INFLUENCE DE LA CHALEUR SUR L'ACTION TOXIQUE DU CHLORURE DE LITHIUM
MM. P. LANGLOiset Ch. Riciiet ' ontmontré que l'action convulsivante de la cocaïne se produit avec d'autant plus d'intensité que 1 animal sur lequel on opère est soumis à une température plus élevée. Soit un chien mis dans un bain à 42°; si on lui injecte une dose de cocaïne minime, soit 8 milligrammes, les convulsions apparaissent tout de suite. Le lendemain, le même chien est refroidi dans un bain, à 30°; on lui injecte une dose de cocaïne bien supérieure, soit 4 centigrammes ; il n'éprouve aucune convulsion. Mais, si alors on le réchauffe dans un bain à 40° sans nouvelle injection., les convulsions reviennent très violentes. Ces essais ont été contrôlés à plusieurs reprises. D'autre part les auteurs ont encore observé que ces mouvements convulsifs augmentent notablement et rapidement la température, sans aucun adjuvant extérieur. Or cette hyperthermie organique devient à son tour une cause de convulsion. Il y a là un cercle vicieux : si on ne parvient à le rompre, l'animal périt par arrêt du cœur et de la respiration. Pour enrayer cette action dangereuse et sauver l'animal, il importe de le refroidir au plus vite ; les convulsions cessent, et le toxique s'élimine.
L'action combinée du chloral et de la chaleur a été étudiée par MM. Ch. Richet et Rallière 2. Ces auteurs ont montré que, si on élève la température des chiens chloralisés, ces chiens
i. P. Langlois et Cn. ' Richet. Comptes rendus de V Académie des sciences, séance du 4 juin 1888.