‹ Physiologie; (volume 5)Chapitre 64 sur 93 · TOME VII · texte numérisé non relu

TOME VII

322 P. LASSABLIERE ET CHARLES RIGHET.

dans le grand carré et nous ajoutions la moitié seulement de ceux qui étaient à cheval sur ses bords. Il est évident que les résultats moyens sont d'autant meilleurs que la numération porte sur un plus grand nombre de carrés possible. Nos numérations ont toujours porté sur un minimum de 40 carrés.

La lecture des tables pour calculer les leucocytes par millimètre cube d'après le nombre de globules blancs trouvés, nous permettait d'éviter toute erreur du calcul.

D'ailleurs nos résultats sur des chiens en apparence normaux concordent avec les chiffres trouvés par d'autres auteurs.

Leucocytose chez les chiens normaux.

Chiffres par millimètre cube.

Chez 2 chiens normaux le chiffre trouvé a été 3 875

Résultats trouvés chez des chiens normaux. Moyenne leucocytaire. — Ainsi sur 105 chiens examinés, 86 chiens, soit 83 pour 100 ont eu un chiffre oscillant entre 6975 et 13175 leucocytes par millimètre — 6 ont eu moins de 6975 et 13 ont eu plus de 13175.

LEUCOCYTOSE EXPÉRIMENTALE. 323

En faisant la moyenne générale, on trouve comme chiffre moyen leucocytaire 10075.

Or les chiffres trouvés par les auteurs concordent avec les nôtres. Richter et Spiro ont trouvé 9000 [Arch. f. exp. Pathol. u. Pharmak., 1894, XXXIV, 296). J. Courmont et MoNTAGUARD : 8000; WEirENDORFF 10611 ; Tallqvist et Wil- DERAND 11500; BiEDL et Decastello 12000 (cités par Morat etDoYON, Traité de Physiologie, 1906,1, 693). Hayem indique une moyenne de 10000. La moyenne générale des chiffres donnés par les auteurs est donc de 10200. On ne saurait réclamer une similitude plus parfaite avec celle de 10075 que nous avons trouvée sur un nombre élevé de chiens, qui n'a pas été atteint, croyons-nous, jusqu'à ce jour, par le même expérimentateur.

Bien qu'adoptant le chiffre de 10000 comme moyenne, nous avons toujours considéré comme normaux des chiens ayant un chiffre de leucocytes supérieur à 6000 et ne dépassant pas 13000. Chaque fois que nous avons trouvé chez des chiens neufs des chiffres dépassant ces deux chiffres, c'est-àdire inférieurs à 6000 ou supérieurs à 13000, nous avons considéré ces animaux comme anormaux, et nous ne nous en sommes pas servis. Gela nous est arrivé assez souvent chez des chiens examinés les premiers jours de leur entrée au laboratoire, soit qu'ils fussent fatigués par les courses errantes qui avaient précédé leur capture, soit qu'ils eussent subi un long jeûne, soit qu'ils fussent affectés de leur captivité en des conditions nouvelles. Dans ces cas, les chiffres trouvés étaient manifestement éloignés de la moyenne. Peu à peu cependant, au bout de quelques jours, ces mêmes chiens, qui refusaient à l'arrivée leur pâtée, reprenaient leur appétit et leur gaieté et on constatait au bout d'un temps variable avec chaque chien (environ 6 à 15 jours), que le chiffre leucocytaire était redevenu normal. Il y a là une cause d'erreur qu'on a pu commettre quelquefois et que nous avons tenté d'éviter.

Méthode de calcul. — La veille de l'expérience, c'est-à-

dire de l'injection ou de l'ingestion des différentes substances dont est à étudier l'influence sur la leucocytose, nous faisons sur les chiens choisis une numération qui nous donnait leur chiffre leucocytaire individuel. Le jour de l'expérience, S à 6 heures après l'introduction de telles ou telles substances soit dans le sang, soit dans le péritoine, soit dans le tube digestif, comme il sera dit plus loin, nous faisons une autre mensuration qui donnait le chiffre leucocytaire du même animal immédiatement après l'expérience.

