Senator, Arch. fur Anat. undPhys., 1872, p
rature constante à l'aide d'un appareil à double enceinte dans laquelle est un liquide entrant en ébullition à une assez basse température (éther sulfurique 35°, aldéhyde 21°).
M. d'Arsonval ' a obtenu un calorimètre à température constante à l'aide d'un régulateur des plus ingénieux et dont les applications multiples me dispensent de donner le dispositif. Ce calorimètre permet de faire des observations d'une très longue durée et de déterminer, sans amener de perturbations dans l'appareil lui-même, des modifications diverses sur l'animal.
Les résultats communiqués par M. d'Arsonval sont malheureusement peu nombreux, et il faut espérer que de nouvelles expériences seront publiées prochainement.
Les expériences nombreuses de M. Wood2 sur les chiens et les lapins ont été faites avec un calorimètre à eau dans le genre de celui de Despretz et de Senator.
Nous avons cité rapidement ces tentatives qui ont toutes été faites sur des animaux, mais nous devons nous étendre plus longuement sur les expériences de Liebermeister et ses élèves Kernig et Hattwig3 entreprises sur l'homme sain et l'homme malade. Ces recherches ont été faites par la méthode des bains et s'appuient sur la possibilité de connaître la production de chaleur en augmentant ou diminuant la perte. De là deux procédés, celui des bains froids et celui des bains chauds, établis d'après les principes suivants :
I. — Quand un corps demeure pendant un certain temps à la même température et qu'en même temps il se trouve dans les mêmes conditions de chaleur, il doit reproduire autant de chaleur
1. D'Arsonval, Travaux du laboratoire de M. Marey, t. IV, p. •iST.
2. Wood, A Study in morbid ami normal Physiology. — Smilhsonian Contribu tions, t. XXIII, 1880.
3. Liebermeister, Deutsch. Arch.,\>. 217; Analyse in Lorain, Études de médecine clinique, t. I, p. 434. — Kernig, Contribution à l'étude de la régulation de la chaleur. Thèse inaug. Dorpat, 1864. — Hattwig, Causes de l'élévation de température dans les fièvres, Thèse inaug. Berlin, 18G0.
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qu'il en perd, si nous déterminons la chaleur perdue, nous connaîtrons la chaleur produite .
II. — Lorsqu'un corps susceptible de produire de la chaleur est placé dans des conditions extérieures telles {bain maintenu à la température du corps) qu'il ne reçoit ni ne perd de la chaleur pendant un certain temps, la quantité de chaleur qu'il crée est êijule au produit des trois facteurs : \" l'élévation de la température du corps, "2° le poids du corps, 3° sa capacité calorifique.
C =T' — ï x P x Pp.
Kkrnig a fait toutes ses observations sur lui-même et trouve les chiffres suivants :
Poids.
Kilog. calories.
De novembre à janvier o7 1,320
De janvier à février .'I.">,7 1,290
Le chiffre de Liebermeister est plus élevé, 1 800 calories.
Hattwig a employé la même méthode, ses observations portent sur des fébricilants ; nous reviendrons sur ces chiffres en parlant des modifications dans la production de chaleur pendant la fièvre.
M. Winternïtz ' a fait de la méthode des bains une critique très fondée Après avoir attaqué les principes mêmes sur lesquels s'appuie la méthode, il montre la difficulté de connaître exactement la température moyenne d'une masse d'eau de 300 litres.
D'autre part, Liebermeister et ses élèves admettent que chaque point du corps a acquis dans l'unité de temps la même température que l'endroit où le thermomètre est appliqué. Cette hypothèse est toute gratuite et ne saurait tenir contre ce
1. Winternïtz, « luflucnci.' des fonctions de la peau sur la température du corps » Wien. Med. Jahrbuch, 1875, p. 1.
simple fait que deux thermomètres identiques ne donnent pas les mêmes chiffres pour les deux aisselles.
M. Leyden1 a borné ses recherches à des observations de calorimétrie locale à l'aide d'un manchon de cuivre rempli d'eau et où l'on introduisait la jambe ou le bras de l'individu en expérience. L'élévation de température de l'eau indiquait la quantité de chaleur dégagée parla partie du corps incluse dans l'appareil. Les causes d'erreur sont encore considérables, et il existe des compensations locales qui peuvent se faire en des endroits très divers et qui interdisent complètement de déduire des chiffres obtenus la quantité totale des calories dégagées.
MM. Sapalsky et Klers2, en 1871 , avaient calculé la chaleur dégagée par des cobayes en mesurant l'élévation de température de l'air renfermé dans un espace confiné. Mais l'étude de la calorimétrie par rayonnement ne date que de l'année 1884.
