III. — Injections intra-veineuses (2 cent, cubes
Première injection de crépitine 180
Deuxième injection (après moins de 40 jours) (crépitine, peptone, NaCl) 90
Deuxième injection de crépitine, après 45 jours. . 216
Première injection de peptone 175
Deuxième injection (crépitine, peptone ou NaCl). 100
Première injection de NaCl 150
Deuxième injection (crépitine, peptone ou NaCl). 103-
L'ANAPHYLAXIE ALIMENTAIRE
Par M. Charles Richet.
Historique.
Dès l'année 1902, tout de suite après que l'anaphylaxie eut été démontrée, il a été supposé aussitôt que par les voies^ digestives il pouvait y avoir anaphylaxie. Mais, comme l'anaphylaxie alimentaire est difficile à prouver, variable dans ses effets et dans ses conditions, ce n'est que très tard, en avril 1906, que la réalité de l'anaphylaxie alimentaire a pu être établie par des expériences positives.
C'est, croyons-nous, Rosenau et Anderson qui, les premiers, en ont fait la démonstration positive ^
Ils ont mélangé aux aliments des cobayes du sérum de cheval desséché, et, en éprouvant ensuite par une injection déchaînante de sérum de cheval ces animaux ainsi alimentés, ils ont vu que sur 9 cobayes, il y eut une mort (en 35');
1. A study of Ihe cause of sudden death foUowino- the injection of horse sérum. Hyg, Lahoratory, Washington, No. 29, avril 1906,
400 CHARLES RIGHET.
7 cobayes présentant quelques symptômes et ayant guéri, 1 cobaye indemne. La réalité de l'anapiiylaxie alimentaire était donc établie.
Non seulement le sérum de cheval, mais la viande de cheval, peut anaphylactiser. Sur 23 cobayes alimentés à la viande de cheval, puis soumis aune injection déchaînante, il y eut un mort; 10 furent indemnes, 12 guérirent après avoir présenté des symptômes d'anaphylaxie.
Des expériences en petit nombre (5) furent faites avec l'alimentation à la viande de bœuf: mais les résultats sont incertains, car les cobayes supportent mal cette alimentation, même mélangée à leurs aliments habituels.
Ces résultats, d'après Rosenau et Andekson eux-mêmes, positifs en soi, ont un point très faible, c'est que la quantité de sérum nécessaire pour sensibiliser un cobaye est extrêmement petite, de 0^*^,000001, de sorte qu'une érosion quelconque de la muqueuse est peut-être suffisante pour expliquer le passage dans le sang de cette niinuscule quantité d'antigène, sans qu'il soit possible alors d'invoquer une anaphylaxie alimentaire véritable.
A partir de 1907 les expériences et observations sur l'anaphylaxie alimentaire se multiplient. Nous allons les étudier brièvement.
A cet effet nous diviserons cette étude en deux parties, connexes, mais distinctes ; l'anaphylaxie alimentaire expérimentale, et l'anaphylaxie alimentaire en clinique médicale.
Définition de l'Anaphylaxie alimentaire.
Anaphylaxie alimentaire peut s'entendre de deux manières : à savoir, soit l'anaphylaxie par des aliments, soit l'anaphylaxie par absorption digestive.
Or le mot d'anaphylaxie alimentaire ne peut vraiment
L'ANAPHYLAXIE ALIMENTAIRE. 401
s'appliquer aux aliments introduits par voie parentérale. Qu'on injecte du sérum, ou du lait, ou du suc musculaire dans la veine, c'est toujours à peu près le même phénomène, et il importe assez peu que le lait et le suc musculaire soient alimentaires, tandis que le sérum ne l'est pas. Ce qui caractérise vraiment Vana'phylaxi-: alimentaire^ c'est que V antigène ^ quel qu'il soit, alimentaire ou non, a été introduit par le tube digestif, pour être soumis à l'action des sucs digestifs, et ensuite absorbé par la muqueuse g^astro-intestinale .
Quoique l'actino-congestine ne soit pas alimentaire, quand un animal a été anaphylactisé après ingestion de congestine, on peut parler d'anaphylaxie alimentaire. Quoique le lait soit un aliment, l'animal qui a été anaphylactisé par injection intraveineuse de lait, n'est pas en état d'anaphylaxie alimentaire.
Il faut donc résolument mettre en dehors de l'anaphylaxie alimentaire les cas dans lesquels des substances quelconques (alimentaires ou non) ont pénétré dans le sang par des voies digestives. De même il faut faire rentrer dans l'anaphylaxie alimentaire les cas dans lesquels des substances quelconques (alimentaires /OU non) ont pénétré dans l'organisme par l'absorption dans les voies digestives.
Ici encore trois modalités se présentent, selon qu'il s'agit de l'ingestion préparante ou de l'ingestion déchaînante.
Nous appellerons donc :
A. A. Alimentation préparante suivie d'alimentation déchaînante.
A. 1. Alimentation préparante suivie d'une injection déchaînante.
I. A. Injection préparante suivie d'une alimentation déchaînante \
De fait l'anaphylaxie alimentaire est totale (A. A.) quand
1. Voir plus haut Ch. Richet, L'Anaphylaxie alimentaire par la crépitine.