‹ Physiologie; (volume 4)Chapitre 10 sur 210 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

CHAIU.KS LiIGHET

d'un côté, et mémo l'extrémité tout à fait périphérique de cette patte, comme, par exemple, la deuxième et la troisième pelote digitales, je suppose, cette excitation périphérique retentira sur les centres, de manière à arrêter le mouvement qu'ils ont commandé. Si une grenouille se débat vigoureusement sur la planchette, dès que Ion fait passer dans une patte un courant électrique tant soit peu fort, on arrête aussitôt ses mouvements de fuite, et les muscles de l'une et de l'autre

Fig. 4o'. — Vitesse des mouvements volontaires.

En A S. première excitation; eu A' S', deuxième excitation. En V. on a indiqué la

vitesse du cylindre pendant un dixième de seconde. On voit que la première excitation S a provoqué une réponse assez rapide, environ 0,15 de seconde. Au contraire, la deuxième excitation, égale à la première, a provoqué une réponse beaucoup plus lente : environ 0.6 de seconde.

patte se relâchent immédiatement. Tout se passe comme s'il y avait une sorte d'interférence dans la moelle entre les excitations qui viennent de la périphérie et celles qui viennent des centres nerveux.

Sur les figures 46 et &7 , on verra encore ce même phénomène de relâchement réflexe. Les légendes qui accompagnent l'une et l'autre de ces ligures suffiront, je pense, à en expliquer les principales conditions.

Il est assez important de noterque les excitations périphériques exercent une action d'arrêt non seulement sur les mouvements volontaires, mais encore sur la tonicité des muscles.

Le mot interférence , que nous .1 \ mis employé tout à l'heure, ne saurait être pris au pied de la lettre.

C'est une forme de langage qui n'a d'autre avantage que celui de faire comprendre neltemen t le phénomène.

Nous passons maintenant à un autre ordre défaits qui se trouvent, assez vaguement indiqués, dans les quatre figures qui précèdent; mais celles que nous allons donner sont plus explicites.

Il est remarquablequeles grenouilles supportent, sans réagir par une réponse, des courants électriques même très intenses. On sait que le nerf moteur réagit à des courants électriques

ii.i.

très faibles (deux éléments Thomson, n° 22 de la bobine1), tandis que les mouvements de réponse de la grenouille ne se font qu'au n" 10 de la bobine.

La réaction est toujours très lente. Dans aucun cas, je n'ai pu observer de mouvement de fuite séparé de l'excitation par un intervalle moindre de 0,15 de seconde. La figure 48 (A S) indique cette réponse au maximum de vitesse. Elle a lieu quand la grenouille est très fraîche, non épuisée par des excitations antérieures, et quand l'excitation électrique est très forte.

Mais si l'on vient, quelques secondes après, à exciter de nouveau la grenouille par des excitations identiques, on pourra constater que le retard est devenu beaucoup plus grand.

On voit que la seconde excitation : A' S', est déjà bien plus retardée que la première.

Le retard va en s'accentuant de plus en plus, si bien qu'à la cinquième excitation. A" S", on a le grand retard marqué sur la figure 49.

Quelquefois le retard est plus considérable encore, surtout si l'animal est quelque peu fatigué. Pour constater ces longues durées interposées entre le début de l'excitation électrique et le moment de la réponse réactionnelle, il faut continuer les excitations jusqu'à ce que la grenouille se soit décidée à répondre.

Une série d'excitations répétées pendant longtemps finit par stimuler enfin l'excito-motricité de ses centres nerveux .

On arrive ainsi à des retards qui peuvent atteindre une ou deux minutes. Le tableau suivant donne quelques indications sur ce phénomène.

1. Nous appellerons, pour abréger, numéro de la bobine le nombre de centimètres d'écartement entre la bobine inductrice de Du Bois-Rcymond et la bobine induite. Numéro 22 signifie donc : 22 centimètres d'écartement entre le lil induit et le fil inducteur.

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Il faut noter l'accroissement d'excitabilité qui succède aux premières séries d'excitations :

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