A L'ÉTUDE DE LA CALORIMÉTRIE
chez l'homme
Par M. P. Langlois.
Les recherches sur la production de chaleur chez l'homme par des méthodes de calorimétrie directes sont peu nombreuses, et nous n'avons jusqu'ici que les travaux de Liebermeister, de Leyden, de Kernig et d'HATwiG, dont les procédés ont soulevé de sévères critiques.
Sur les conseils de M. Charles Richet, et avec son calorimètre à siphon, j'ai entrepris une série de recherches sur la radiation calorique de l'enfant.
Ce sont, je crois, les premières recherches de calorimétrie directe totale qui aient été faites sur l'homme.
Ce travail est loin d'être complet. J'ai dû laisser de côté certaines questions présentant cependant un grand intérêt :
telles les questions des vêtements divers, de l'alimentation, des médicaments, principalement des antipyrétiques ; autant de points que l'insuffisance des observations ou l'obscurité des résultats ne m'ont pas permis de traiter actuellement avec assez d'autorité et qui demandent de nouvelles recherches.
Après un court historique de la question et l'exposé technique de la méthode employée, j'indique dans le troisième chapitre les résultats obtenus en étudiant l'influence des causes extérieures, traitant en dernier lieu l'influence de la taille et des modifications apportées dans la thermogénèse par quelques états morbides.
Mes recherches ont singulièrement été facilitées par la bienveillance de M. le professeur Grancher, qui a misa ma disposition les ressources de son service de clinique et de son laboratoire; j'ai pu ainsi poursuivre mes études sur la chaleur pendant deux années consécutives, tout en profitant de renseignement de ce maître dévoué.
Grâce à l'obligeance de M. Sevestre, j'ai pu combler une lacune de mon travail en étudiant les modifications de la thermogénèse chez des enfants élevés au sein. Les expériences faites aux Enfants-Assistés dans le cabinet de AI. Sevestre ont été poursuivies dans d'excellentes conditions et ont complété heureusement les recherches faites dans le service de M. Grancher.
Historique.
L'étude de la chaleur animale date de Lavoisier. « Il était réservé, dit Gavarret, à l'homme qui venait de renverser la théorie surannée du phlogistique de poser les bases inébranlables de la théorie de la respiration et de la
calorification, do cotle môme main qui traçait en caractères ineffaçables l'immortelle monographie de l'oxygène. »
Depuis Lavoisier de nombreux travaux ont été entrepris pour déterminer la quantité de chaleur produite par les animaux, (les recherches peuvent être [rangées en trois groupes suivant la méthode suivie.
Gavarret désigne, sous le nom de méthode directe, celle qu'ont employée Lavoisier1, Dulong2, Despretz3, Regnault et Reiskt*, Andral et Gavahret5, Liebermeister, Frederico1', etc.. ayant pour objet de calculer la chaleur produite par l'être vivant d'après la quantité d'acide carbonique exhalée.
Ces recherches très nombreuses, exécutées à l'aide d'appareils variés et par des expérimentateurs habiles, ne semblent pas devoir conduire au but cherché : la quantité de chaleur produite en un temps donné.
C'est l'opinion de Regnault7, qui s'exprime ainsi : « L'acide carbonique exhalé n'est pas seul à mesurer l'énergie des oxydations de l'organisme. On ne peut par ce moyen se rendre compte de la chaleur produite. Le phénomène est beaucoup plus complexe : tout mouvement se traduit par de la chaleur, toute action chimique donne de la chaleur ou du froid, tout passage dans le sang1 des aliments qui se liquéfient change encore la température. Il ne faut donc pas chercher une mesure de la chaleur engendrée dans le calcul de l'acide carbonique formé.
La deuxième méthode, appelée indirecte par Gavarret, a été employée par Boussixgault8, Lierig9 et Barral10. Cette