UN NOUVEAU TYPE D'ANAPHYLAXIE
Voici un tableau qui indique nettement cette absence de leucocytose. (Soit la leucocytose égale à 100 avant la chloroformisation.)
Nombre Nombre
des des
observations. leucocytes.
Pendant l'aneslhésie VIII 100
Après 1 jour IV 100*
Après 2 jours IX 100 ^
Après 3, 4, 5 jours VI 101
Après 6, 7, 8, 9 jours VII 95
Après 10-16 jours V 94
Après 17-28 jours V 92
2" Les chiens chloroformés une seconde fois, après un intervalle moyen de 12 jours (17-28) entre la première et la seconde chloroformisation, présentent toujours une très forte leucocytose.
Nombre Nombre ,
des des
observations. leucocytes.
Pendant l'anesthésie VIII 88
Après 1 jour IV 146
Après 2 jours VII 182
Après 3-4 jours VIII 180
Après 0-6 jours IV 210
Après 7-10 jours VIII 208
Après 10-15 jours IV 198
Après 20-30 jours VII 119
Remarquons que ces expériences sont très homogènes, ce qui est assez exceptionnel dans toute étude sur la leucocytose. De sorte que nos moyennes sont légitimes et permettent une conclusion très ferme, à savoir : que la première chloroformisation ne provoque pas de leucocytose, tandis que la seconde en provoque toujours.
C'est là un phénomène vraiment imprévu, sur lequel
1. En éliminant un chien qui a eu une forte leucocytose. En l'introduisant dans la moyenne, on aurait 114.
2. Sans élimination. Mais, en éliminant un chien qui a eu un chiffre exceptionnel, on aurait le chiffre 92, moyenne plus vraie que 104.
il convient d'appeler l'attention, car jusqu'à pre'sent on n'avait pu constater l'anaphylaxie par les substances non colloïdes.
3° Tout d'abord, on doit se demander s'il est légitime d'appliquer ici le mot d'anaphylaxie. En effet, ni à la première, ni à la seconde chloroformisation, on ne voit apparaître aucun des symptômes habituels de l'anaphylaxie; ni prurit, ni diarrhée, ni vomissement, ni abaissement de la pression artérielle. De plus, l'anaphylaxie amène un choc anapJiy lactique violent, presque immédiat, succédant immédiatement à la seconde injection (injection déchaînante). Ici, rien de semblable.
Mais ce n'est pas une raison pour nier qu'il s'agisse ici d'anaphylaxie. Car ce qui caractérise essentiellement l'anaphylaxie, c'est, par définition même, (\\xime seconde intoxication est plus toxique qiiune première (après une certaine période d'incubation) : et cela, quels que soient les symptômes, quel que soit le mécanisme, Or, dans le cas actuel l'évidence d'une sensibilité plus grande à la seconde inhalation chloroformique est éclatante, incontestable. Donc, il s'agit d'un phénomène d'anaphylaxie.
4° Mais cette anaphylaxie est tout à fait différente de celles qu*on avait observées jusqu'ici.
a. Elle est tardive, au lieu d'être immédiate; le maximum d'action a lieu aux sixième et septième jours après l'injection déchaînante, et l'on ne peut pas constater de choc anaphylactique.
b. Elle ne manifeste que la production d'une leucocytose intense et prolongée et les symptômes habituels, autres que la leucocytose, font défaut.
Nous croyons donc nécessaire d'admettre alors un type d'anaphylaxie tout à fait particulier, qui ne rentre pas dans le cadre des anaphylaxies jusqu'à aujourd'hui étudiées.
5° L'hypothèse la plus vraisemblable pour expliquer cette leucocytose tardive, c'est que le chloroforme en soi