‹ Physiologie; (volume 4)Chapitre 50 sur 210 · Bulletin de la Société de Biologie, 1884. p · texte numérisé non relu

Bulletin de la Société de Biologie, 1884. p

3. Ce même lapin, huit jours après ces expériences, a donné 3 490 calories.

rimétrique, j'ai trouvé pour le même lapin dos chiffres corrélatifs : expérience CXXII, injection de 0sr,03, 3740 calories; expérience CXXVII, injection de (F, 04, 4 730 calories.

Je ferai aussi remarquer la diminution rapide du poids de l'animal. Quoique sur les lapins on voie souvent des oscillations de poids considérables, une diminution de K55 grammes en six jours est assez notable. On comprend bien la raison de cette diminution de poids. Si l'alcaloïde de la coca provoque une dénutrition active, il doit s'ensuivre, en même temps qu'une élévation de température, un certain amaigrissement, puisque c'est aux dépens des tissus que se fait cette production de chaleur exagérée. La cocaïne est donc une substance qui donne la fièvre, qui accélère les fonctions chimiques des tissus par une stimulation du système nerveux. Elle agit comme la piqûre du cerveau, et, quoique le mécanisme soit bien différent, au fond il s'agit toujours d'une stimulation du système nerveux, lequel accélère les fonctions chimiques '.

D'ailleurs, d'une manière générale et sans avoir de preuves absolument démonstratives pour établir une loi rigoureuse, il m'a toujours paru que la quantité de chaleur produite était en rapport avec la température organique. Autrement dit : quand une substance élève la température, elle élève en même temps la production de chaleur. Quand une substance abaisse la température, elle diminue la production de chaleur. La théorie des vaso-moteurs et de leur influence calorifique est sans doute vraie dans ses lignes générales; mais, pour un grand nombre de cas, ce qui détermine le plus ou moins de chaleur, ce n'est pas le plus ou moins de déperdition, c'est la quantité de production. La cocaïne, qui augmente la production, augmente la déperdition. On peut donc approximative-

1. Un chien qui, à l'état normal, m'avait donné (Exp. CX) 4 070 calories, m'a donné, après l'injection de 8 centigrammes de coca'ine (Exp. CX1V), 5 790, chiffre tout à fait considérable, qui est en rapport avec l'élévation de sa température interne, laquelle était de 38°, 9 avant l'expérience, et qui, une heure et demie après, était de U°,6.

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ment savoir, par la température interne, la quantité de chaleur produite; puisque, le plus souvent, quand la chaleur baisse, c'esl que la quantité de chaleur produite diminue; quand la température monte, la quantité de chaleur produite augmente en même temps que la radiation calorique.

J'ai essayé aussi l'action du chloroforme, non pas au point de vue de ses effets après inhalation, mais après des injections sous-cutanées de cette substance.

On sait, depuis les recherches de M. Bouchard et de M. Laborde, que l'injection de chloroforme cà des lapins provoque une sorte de maladie ou d'empoisonnement chronique de l'animal, et que les effets sontbien différents de l'inhalation anesthésique.

J'ai étudié l'action immédiate de ces injections chloroformiques.

Quand on injecte du chloroforme (de 0"T,4 à lgr,2) on n'observe guère que des effets locaux. En particulier, quand on l'injecte dans le nerf sciatique, les effets sont fort intéressants : l'animal témoigne d'une vive douleur quand on lui fait l'injection; une minute ou une demi-minute après, la patte est complètement paralysée, à la fois du mouvement et de la sensibilité. L'animal marche en laissant traîner sa patte. Par suite de la paralysie des extenseurs, c'est la face supérieure 'de la patte qui appuie sur le sol, et non plus, comme à l'état normal, la face plantaire. Il ne semble pas d'ailleurs que l'animal soit bien malade, car il continue à manger et semble se bien porter '.

Le lendemain, la patte est œdémateuse, chaude, non douloureuse par suite de l'anesthésie, et complètement paralysée.

Au bout de cinq ou six jours, on observe des phénomènes trophiques : ulcération des orteils, durcissement de la peau, œdème persistant. La paralysie persiste très longtemps. Au

1. Mes expériences ont porté sur des lapins de plus de 2ks,40l).

bout de trois mois elle n'a pas disparu. Les phénomènes trophiques d'ulcération el d'œdème sont remplacés par de l'atrophie et de l'amaigrissement.

En somme, dans le nerf sciatique l'injection de chloroforme a les mêmes effets, à peu près, que la section du sciatique, avec des phénomènes ulcératifs plus rapides, comme si, conformément à l'opinion de M. Brown-Séquard, l'excitation du nerf amenait plus rapidement des troubles de nutrition que la section de ce nerf.

Au point de vue calorimétrique, voici quels ont été les résultats de ces injections de chloroforme :

calories.

Expérience CXXX. Injection de lgr,.'>, une demi-heure après . 5 060

CXXXVI1I. Injection de 1 gr., un quart d'heure après. 4 400

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