CH. RICHET ET P. RONDEAU
après que la bouclie et les narines ont été oblitérées. Mais l'explication anatomique qui est donnée de ce fait nous parait complètement insuffisante pour donner la raison de cette persistance de la vie'.
La première expérience sérieuse a été faite par Hérissant à l'Académie des sciences, en 1777. Cet éminent naturaliste enferma, en des boîtes scellées dans du plâtre, trois crapauds, qui furent déposés à l'Académie des sciences. On ouvrit les boites dix-huit mois après : un des crapauds était mort, les deux autres vivaient. Mais, probablement il y avait de l'air dans les boîtes oii les crapauds avaient été enfermés.
Quarante ans plus tard, une série d'autres expériences, beaucoup plus précises encore, furent faites par William F. Edwards. Elles sont consignées dans son magnifique ouvrage : De l'in/Iuoice des ar/ en f s physiques sur la vie'-.
Des crapauds placés dans du plâtre, de manière à y être complètement scellés, vécurent dix-neuf jours et plus (sans que la durée soit spécifiée) dans du plâtre; si le plâtre était recouvert d'eau, la vie ne durait guère plus de 8 à 40 heures.
Avec les gronouilles et les salamandres, l'expérience donna les mêmes résultats. Toutefois, scellées dans du plâtre, les grenouilles vivent moins longtemps que les salamandres et les crapauds placés dans les mêmes conditions.
W. Edwards prouva, en outre, par une expérience directe, que le plâtre est perméable à l'air; et il fut amené à considérer la survie des batraciens dans du plâtre comme due à la persistance de la respiration cutanée. On sait que, quelques années auparavant, Spallanzani avait démontré que les grenouilles peuvent vivre sans poumon, et que la respiration cutanée suffît à leur minime consommation d'air vital.
W. Edwards fut même amené à cette conclusion très para-
1. ilahet te?tiido musciilos annulas in aditu arteriœ pulmonalis,iit sanguinem alj en arterin uverlere possit, quamdiu sub aquis vii'it, atqiie in iis animalibus iter sanrjuinis, etiam de/elo pulmone,superesl