Zeitsehrift fur Biologie, 1879, t. XV, p
î>40 CHARLES RICHET.
Il résulte de ces chiffres que la production de CO2 est très exactement proportionnelle à la surface1.
Celte influence de la surface tégumentaire sur la quantité de CO'2 produite n'est pas due à ce que les tissus des gros et des petits animaux sont de nature différente, mais bien à ce que le système nerveux des uns et des autres est diversement excité.
Je donne la démonstration de ce fait dans le mémoire suivant; mais je veux auparavant comparer les chiffres que j'ai obtenus à ceux qu'ont donnés les auteurs qui se sont occupés de cette importante question.
$ II. — Comparaison avec les expériences des autres auteurs.
Il ne faudrait pas croire que les chiffres fournis par les différents auteurs qui ont étudié les échanges respiratoires chez le chien soient nombreux. Au premier abord, sans avoir fait de recherches spéciales à ce sujet, on est tenté de s'imaginer que les documents, à cet égard, sont considérables; mais, de fait, il n'en est pas ainsi, et on ne trouve qu'un petit nombre de chiffres qui se rapportent à des chiens de tailles différentes. Le plus souvent, on a étudié les conditions physiologiques multiples qui déterminent une exhalation de CO2 plus ou moins active : l'état déjeune, les intoxications diverses, la température extérieure, etc.
De là, comme on va le voir, une pénurie de documents telle que nos mensurations portent sur un nombre de chiens aussi considérable que la totalité des mensurations antérieures.
Mentionnons d'abord les recherches de Régnai ilt et Reiset*.
\. Cette proportionnalité à la surface avait été admise par Bergmann d'une part, et d'autre part par Regnallt et Reiset pour des animaux d'espèce différente : mais ils ne l'ont jamais établie pour des animaux de même espèce et de taille différente. Le mémoire de C. Bergmann [Uber die Verhâltnisse der Wûrind'ikonomïe der Thiere zu ihrer Grosse. Gôttingen, 1848) est assez intéressant à lire; mais il ne contient pas de données numériques ni de mesures.
2. Recherc/ies chimiques sur lu respiration des animaux de différentes classes. Paris, 1849.
ÉCHANGES RESPIRATOIRES CHEZ LE CHIEN. Mi
Leurs chiffres portenl sursis chiens différents, pesant: 6,300, 6,200, 6,200, '..son, 5,600 el 8,400 grammes. Le premier chien a été T lois expérimenté, dans des conditions d'alimentation différente; cria l'ail 12 expériences portant sur 6 chiens. Le poids moyen dans ces 12 expériences est de 6 kilogrammes, el la quantité moyenne de CO' par kilogramme el par heure est de 1K',260, avec un quotient respiratoire de 0,75. L'écart entre le maximum et le minimum de COs va de 0^,896, état de jeune, à Ier, 730, alimentation féculente.
Les recherches de MM. Pettenkoffer et Voit1 sont au nombre de 17 ; mais elles ne portent que sur un seul chien, du poids moyen de 33 kilogrammes, lequel animal a produit en moyenne 0gr,668 de CO2 par kilogramme et par heure, avec un quotient respiratoire moyen de 0,91. L'écart maximum est compris entre 0er,456 et lBr,0(il ; mais les expériences des savants physiologistes de Munich avaient pour but de mesurer la consommation alimentaire et son influence sur les échanges.
M. Bauer2, étudiant l'influence des hémorrhagïes, a dosé l'acide carbonique et l'oxygène sur un chien pesant 4,500 grammes. Il a fait 14 expériences, tant sur le chien hémorrhagïé que sur le chien normal, à jeun ou en état d'alimentation. La moyenne de CO3 produit est de 1er, 387, avec un minimum de 0,775 et un maximum de 7S,',G94. Mais ces moyennes ne peuvent guère servir, puisqu'elles portent sur un animal profondément modifié par l'expérimentation.
MM. Bauer et Bœck:), étudiant les effets de différentes substances (morphine, quinine, alcool et digitaline) sur des chiens et des chats normaux, ont expérimenté d'abord sur 6 chiens normaux, pesant 2,000, 2,100, 4,500, 4,200, 4,500