Dans toutes les mesures calorimétriques que nous venons de passer en revue, les auteurs ont cherché à calculer la quantité de chaleur émise en mesurant soit l'élévation de température del'eau du calorimètre (Dulong,Despretz,Sénator, Woou), ou du bain (Liebermeister, Kernig, Hattwig), soit en prenant le poids de glace fondue (Lavoisier et Laplace). La chaleur spécifique de Teau étant relativement considérable, une erreur, même faible, dans la lecture des températures entraîne une erreur assez forte dans l'évaluation des calories dégagées ou fournies par l'animal. L'air au contraire a une chaleur spécifique très faible, et il était très naturel d'utiliser cette propriété dans les mesures calorimétriques. La calorimétrie à air est cependant de date récente.
MM. Ch. Richet et d'Arsonval, étudiant tous deux à la même époque, et indépendamment l'un de l'autre, la chaleur
i. Leyden, « TJntersuch. uber das Fiebcr » [Deutsch. Arch., V, 1S69, p. 273 ■ 2. Sapalsky et Klebs, cités dans le Jafîresberichte de Hofmann et Sciiwalbe, 1812, p. 183.
animale, imaginaient et présentaient dans la même séance de la Société de Biologie (MO novembre 1884) leur calorimètre à air. Le principe est identique, ia méthode de mensuration seule diffère '.
M. d'Arsonval mesurait la dilatation de l'air à l'aide d'un manomètre compensateur ; il a depuis modifié son appareil, et dans la séance du o avril 1886 il présentait à l'Académie des Sciences son enregistreur automatique qui permet de négliger les modifications de l'air extérieur".
L'appareil se compose de deux calorimètres semblables en communication avec deux cloches légères suspendues à chaque extrémité d'un tléau de balance et plongeant dans l'eau; le fléau porte une plume inscrivant sur un cylindre vertical.
Si un calorimètre reçoit de la chaleur, l'air en se dilatant soulève la cloche correspondante. Si la source de chaleur agit également sur les deux réservoirs, les cloches se font équilibre, et le tléau reste immobile. Les variations de température et de pression sont ainsi annulées.
J'ai utilisé cet appareil pour mesurer les modifications apportées dans la radiation calorique par la section de la moelle à différentes hauteurs chez les lapins et les cobayes; recherches qui feront l'objet d'un mémoire spécial que je compte publier prochainement. Mais ses dimensions ne permettent pas de l'appliquer à l'étude de la chaleur humaine, et toutes mes observations sur les enfants ont été faites avec le calorimètre à siphon de M. Cii. Riciieï.
1. M. Masje, de Mohilew, a fait une série de recherches sur l'irradiation calorique de l'organisme chez l'homme à l'aide d'appareils analogues à ceux de Svanberg et de Bauer. Chaque division de l'échelle galvanométrique correspondant à une irradiation de 0,00001 microcalorie par seconde pour une superficie de 1 centimètre carré. Nous donnons ces résultats dans les différentes parties de cette étude.
Masje, « L'irradiation du calorique chez l'homme », Arch. de Vmcnow, t. CVII. Nous devons l'analyse de ce travail (faite pour les Arch. slaves de biolo(/i<>\ à l'obligeance de notre ami M. de Kervilly.
2. D'Arsonval, Comptes rendus de l'Acad. des Scie?ices, 4 avril 1886.
288 P. LANtiLOIS.
Technique.
Toutes mes observations sur les enfants ayant été prises avec l'appareil de M. Ch. Richet, je renvoie aux passages de son mémoire où il décrit cet appareil et la technique des expériences \
M. Ch. Richet avait trouvé pour l'œuf les chiffres moyens suivants pour une calorie :
Avec coussin o7 ce.
Sans coussin 48 ce.
J'ai ajouté, dans certains cas, un caoutchouc pour préserver le coussin de l'urine. J'ai dû, dans chaque circonstance, recommencer à déterminer l'équivalence du centimètre cube, et c'est d'après ces chiffres, recherchés un grand nombre de fois, que j'ai calculé les quantités de calories.
J'ai employé plusieurs fois un moyen de contrôle particulier : on introduit dans le calorimètre deux lapins du même poids et on calcule la quantité de calories fournies par ces animaux, en prenant pour équivalent calorique du centimètre cube d'eau le chiffre donné par les expériences avec l'eau; si ce résultat concorde avec ceux fournis par les autres appareils, on a ainsi une nouvelle garantie.