Ch. Richet, liull. Soc. de Mol., 13 décembre 1 S 8 i
3. Fredericq, « Régulation de la température » \.\rch. de Biologie, 1882, fasc. III .
P. LANGL01S.
Les tracés I, II, III ont été obtenus directement à l'aide de l'appareil enregistreur à vase compensateur décrit dans le chapitre II, et se rapportant à des enfants de 2, 4 et 7 kilogrammes. Quant au tracé IV, il est calculé d'après les chiffres admis pour l'adulte par les auteurs qui ont déterminé par des procédés divers la quantité de chaleur fournie.
La lecture même du graphique indique les défauts de la méthode
Fig. 73.
Les ordonnées verticales indiquent en minutes le temps écoulé depuis le début de l'expérience. — Les ordonnées latérales représentent la quantité d'eau écoulée à un moment donné (35 centimètres cubes par parallèle). — Toutefois les chiflres de gauche, obtenus en multipliant le nombre de centimètres cubes d'eau écoulés par 67, constante adoptée dans les expériences d'une heure, n'indiquent que la quantité de calories dégagée à la lin de l'expérience.
enregistrante, car j'ai dû, pour les rendre comparables, modifier considérablement ces tracés, le premier surtout ; il faut tenir compte de l'influence de modifications de température de l'air extérieur sur le matelas d'air de la double enceinte, influence qu'il est rarement possible de supprimer complètement.
Dans le tracé I de ce tableau, la ligne pleine donnée par la plume correspond à un certain nombre de centimètres cubes d'eau écoulés qui sont les suivants :
Cent, cubes écoulés.
13 minutes 10 1
1 heure 213
Mais, pendant la durée de l'expérience, la température de la pièce s'esl élevée graduellement, et la lecture du thermomètre donne :
in minutes avant L'observation . . . Au début de l'observation.
t.'i minutes —
i heure
La correction due à la température est indiquée par la ligne pointillée, il faut noter que, l'inscription se faisant par kilogramme d'enfant, et le sujet étant de 2 kilogrammes, toutes les corrections, comme la quantité totale d'eau tombée, citée plus haut, doivent être divisées par 2.
La courbe ainsi rectifiée donne encore un chiffre trop élevé. Outre la production de chaleur, le graphique inscrit aussi la quantité de calorique cédé par refroidissement. La température rectale indique, en effet, un abaissement de 0, '•'•>, soit une perte de ^00 calories par kilogramme.
Quoiqu'il soit impossible d'enregistrer directement la courbe, après la correction du refroidissement, on peut, d'après les observations citées antérieurement et faites sur des enfants placés dans les mêmes conditions, tracer une courbe schématique qui doit s'écarter fort peu de la courbe réelle.
Pour les enfants plus âgés, ayant donné les tracés I, II, il suffit de faire la correction due aux modifications de la température extérieure.
Hypothermie et Kyperthermie.
Tous les pathologistes et les physiologistes s'accordent à regarder la fièvre comme une hyperthermie, et M. le professeur Jaccoud a donné une définition complète et précise de ce processus morbide.
« La fièvre est un état pathologique constitué par l'accroissement de la combustion de la température organique. Parmi les autres phénomènes de cet état morbide, les uns dé-
pendent de cette anomalie première et fondamentale, les autres sont variables et incertains; seule l'élévation de la température est constante et immuable, au point qu'elle suffit pour spécilier et définir la fièvre '. »
Mais, si tous les auteurs admettent, avec quelques modifications, que la fièvre est caractérisée spécialement par une élévation durable de la température, les opinions varient beaucoup lorsqu'il s'agit d'expliquer cette élévation thermique.
La constance de la température normale tient à l'équilibre établi par l'appareil régulateur entre la production de calorique par rayonnement ou évaporation. — Dans la fièvre il y a rupture de cet équilibre, l'observation thermométrique l'indique clairement, mais les variations sont-elles dues à une diminution dans la déperdition ou à une exagération dans la production.
Ces deux opinions ont été soutenues, et on peut réunir en trois groupes les hypothèses et théories construites pour expliquer l'hyperlhermie.
1° La production de chaleur reste normale, mais les pertes
qui se produisent par les surfaces pulmonaires et cutanées
sont diminuées. — C'est la théorie de la fièvre par rétention.
2° Les pertes de chaleur ne sont pas modifiées, mais la
production de calorique est notablement accrue.
3° Une troisième théorie éclectique admet l'augmentation simultanée, mais inégale, de la production et de la déperdition de calorique, de telle sorte que les pertes mêmes augmentées ne suffisent plus à maintenir l'équilibre de la température. M. Traube l, s'arrêtant principalement sur le premier stade de la fièvre, le frisson, explique la fièvre par une rétention, une accumulation de la chaleur normale. Sous l'influence de la cause pyrétogène et par l'intermédiaire du système nerveux, il se produit uneconstriction des vaisseaux périphériques, qui, diminuant la quantité de sang qui circule sous la surface cuta-