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Le fait a déjà été indiqué par M. d'Arsonval

CALORIM KTRIE.

des lapins de 2kf, 500 dégagent environ 4100 calories, alors qu'à des températures supérieures à 25°, ils ne dégagent que 1 lion calories.

Il y a là évidemment matière à d'intéressantes applications au point de vue de la physiologie générale et de la nutrition. L'alimentation doit rire absolument conformée à la température extérieure. Comme la chaleur est due à la combustion des aliments, il faut que l'ingestion des aliments se conforme à la dépense normale de calorique, et, par conséquent, il faut qu'il y ait une alimentation d'autant plus abondante que la déperdition de calorique est plus grande.

L'expérimentation physiologique donne donc cette indication hygiénique formelle :

qu'il faut manger bien moins en été qu'en hiver. C'est un non-sens que de ne pas changer son régime alimentaire avec les conditions extérieures. Si les Européens sont si souvent malades dans les pays chauds, c'est qu'ils ne savent pas vivre comme les indigènes : ils devraient se résigner à manger beaucoup moins que dans les pays froids.

Fig. 59. — Courbe indiquant la quantité de chaleur produite en une heure par un kilogramme

de lapin, suivant la température extérieure.

Sur l'ordonnée inférieure sont marquées les températures de — 2° à -f- 28".

Sur l'ordonnée latérale sont indiquées les quantités de chaleur produite, représentées en centimètres cubes d'eau (lc,' = 83 "').

On voit nettement qu'il y a pour la radiation calorique un optimum qui répond à 14".

Quant à ce paradoxe, qu'à une température de 0" un animal dégage moins de chaleur qu'à une température de 14°, je ne puis encore me l'expliquer d'une manière bien satisfaisant e, car l'hypothèse des vaso-moteurs, la seule, je crois, qu'on puisse donner, n'est pas tout à fait satisfaisante. On eut pu supposer une cause d'erreur dans l'appareil lui-même — par exemple, la condensation de l'eau expirée par le poumon, condensation qui produit du froid et qui alors tend à diminuer la production apparente de chaleur. — Si l'on admet que l'exhalation d'eau par kilogramme de lapin est de 0ër,o0 par heure, cette eau, se condensant sur les parois de l'appareil et évaporée ensuite par la chaleur de cet appareil, peut produire un froid qui n'est pas négligeable, même pour une si petite quantité, étant, pour O'r,o, de 268 calories. Mais on ne peut admettre, d'une part, que toute l'eau se condense sur l'appareil ; d'autre part que toute l'eau se vaporise après s'être condensée, et enfin, même en ajoutant ces 268 calories au chiffre trouvé, on ne changerait pas beaucoup le résultat final.

Il semble même que la température extérieure exerce son influence pendant un certain temps, comme si l'état d'activité du système nerveux, se réglant d'après la température, mettait un certain temps à se placer en équilibre. L'expérience suivante en est la preuve, aussi bien pour un animal qui vient d'une température élevée que pour celui qui vient d'une température basse.

Expérience; CL11I. — 6 janvier. — La température extérieure est, dans l'étable où sont les lapins, aux environs de 0°. Elle est au contraire de 11°, 4 dans la salle où se fait l'expérience. Un lapin de 2ks,690 donne seulement 2 740 calories à la température de 11°, 4 qui correspond au maximum calorique.

Exp. CL1V. — Le même lapin est alors placé dans l'étuve à :?8°. Après un séjour d'une demi-heure environ (soit deux heures en tout, après qu'il a été sorti de l'étable), il donne 2 100 calories, chiffre encore très inférieur.

GALORIMÉTRIE. lui

Exp. CLV. - Il reste encore une heure de plus dans le laboratoire a rj". Alors on prend sa calorimétrie, et on trouve un chiffre qoi se rapproche de la normale : 3 490.

Ces faits sembleraient prouver qu'il faut un certain temps pour que le système nerveux se mette eu équilibre de production calorique avec la nouvelle température extérieure1.

Cela explique peut-être comme quoi, pour résister au froid (c'est-à-dire perdre peu de chaleur, il vaut mieux sortir d'un appartement très chaud, à 20" par exemple, que d'une pièce à moitié froide, à 10° je suppose. En effet, à 10°, il y a un maximum de production calorique et par conséquent de déperdition. Alors l'état du système nerveux se trouve ainsi fixé pour quelque temps. Or, quand on se trouve exposé à un grand froid, si le système nerveux est réglé pour rayonner à 10°, il faut du temps pour s'établir avec un rayonnement comme celui dc0° ; tandis que, si l'onestréglé pour 20", comme le rayonnement est à peu près le même qu'à 0°, il y a moins d'effort à faire et on se refroidit moins.

D'autres animaux que les lapins ont aussi une production de calorique variant avec la température extérieure. Voici à cet effet, les chiffres relatifs aux cobayes.

Pour des cobayes pesant entre 125 et 150 grammes, nous avons les quatre chiffres suivants :

Degrés.

1. Une autre expérience m'a donné cependant des résultats différents; il est vrai qu'elle a été faite sur un lapin dont le sciatique avait été piqué dix joins auparavant et qui avait des lésions tropliiques à la patte (expér. CLXII) : la température de l'étable étant de 0°, celle du laboratoire de + 12°,5, immédiatement après être sorti de l'étable, il a donné 4 ISO calories ; trois heures après (expér. CLXIII), la température du laboratoire étaut de 15»,5, il a donné 3 7-iÔ calories.

Un autre lapin intact (expér. CLXIV), venu de l'étable, dont la température

Pour des cobayes pesant de 500 à 1 000 grammes, nous avons :

Degrés.

-c ' Moyenne

, \ des trois expériences, 80.

Chez les enfants, cette même loi se vérifie de la manière la plus formelle. En les plaçant dans mon œuf calorimétrique, j'ai obtenu les chiffres suivants, pour des poids d'enfants compris entre 6 et 9 kilogrammes ' :

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