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LAPIN DE 2k,720«r-
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degrés.
Il va sans dire que la régularité de ces expériences ne s'obtient que si on laisse le calorimètre se refroidir et si on ne lui donne aucune chaleur extérieure. Pour cela, quand une expérience a été faite, il faut attendre une heure et demie ou deux heures après que l'animal a été sorti de la boule, avant de refaire une autre expérience. La boule, qui a mis une heure à s'échauffer, met plus d'une heure à se refroidir.
Enfin, il faut rester à une certaine distance de l'appareil; car la chaleur de l'observateur voisin est suffisante pour modifier les résultats.
Il faut avoir soin aussi que l'animal ne soit pas mouillé, car, si son poil est mouillé, il échauffe naturellement beau-
coup plus la boule de cuivre, et les résultats ne sont pas comparables à ceux d'un animal sec.
Quant aux poussières et à l'oxydation du récepteur calorimétrique, il ne me paraît pas que cela ait une grande influence sur la radiation, et, d'ailleurs, rien n'est plus facile à éviter.
Relativement au poids de l'animal, la mensuration en est indispensable avant chaque expérience, et, quoiqu'en apparence rien ne soit plus précis, en réalité la mensuration exacte est toujours difficile. Le poids d'un lapin, par exemple, est essentiellement changeant; c'est un animal qui n'urine que rarement, quand on le sort de sa cage ou sous l'influence d'une émotion; il émet alors 100 à Io0 grammes d'urine, ce qui diminue son poids de 1/1 5e ou de 1 20e. Ainsi, un lapin qui vient de manger et qui n'a pas uriné pèse 300 grammes de plus, au moins, qu'un lapin de même poids réel, mais qui n'a pas mangé et qui vient d'uriner. Il faut donc faire les pesées sur des lapins qui se trouvent dans les mêmes conditions physiologiques.
Tous ces détails ne sont pas inutiles; ils éviteront à ceux qui voudraient répéter mes expériences les erreurs, les tâtonnements et les difficultés que j'ai d'abord rencontrées.
Etudions la marche de l'expérience, autrement dit la courbe d'écoulement de l'eau par le calorimètre.
Voici une expérience détaillée qui indiquera qu'au début la chute d'eau est très rapide, et que, peu à peu. la quantité d'eau va en diminuant; de sorte que, dans son ensemble, la forme de l'écoulement est parabolique.
L'expérience XXVI a été faite sur deux cobayes pesant ensemble lkg,5o7, par une température de + 10°, o.
Les chiffres sont rapportés à un kilogramme du poids de l'animal, et la correction de la température a été faite.
On va comprendre pourquoi la forme de cette courbe est une parabole.
La chaleur émise par le lapin se communique au réceph m-, lequel rayonne continuellement dans l'atmosphère ambiant; mais le i;i\ oiinenienl de la houle est proportionnel a
l'excès de sa température sur la température ambiante, d'après
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la loi de Newton; de sorte que, si la boule est très chaude, elle rayonne beaucoup; elle rayonne peu si elle est froide. Alors, au début, elle perd peu de chaleur, et toute la chaleur que lui envoie le lapin est acquise; mais il arrive un moment où la chaleur perdue par la boule dans l'atmosphère est précisément égale à la chaleur qu'elle gagne par le fait du lapin qui y est enfermé. C'est le moment où l'équilibre est atteint et où alors l'écoulement est nul.
C'est au bout d'une heure pour la boule, et d'une heure et demie pour l'œuf, que cet équilibre final est obtenu.
A la rigueur, il ne faudrait arrêter l'expérience que lors-
170 CHARLES HICHET.
qu'on a constaté cet équilibre; mais en général l'intervalle d'une heure est suffisant. Aussi toutes mes observations portent-elles sur une durée d'une heure, et le chiffre adopté finalement est-il celui qui résulte de l'observation faite au bout d'une heure. Ainsi se peut faire la comparaison entre les expériences diverses.
Je ne dois pas négliger, en terminant cette étude technique, de noter deux graves inconvénients de mon calorimètre.
D'abord il ne peut pas rétrograder, en ce sens qu'une fois que le liquide est tombé, il ne peut plus revenir dans l'appareil. C'est donc un appareil à maximum qui indique, non pas tant la variation dans la production de chaleur que le maximum de calorique dégagé à tel moment précis par l'animal en expérience.
En second lieu, dans la boule où est le lapin, il s'est fait, pour ainsi dire, un milieu artificiel de température notablement plus élevée que la température ambiante, et, par conséquent, dans une certaine mesure, anormale.
Ce dernier inconvénient est plus sérieux que l'autre, car, pour celui de la non-rétrogradation, cela m'importe peu, puisque je voulais simplement connaître le maximum de chaleur, et non ses variations dans le cours d'une expérience.
Jeneconnais guère que le premier calorimètre de M. d'Arsonval qui remédie à cet inconvénient de réchauffement par la chaleur propre de l'animal. C'est pour que réchauffement ne soit pas trop grand encore, que j'ai évité de faire recouvrir l'appareil d'une enveloppe de laine, ou l'enduire de noir de fumée ou d'une couche de céruse. En effet, si j'avais diminué le refroidissement de la boule, la sensibilité de l'appareil eût été plus grande, mais un animal se fût bien vite échauffé luimême, et, au lieu d'être dans un milieu de 12 ou 15°, il eût été dans un milieu de 30 à 35°. Malgré cette diminution de sensibilité, ma boule calorimétrique est bien suffisamment
CALORIMETRIE.
sensible pour qu'on puisse faire avec prolit des expériences avec des moineaux qui ne pèsent pas plus de 20 grammes.
Avant d'exposer les expériences, je vais indiquer comment j'ai établi à combien de calories était équivalente la dilatation de l'air du récepteur. Mon principe a été le suivant :
Étant donnée une masse d'eau de quantité connue et de température connue, le rayonnement de cette masse d'eau, autrement dit sa perte en chaleur, peut se calculer très exactement. Donc, si l'on place dans le récepteur un litre d'eau, je suppose, à 4M0, et si au bout d'une demi-heure sa température est à 37°, cela fait 1 000 grammes qui ont perdu 6°, soit 6 000 calories. Ces 6 000 calories représentent la chute d'une certaine quantité d'eau, et, alors, on peut en déduire à combien de calories répond la chute d'un centimètre cube d'eau.
Ce procédé, quelque simple qu'il paraisse, est cependant très exact, et donne des indications précises. Surtout ses indications sont comparables; car je me suis placé, pour la quantité et la température de l'eau, à peu près dans les mêmes conditions que pour le poids et la température des animaux en expérience1.
Voici quelques chiffres :
NUMÉROS des
EXPÉRIENCES
TEMPÉRATURE
NOMBRE
de
CALORIES