Magendie. Union mëd., 1850, t. IV, pr
2. Voici l'observation de Magendie :Un cochon d'Inde est plongé dans de l'eau à 57° : au bout de 7 minutes, il était à 46° ; retiré alors, essuyé soigneusement et abandonné à une température de 10 à 12°, il était, au bout de 10 minutes descendu à 37°, au bout de 45 minutes à 25°, puis il mourait.
372 RALLIERE.
B. — influence comparative de la durée et de l'intensité de la température.
Expérience I: — (29 mars 1888.) Chien griffon, petit, de un à deux ans, pesant 9kil,800 ; T. = 38°, 80, R. = 28.
Muselé et attaché à 3 h. 20 ; électrisé à 3 h. 30; la température est portée jusqu'à 44° ; elle est maintenue entre 43° et 44° (avec température moyenne de 43°. bO) pendant 70 minutes ; l'électrisation a été maintes fois suspendue et reprise selon le besoin; quand la température était suffisamment élevée, on arrêtait le courant ; lorsqu'elle descendait au voisinage de 43°, on électrisait de nouveau.
A 5 h. 27, l'animal, revenu à sa température normale (39°,o0), est détaché ; sa faiblesse est extrême, il ne peut se tenir debout et n'essaye même pas de se mouvoir; son arrière-train est insensible à la pression et à la piqûre; il a perdu 2 800 grammes de son poids primitif; or il n'a expulsé que quelques gouttes d'urine et n'a pas déféqué pendant l'expérience : la perte est donc presque entièrement supportée par la salivation et l'exhalation pulmonaire.
L'animal ne veut ni manger ni boire; il regarde avec une indifférence absolue l'eau et les aliments.
A G heures, le chien vomit un liquide blanchâtre sans trace de sang ni de bile. T. =37°. 30 mars. Animal mort dans la nuit; rigidité cadavérique généralisée.
Autopsie pratiquée à 2 heures du soir.
Poumons. — Fortement hyperhémiés; aux bases, noyaux d'hémorrhagie interstitielle, au nombre de trois à droite.de deux à gauche, et limités au bord inférieur; en incisant le tissu pulmonaire à ce niveau, on voit nettement qu'il est infiltré de sang.
Pa d'ecchymose sous-pleurale ni sous-péricardique.
Cœur. — Ventricule gauche très dur, rempli par un caillot ; ventricule droit et oreillettes mous et renfermant plusieurs caillots excessivement noirs.
Diaphragme très souple.
Estomac. — Dilaté par des gaz; muqueuse légèrement rouge au niveau de la grande courbure.
Intestins. — Renferment du mucus teinté de sang; il est congestionné par places, surtout dans le duodénum.
Foie. — Congestionné uniformément.
Rate. — Normale.
Reins. — La substance corticale est fortement hyperhémiée.
HYPERTHERMIE ET GHLORAL. 373
Cerveau. — Uicn de spécial ; le bulbe, parait également normal.
L'examen microscopique des fibres du ventricule gauche a montré qu'elles avaient perdu par places leur striation et qu'elles étaient manifestement granuleuses.
Iaikkience IL — (18 avril 1888.)
Chien petit, très jeune, pesant 3kll,980, muselé et attaché à 2 h. 40; T. =39°, 80; R.=20 à 2 h. 50, enveloppé entièrement dans l'ouate; de 2 h. 50 à 4 h. 10, l'animal ainsi emmailloté ne s'échauffe presque pas; on emploie alors l'électrisation. Voici la marche de la température et de la respiration; on remarquera que la polypnée n'a commencé qu'à 42°, 25, qu'elle a été peu intense et qu'elle a cessé presque subitement, alors que le chien avait encore une température de 43°, 75 :
heures. degrés.
4,35 42,25 R. = 164 (polypnée).
5,50 44 R. = 120. Arrêt du courant.
On voit que, malgré l'électrisation, le thermomètre n'est pas monté au delà de 44°, 15, et que l'animal ne s'échauffe plus; nous n'en voyons d'autre raison que la faiblesse et la fatigue musculaire du chien, qui sont très grandes ; les excitations électriques ne provoquent en effet que de rares contractions.
En même temps qu'on cesse l'électrisation, on défait la muselière et retire toute l'ouate ; quoique démuselé, l'animal garde la gueule fermée, et il est même difficile d'écarter ses mâchoires; la sensibilité est très diminuée : on peut pincer très fortement la queue de l'animal ou les pattes sans provoquer de réaction; le chatouillement de la surface interne de l'oreille est bien perçu ; le réflexe cornéen est intact.
heures. degré».
La sensibilité a reparu, mais elle est encore émoussée ; l'animal, détaché, ne fait aucun mouvement et parait exténué.