On conçoit que, si le chiffre trouvé la veille sur l'animal normal était toujours semblable au chiffre moyen fourni par l'ensemble des résultats que nous venons d'exposer, soit 10000, nous aurions pu nous contenter d'enregistrer le chiffre absolu trouvé après l'expérience. Mais, comme nous le savons par les chiffres donnés plus haut, les chiens normaux ont un chiffre leucocytaire, individuel, qui peut varier entre 6000 et 13000. Par suite, on est obligé de tenir compte de ce chiffre initial, et le chiffre absolu trouvé doit être corrigé en conséquence. Pour cela, nous avons tenu compte à la fois du chiffre individuel initial, et du chiffre moyen général. Nous avons supposé — assez arbitrairement — qu'il faut donner 50 p. 100 à chacun de ces deux rapports : rapport avec la moyenne générale 10000, rapport avec le chiffre initial individuel.

Exemple. — Supposons qu'un chien ait donné la veille de l'expérience un chiffre initial de 7000 et le lendemain après l'expérience un chiffre consécutif de 21000.

Nous rapportons le chiffre de 21000 à 7 000 soit :

En nous limitant à ce rapport, nous eussions dit que le chiffre obtenu après l'expérience était devenu 3 fois plus fort que la normale, soit 30 000. Mais en réalité, en comparant le chiffre 21000 avec la moyenne générale des chiens, soit

LEUCOGYTOSE EXPÉRIMENTALE. 325

40000, on a un autre rapport 2,1. Nous adoptons comme chiffre définitif :

Autrement dit encore — car il importe de préciser ce point essentiel — soit A le chiffre absolu ; B le rapport, multiplié par 10000, entre ce chiffre absolu et le chiffre antérieur; nous adoptons comme chiffre définitif :

Le chiffre de 25500 est donc un intermédiaire entre le chiffre individuel et le chiffre moyen.

Leucoeytose après ingestion de viande crue ou cuite.

On sait depuis longtemps que l'ingestion des'différents aliments d'origine animale peut provoquer de la leucoeytose (leucoeytose alimentaire). Ch. Cot en 1903 a résumé dans sa thèse inaugurale * les différents travaux antérieurs. Il y a ajouté quelques expériences personnelles, desquelles il résulte que la viande de bœuf, surtout la viande de bœuf crue, provoque une forte leucoeytose digestive. Mais son étude s'est bornée à cette constatation enregistrée sur un très petit nombre de chiens, sans tenter de l'expliquer.

Nous avons repris cette étude en analysant tout d'abord la différence d'action entre la viande crue et la viande cuite. Pour cela nous avons donné à des chiens de la viande de cheval tantôt crue, tantôt cuite.

Voici un premier tableau indiquant les quantités de glo-

1. Contribution à l'étude de la leucoeytose digestive chez le chien normal et chez le chien splénectomisé. (Th. in. Lyon, 1903).

bules blancs par millimètre cube, six heures après l'ingestion! de viande crue :

Viande crue.

Nombre

Nombre

Moyenne

Quantité

de leucocytes.

de leucocytes

entre

de viande

en milliers

si la

le nombre

Noms

par

(absolu)

proportion

absolu et

des

kilogramme

par

antérieure

le croît des

chiens.

(en grammes).

millim. cube.

leucocytes 1.

Mozambique

Leipzig . .

Nuremberg

Berlin 2. .

Barthélémy

Heidelberg.

Hambourg.

Heidelberg.

Breslau . .

Yilledo2. . .

Tatou . . .

Vilfedo . .

Tulipio . .

Marguerite.

Dahlia. . . .

Dayton , .

Petruccio .

On peut en déduire pour la leucocytose consécutive à l'ingestion de viande crue :

De 15 à 20 grammes de viande par liilogramrae.

De 30 à 50 — —

De 80 à 150 — —

A 200 grammes de viande par kilogramme. . .

Nombre moyende leucocytes..

Si nous comparons à ces chiffres ceux que donne l'alimentation par la viande cuite, nous voyons une différence extrême.

1. Pour simplifier nous indiquerons 'seulement ce ciiiifre dans le cours de ce méaioire. Il signifiera le nombre de leucocytes par centième de millimètr& cube de sang : ou, ce qui revient au même, le nombre normal étant 10 000, le rapport p. 100 avec le nombre normal.

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