‹ Physiologie; (volume 4)Chapitre 154 sur 210 · MEL DE 0 E.\T DE CO · texte numérisé non relu

MEL DE 0 E.\T DE CO

Fig. 90. — Influence de la pression glotdque et de l'acide carbonique inspiré

sur le rythme.

Chien légèrement polypnéique par suite de réchauffement au soleil. Comme il est chlor*lisé, sa respiration ne peut se faire en tirant la langue au dehors. Sa température est de 41° environ. A la ligne l.on voit sa respiration normale, c'est-à-dire par la glotte et les voies aériennes supérieures, gueule et narines. Entre les lignes 1 et 2. on a fait la trachéotomie. Alors le rythme est aussitôt plus rapide, et les respirations moins amples. Entre les lignes 2 et 3, on lui fait respirer un mélange de 40 parties d'oxygène et de 60 parties d'acide carbonique; les respirations deviennent plus profondes et plus lentes. L'expérience est d'une netteté absolue pour montrer l'effet ralentissant de l'acide carbonique.

comprendra mieux qu'une longue discussion ou un récit d'expériences, avec des chiffres multiples.

J'insiste surtout sur un fait: c'est que les nerfs vagues ne sont pour rien dans cet arrêt de la polypnée. On eût pu, à la rigueur, admettre que l'acide carbonique qui se trouve en grand excès dans l'air inspiré va porter son action sur les terminaisons des vagues dans les poumons. Peut-être, à l'état

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aormal, chez des animaux intacts, y a-t-il quelque action de ce genre; mais il me parait qu'elle esl très faible, à peine appréciable.

On peul même dire que la section des pneumogastriques, au lieu de diminuer L'influence que l'acide carbonique exerce sur l'arrêt de la polypnée, l'augmente. L arrêt de l;i poîypnée est bien plus net el plus prolongé quand les nerfs vagues sont coupés que quand ils sont intacts. N'est-ce pas là une démonstration tout à fait irréfutable que ce u est pas leur excitation dans les alvéoles pulmonaires qui va par voie réflexe arrêter le rythme fréquent?

Ce qui prouve encore que cet arrêt polypnéique n'est pas un phénomène réflexe, c'est que la polypnée ne reparaît pas, même quand la cause d'arrêt est supprimée. La figure 92 en est un exemple. Il n'y a eu que cinq inspirations d'air chargé d'acide carbonique, et cependant, pendant près de trois minutes, le rythme a été énormément ralenti par ces cinq uniques inspirations. Comment expliquer cela, sinon par la pénétration dans le sang d'un grand excès d'acide carbonique, qui, étant en excès dans le sang, agit sur le bulbe pour arrêter la polypnée.

Il est vrai que l'effet survient presque immédiatement. Mais ela n'a rien qui doive surprendre, si l'on songe à l'extrême vitesse avec laquelle se fait la circulation. Il ne faut guère plus de trois ou quatre secondes pour que le sang* artériel parvienne du poumon aux centres nerveux par les grosses artères carotides et vertébrales. Et alors tout de suite le bulbe est actionné par ce grand excès d'acide carbonique puisé dans le poumon.

Les animaux profondément chloralisés se comportent à peu près vis-à-vis de l'acide carbonique et de l'asphyxie comme les animaux non chloralisés. Il est vrai que, quand la dose de chloral est forte, la polypnée n'est jamais très rapide ; mais, si peu rapide qu'elle soit, toujours elle est arrêtée par l'asphyxie. C'est même un fait bien curieux qu'un animal

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