Pour un kilogr. de poids vif
2. Dans une expérience qui n'est pas relatée ici, j'ai injecté .'i grammes p. 1 000 de BrK à une grenouille, et l'ai placée à 4°. Elle était vivante au bout de 1 heure. Morte au bout de \ heure et demie.
temps les grenouilles ont été placées dans l'eau à 20°. Vingt minutes après, elles étaient mortes, mais le moment précis de l'arrêt du cœur n'a pas été noté.
Il semble donc que pour un même poison, à la même temperature, il faut un certain temps pour que la réaction toxique soit complète, temps- qui est, jusqu'à un certain point, indépendant de la dose de poison employée, si cette dose est suffisante pour produire toutes les réactions nécessaires à l'empoisonnement l.
Autrement dit, supposons une cellule baignée dans une solution de BrK.
Pour que cette cellule meure, il faut que le BrK forme avec elle certaines combinaisons. Pour que ces combinaisons se produisent, il faut :
1° Une quantité A de BrK.
2° Un certain temps B.
Le temps B dépend de X énergie chimique emmagasinée dans la cellule et le BrK, énergie qui est sous l'influeuce de la température et croît avec elle.
Si la température reste fixe, A devenant deux, trois, quatre fois plus grand, B ne variera pas. Si au contraire la température augmente, B deviendra de plus en plus petit, quel que soit A.
Ainsi donc, pour la rapidité de l'intoxication, l'élément température est plus important que la dose employée. Nous voyons, en effet, que 2 grammes de BrK à 4° n'ont amené la mort qu'au bout de 2 heures et demie, tandis que 1 gramme à 32° l'a produite en 15 à 20 minutes, à 33° en 7 à 10 minutes.
1. Des faits analogues ont été signales : M. Ch. Richet a vu que, chez les poissons, le froid, s'il ne rend pas la dose mortelle nécessaire plus élevée, rend au moins les intoxications beaucoup plus lentes. Quelle que soit la dose, la durée de la vie ne change pas.
De même, dans l'empoisonnement par le curare, le temps nécessaire à l'asphyxie varie à peine avec la dose du poison, du moment qu'on a atteint la dose nécessaire. Cela prouve bien que le poison agit sur un seul élément anatomique. » Ch. Richet, Archives de physiol., p. 127, 1886.
Toutes les substances employées nous ont donné des résultats analogues.
C'est ici que l'assimilation des actions toxiques«aux actions chimiques peut se faire d'une manière aussi complète que possible. Prenons un exemple, et voyons ce qui se passe dans l'éthérification.
« Toute élévation de la température a pour elfet d'accélérer la réaction des acides sur les alcools, aussi bien que celle de l'eau, ce qui est conforme au mode ordinaire suivant lequel s'exercent les affinités chimiques1. » Que l'on remplace les mots, acides et alcools, par poisons et organismes de la grenouille, et cette phrase de Berthelot pourra s'appliquer exactement à ce que nous avons observé. Mais l'analogie peut se pousser encore plus loin. Si on met en contact un équivalent d'acide et un équivalent d'alcool, il se produit, au bout de vingt-quatre heures, une certaine quantité d'éther; si on met deux équivalents d'acide au contact de un équivalent d'alcool, la quantité d'éther produite dans les premières vingt-quatre heures, à la même température, n'est pas sensiblement augmentée; ce n'est qu'au bout de quelques jours que la marche de l'éthérification est augmentée. De même 2 grammes de Brlv ne produisent pas, avec l'organisme de la grenouille, les réactions chimiques nécessaires pour amener la mort, plus rapidement que 1 gramme, si la température est la même.
1. Berthelot et Péan de Saint-Gilles. ^4»?^. de chim. et de phys., 3e .série, t. 66, p. 10. — Théorie de l'éthérification, Berthelot et Péan de Saint-Gilles, 3e série, t. 6'i, p. 383; t. 6G, p. 5; 5e série, t. 14, p. 437.
sUi^i ani ES I MPI OYÉ1 S
Chlorure de lithium .
Bromure de potassium
DOSES
POU! I H"'1 08 IMMES
d'animal
DUREE l>K LA VIE
U'iu:s L INJECTION
t 3 heures.
' 15 minutes.
Survie.
9 heures (1).
20 minutes.
15 minutes.
9 heures.
25 minutes.
12 minutes.
Survie.
Survie.
1 heure.
Survie.
9 heures.
5 minutes.
20 minutes.
(1) Le chiffre de 9 heures n'est qu'une approximation plus ou moins exacte- J'ai donné cette moyenne de survie aux grenouilles que j'ai laissées vivantes le soir, et que j'ai trouvées mortes le lendemain. Parmi les grenouilles ayant cette moyenne, les unes ont été observées pendant 3 heures, tandis que d'autres ne l'ont été que pendant 1 heure.
S Al. NT- III LA IRE.