EN VOLUME
pour mu litres
«l'air.
Il faut maintenant donner quelques indications sur les chiffres de ce tableau.
D'abord il contient toutes les expériences que nous avons faites, dans lesquelles la durée des mensurations dépassait
ÉCHANGES RESPIRATOIRES CHEZ LE CHIEN. 533 trois quarts d'heure. En effet, quand la durée est moindre de trois quarts d'heure, la mesure ne peut être considérée comme valable: par suite du procédé même de mensuration, au bout de quelques minutes, on même d'une demi-heure, une conclusion n'est pas possible à donner.
.Non- n'avons pas indiqué les chiffres de l'oxygène absorbé; en effet, dans les cas on la mensuration de l'oxygène a été faite, il su Hit de donner le quotient respiratoire pour qu'on puisse par là calculer la quantité d'oxygène.
De plus, dans un certain nombre d'expériences, surtout celles qui ont été laites au début de nos recherches, nous n'avons pas dosé l'oxygène. Enfin, tandis que le chiffre d'acide carbonique fourni par la méthode des trois compteurs peut être précisé avec une assez grande exactitude, le chiffre relatif à l'oxygène est beaucoup plus incertain. En effet, la mesure de l'oxygène se faisant par la différence entre A et G, comme, entre A et C, se trouve interposée la cavité thoracique du chien, dont la contenance varie à chaque instant, la différence entre A et C est beaucoup moins exacte que la différence entre B et C, qui n'est pas exposée à cette cause d'erreur. Aussi, dans les expériences faites sur des chiens trachéotomisés, avons-nous toujours préféré le chiffre d'acide carbonique au chiffre de l'oxygène.
De fait, quand l'expérience porte sur une longue période de temps, de deux ou trois heures par exemple, cette quantité variable peut être négligée; car elle n'augmente pas avec la durée de l'expérience, tandis que le chiffre absolu augmente continuellement.
Nous ne nous sommes pas occupé de préciser les poids, en donnant même des premières décimales. En effet, le poids d'un chien est, comme on le sait, extrêmement variable, selon qu'il a mangé, qu'ila uriné, etc. Ce sontlà des quantités qui, pour des chiens de 10 kilogrammes, expriment près d'un kilogramme.
De même, nous n'avons pas réduit les volumes à 0° et à la pression normale. Car les écarts dus aux variations
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physiologiques sont bien plus grands que ces corrections1.
Pour quelques-unes de ces expériences, en particulier pour l'expérience VIII, la pression à vaincre à l'inspiration et à l'expiration était assez forte; cela a modifié, comme on le voit, le chiffre de la ventilation. 11 en est de même pour l'expérience XIII. Probablement le croît de la pression n'a pas eu d'influence sur la production absolue d'acide carbonique, et a modifié seulement la proportion centésimale de l'acide carbonique contenu dans l'air expiré. Dans l'expérience X, le chien était à jeun depuis seize jours. On voit que, dans ce cas, le chiffre d'acide carbonique est faible. Dans l'expérience XXXIII, il s'agit d'un petit chien qui avait reçu sous la peau une injection septique, de sorle que sa minime production d'acide carbonique est attribuable sans doute à un état pathologique. Enfin, dans l'expérience XXXVIII, il s'agit d'un petit chien blanc qui avait été mouillé dans l'appareil; là encore il s'agit de conditions toutes spéciales qui ont exagéré la production de CO2.
Nous croyons donc devoir éliminer de notre tableau final les expériences XXXIII et XXXVIII, quoique à elles deux elles fassent une somme qui représente très bien la moyenne des chiffres donnés par des chiens de ce poids.
Pour le quotient respiratoire, si nous prenons la moyenne des vingt-six expériences où l'oxygène a été mesuré, nous trouvons une moyenne de 0,748, chiffre qui concorde admirablement avec le chiffre 0,745 qui résulte des huit expériences de Regnault etReiset; les écarts sont néanmoins assez considérables, puisqu'ils vont de 0,62 à 0,90.
Si nous divisons les chiens, par leurs poids, en trois groupes, nous avons le quotient respiratoire suivant :
Moyennes.
8 chiens de 10 à 28 kilogrammes. . . 0,74
5 chiens de G à 10 — ... 0,74
13 chiens de 2 à o — ... 0,75
Il est donc évident que la taille des chiens n'influe pas sur le quotient respiratoire. On sait que c'est l'alimentation surtout qui le modifie, et tous nos chiens étaient, sinon à l'état de jeûne absolu, du moins privés d'aliments depuis cinq ou dix heures.
1. On verra dans le mémoire suivant que ces corrections ont été faites et modifient légèrement nos chiffres.
La ventilation ne peut pas être regardée comme une ventilation tout à fait normale, attendu que les chiens trachéotomisés se débattent vigoureusement, essayant de crier, el font les mouvements respiratoires qui correspondent au cri. C'est donc une ventilation de défense et d'efforts, plus qu'une ventilation normale. Mais je ne vois guère par quel procédé on pourrait avoir exactement la ventilation normale d'un chien soumis à l'expérimentation ; car tout musèlement, toute contention, doivent changer son état psychique, et par conséquent sa ventilation pulmonaire, étroitement soumise à l'état psychique.
Quoi qu'il en soit de cette cause d'erreur, si nous éliminons les expériences VIII et XIII, où l'animal respirait à travers une forte pression, nous avons les chiffres suivants pour la ventilation par kilogramme et par heure :
Ventilation.
2 chiens de 21 à 28 kilogrammes. . . 21 litres. 0 chiens de H à 14 ... 28 —
3 chiens de li à 9 ... 44 —
Si nous rangeons en séries ces diverses expériences, d'après le poids du chien expérimenté, et en ne tenant compte ni du quotient respiratoire ni de la ventilation, nous avons le tableau suivant, où les quantités d'acide carbonique sont évaluées non en volumes, mais en poids.
Ces chiffres nous montrent que la quantité de C< )2 produite par un kilogramme d'animal est proportionnelle, inversement, au poids, c'est-à-dire au volume de l'animal. A mesure que le poids du chien devient plus petit, ses combustions respiratoires augmentent, et, quoiqu'il y ait des écarts notables dans les chiffres que nous donnons ici, on voit que, dans l'ensemble, la moyenne est très régulière.
Il s'agit alors de mesurer la surface du corps, mesure qui a été tentée par divers physiologistes: par Rameaux1, et sur-
1. Mémoires de l'Académie royale de Belgique, t. XXIX, 12 niai 1857
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