. med. Wiss, n° 15, 1880. — Fr. Franck. « Leçons sur les fonctions motrices du cerveau, » Paris, 1887. — Unverricht. Congrès de Médecine interne. Wiesbaden, 1888. — Preobras- CHENSKY. Wien. /clin. Wochenschrift. n»» il et 43, 1890. — Markwald. Zeitschrift fiir Biologie, xxiii, n. f. T. v. 1886, et xxvi, p. 258, 1889. — H. Girard, « Recherches sur l'appareil respiratoire central. » Genève, 1890,

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celles qui se produisent sous l'influence de la volonté. Mais la plupart des auteurs n'admettent pas dans le cerveau Texistence de vrais centres respiratoires à localisations précises. Ils sont toutefois unanimes à reconnaître que l'excitation électrique portée dans des régions variées du cerveau amène des modifications du rythme respiratoire, mais sans qu'il soit possible d'établir un rapport absolu entre la nature de l'effet respiratoire et le siège de l'excitation cérébrale. Fr. Franck, dont le travail fait autorité, écrit à propos de l'influence du cerveau sur les fonctions organiques en général : « L'expérience montre bien que l'excitation de certaines régions de l'écorce et celle des faisceaux blancs sous-jacents provoque des réactions orfjanique>< variées. Mais, contrairement à ce qui s'observe pour les réactions motrices volontaires, on ne retrouve pas de points spéciaux à fonctions indépendantes ; de plus la suppression de ces mêmes régions cérébrales, dont l'excitation provoque si nettement des effets organiques, n'entraîne pas la perte de la fonction mise en jeu par l'excitation \ » Et, pour ce qui se rapporte plus spécialement à l'influence du cerveau sur la respiration, Fr. Franck conclut de ses expériences : « 11 n'y a pas de points corticaux 'dissociables correspondant les uns au mouvement du larynx, les autres aux mouvements du diaphragme. — On ne trouve pas davantage de points commandant à l'inspiration ou à l'expiration à la surface des circonvolutions. — Il est même peu vraisemblable qu'on soit conduit à admettre des centres respiratoires dans les circonvolutions, chacun des points excitables de la zone motrice pouvant provoquer les modifications respiratoires indiquées \ » C'est dire, en résumé, que le cerveau exerce une influence sur la respiration; mais que cette influence, dont les effets, comme l'observe Fr. Franck, peuvent être aussi bien positifs que négatifs ou suspensifs (inhibitoires), est le fait de

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