TOME VII
P. LA.SSABLIÈRE ET CHARLES RIGHET.
Voici un premier tableau indiquant les quantités de globules blancs par millimètre cube, six heures après Tingestion de viande :
Nombre
Nombre
de leucocytes
de leucocytes
entre
Quantité
en milliers
si la
le nombre
de viande
(absolu)
proportion
absolu
par
par
antérieure
et le croît
Nom des chiens.
kilogr.
millimètre cube.
des leucocj'tes
Mozambique.
Leipzig . . .
Nuremberg .
Berlin*. . .
Barthélémy .
Heidelberg .
Hambourg. .
Heidelberg .
so
Breslau. . .
Villedo* . .
Tatou. . . .
Villedo. . .
Tulipio. . .
Marguerite .
Dahlia . . .
Dayton. . .
Petruccio . .
Un peu aberrant. A éliminer de la moj'enne.
On peut en déduire pour la leucocytose consécutive à l'ingestion de viande crue :
Nombre moyen de leucocytes.
De 15 à 20 grammes de viande par kilogramme. . . 107
De 30 à 30 — — — ... 175
De 80 à 150 — — — . . . 190
A 200 grammes de viande par kilogramme 260
Si nous comparons à ces chiffres ceux que donne l'alimentation par la viande cuite, nous voyons une différence extrême.
LEUCOCYTOSE DIGESTIVE. 179
Viande cuite.
Nom des chiens
Quantité de viande
par ;. kilogr.
Nombre
de leucocytes
(absolu)
par
millimètre cube.
Nombre
de leucocytes
si la
proportion
antérieure
entre le nombre
absolu
et le croît
des leucocytes
Vérone . . .
Modène. . .
Gambie. . .
Palerme. . .
Naples . . .
Castillo, . .
Barbosa. . .
Ce qui donne :
Nombre moyen de leucocytes.
De 30 à 50 grammes par kilogramme 100
De 125 à 160 — — 145
Or, le travail digestif étant sensiblement le même pour la viande cuite et la viande crue, il s'ensuit que ce n'est pas la digestion même qui produit la leucocytose digestive, mais la pénétration des albuminoïdes hétérogènes. La viande cuite n'en peut fournir, car les albumines ont alors été rendues insolubles par la cuisson ; tandis que dans la viande crue, quelques traces des substances solubles, de nature albuminoïde, peuvent passer, sans être attaquées par les sucs digestifs, dans la circulation, et déterminer de la leucocytose tout comme le ferait une injection intraveineuse.
Ces faits comportent une application immédiate à la zomothérapie, si mal comprise, et si imparfaitement appliquée.
En effet, on fait une fâcheuse confusion entre la suralimentation et la zomothérapie. Ces deux thérapeutiques nont aucune similitude d'action. La zomothérapie n'agit pas du tout par la quantité d'azote ingéré et assimilé, mais par l'ingestion de certaines substances déterminées, et sans doute alors par la leucocytose active qu'elle provoque.
En outre, on voit tout de suite que pour cette pénétration la quantité de viande crue ingérée doit être assez considérable, au moins de 30 grammes par kilogramme, ce qui représente, pour un homme de 60 kilogrammes, 1800 grammes. Or, comme on ne peut songer à donner à un malade 1 800 grammes de viande crue en un repas, il faut donner au moins le suc de 1 800 grammes de viande pour obtenir un effet actif.
En outre, il paraît vraisemblable que les phénomènes d'anaphylaxie alimentaire ne se pourront observer qu'après passage dans le sang d'albumines hétérogènes ingérées en assez grande quantité pour déterminer, soit à l'ingestion préparante, soit à l'ingestion déchaînante, un certain degré de leucocytose.