‹ Physiologie; (volume 4)Chapitre 166 sur 210 · PROPORTION · texte numérisé non relu

PROPORTION

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M. IIAMtlnT ET CH. RICHET

minutes augmenter ou ralentir cette excrétion : si elle est, par exemple, de O.IIOO à l'état normal, nous pouvons, par l'hypopnée, en cinq minutes, l'abaisser à 0,100, et, en cinq minutes, par la polvpnée, l'élever à 0,900; mais ces chiffres extrêmes ne durent pas longtemps. Bien vite l'excrétion, malgré nos efforts, revient au taux normal de 0,600 ou à peu près.

En effet, nous pouvons faire varier Y excrétion (pendant quelques minutes au moins), mais nous ne pouvons pas modifier la production; car les altérations du rythme respiratoire ne peuvent modifier les combustions des cellules de l'organisme.

Même il se trouve que les altérations volontaires du rythme respiratoire ne peuvent modifier l'excrétion que pendant un temps très court, quelques minutes à peine. Au bout de vingt minutes, le taux normal est revenu, et même a été dépassé, par une sorte de compensation qui tend à rétablir la balance.

Ce que nous disons de la production de CO2 s'applique également à l'absorption de O2. On sait que, par une série de respirations répétées, on peut se mettre en état d'apnée, c'està-dire rester pendant quelque temps sans respirer. (En nous exerçant, nous avons pu arriver à une durée maximum d'apnée égale à 2in30s.) Or, dans ce cas, la consommation d'oxygène n'a pas été modifiée : c'est seulement l'absorption par le

Fie. 93 lis. — Influenco do la volonté sur la production de CO*.

A gauche, en, grammes, par kilogramme de poids vif et par heure, les quantités de CO* produites. Le trait ponctué indique le taux moyeu. Expérience portant sur trois personnes. Ou voit que. vingt minutes après l'hjpopnée volontaire, le taux normal est revenu et même dépassé.

poumon qui a été arrêtée, le sang contenant des réserves d'oxygène suffisantes pour subvenir aux besoins de nos tissus pondant deux minutes.

Ainsi, — el c'est là une distinction que nous croyons importante — il faut séparer ['excrétion de CO? et la production de (10-; ['absorption de O2 et la consommation de 0*. La consommation de 0" et la production de CO2 sont absolument soustraites à l'influence de la volonté, tandis que l'excrétion de VA ^ et l'absorption de O2 sont soumises à la volonté, mais seulement pendant un temps très court, le temps qu'il faut au sang pour se charger de CO2 ou se dépouiller d'oxygène.

Ci. Effets des injections rectales gazeuses d'acide carbonique. — Nous nous contenterons d'indiquer ces expériences, rapportées ailleurs avec plus de détails; mais il est bon de les mentionner, car elles fournissent assez bonne preuve a posteriori de l'exactitude de notre méthode analytique \

Un individu de (>6 kil. excrétait avant le lavement gazeux 16 litres de CO2 par heure. Dans la demi-heure qui a suivi l'injection rectale de 3m,500, il a excrété, en plus que précédemment, 2nt,300.

S., produisant à l'état normal 12m,o5 de CO", a reçu en lavement 2Ht.500 de GO2. Il a rendu en une heure et quinze minutes 2m,650 de CO2 de plus que précédemment.

Par conséquent, en faisant la moyenne de ces deux expériences, nous injectons dans le rectum G litres de CO2, et nous retrouvons au bout d'une heure 4ut,9o0 de CO2 en plus.

1. M. Hanriot et Cii. Richet, Bulletin île la Soc. de biol., 14 ruai 1887, p. 307. Si nous avons tenté ces expériences, paraissant quelque peu bizarres, c'est parce que M. Bergkon a imagiuc au traitement médical de la tuberculose par cette méthode, et qu'il est venu lui-même en faire l'application dans notre laboratoire chez deux de ses malades dont nous avons pu alors doser les combustions respiratoires.

îi08 M. HANRIOT ET Cil. RICHET,

Ce qu'il y a d'intéressant à noter, c'est : 1° que la ventilation s'est accrue, ce qui semblerait faire croire à l'influence de CO2 sur l'innervation respiratoire motrice, et 2° que les effets sont presque instantanés, ce qui prouve que le CO2 introduit dans le rectum passe rapidement dans le sang.

Influences individuelles. — Comparons les différences individuelles des combustions respiratoires chez les divers individus observés par nous.

Nous avons fait sur S. des expériences extrêmement nombreuses; mais, sur les autres individus, ces expériences sont peu fréquentes, souvent même uniques.

Pour S. (à l'état de digestion), les chiffres moyens sont :

ut.

Ventilation 9,37

CO2 (en grammes) 0,569

Proportion de CO2 en volume. . . 3,28 Quotient respiratoire 0,84

Nous avons pour d'autres personnes les chiffres suivants (par heure et par kilogramme) (voir le tableau p. 509).

Si nous prenons la moyenne de toutes ces expériences assez hétéroclites, nous retrouvons les mêmes chiffres à peu près que pour S.

Soit :

ut.

Ventilation 8,8

Proportion de CO 2 3,27

Si le poids de CO2 est un peu plus faible que chez S., cela s'explique peut-être par le poids plus élevé des individus en expérience. On doit supposer, comme l'indiquent d'ailleurs les expérieuces des autres physiologistes, que, si le CO3 produit est de 0gr,560 pour les individus de 50 kilogrammes, il est de 08r,480 pour les individus de 70 kilogrammes; mais nous nous

ÉCHANGES RESPIRATOIRES CHEZ 1/lloM M 11.

proposons de Taire sur ce point spécial des recherches plus approfondies; car, évidemment, ce sont là des données assez insuffisantes.

co»

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