‹ PhysiologieChapitre 173 sur 190 · DE L’ANAPHYLAXIE DANS L’INTOXICATION PAR LA COCAINE · texte numérisé non relu

DE L’ANAPHYLAXIE DANS L’INTOXICATION PAR LA COCAINE

ÎJ. — MÉTHODE GÉNÉRALE.

J'ai essayé de voir sur des chiens quels étaient les effets de l’apomorphine injectée à diverses reprises”. Il serait en effet très important de vérifier, avec des poisons cristallisables, et de pureté chimique irréprochable, les phénomènes d’anaphylaxie que j'ai démontrés pour des poisons animaux, de pureté toujours problématique, tels que la congestine extraite des actinies ou des moules. Mais l’apomorphine ne m'a donné que des résultats assez médiocres. Aussi ai-je pensé à étudier la cocaïne, d'autant plus qu’Apucco avait noté l’action plus intense de la cocaïne quand on en répète l'administration à court intervalle *. Mais il n’a pas décidé la question de savoir si cette action plus intense dépendait d’une accumulation de la substance toxique dans l'organisme.

Pour cette étude toxicologique j'ai pris la voie péritonéale. Eten effet l'injection d’une solution récemment préparée, chlorhydrate de cocaïne à 1 gr. de 100,ne provoque jamais d'accidents péritonéaux. On peut graduer la dose injectée avec une très grande précision.

I s'agissait d'abord de déterminer ékésionb la dose

1) Anaphylazie par injections d'apomorphine. Bull. de la Soc. de Biologie,

2) Arch. it. de Biol. 1894, XX, 32-

ANAPHYLAXIE. 475

toxique. Or la cocaïne a cet avantage de permettre l’établissement de deux étapes pour ainsi dire dans la dose toxique; la dose convulsive, et la dose mortelle. Je rappellerai qu’en étudiant l’apomorphine, j'ai pris pour type de son action la dose émétisante, distincte de la dose mortelle, et qu'on peut caractériser avec une extrême précision.

Mes expériences ont été faites sur des lapins et des cobayes. Les chiffres que je donne se rapportent tous à un kilogr. du poids de l’animal.

Les effets de la cocaïne injectée dans le péritoine sont rapides. Chez le lapin, les convulsions {si elles doivent se produire) se manifestent au plus tard 8 minutes après l’injection. Mais le plus souvent elles éclatent plus tôt : 4 ou 5 ou 6 minutes après que l'injection a été terminée. Dans certains cas même, c'est au bout de 1° 30”. En général, quand il s’agit de comparer sur des lapins différents l'effet d'une même dose, la mort survient dans les cas où les convulsions se sont plus rapidement produites, soit parce que l’absorption du poison par le péritoine a été plus active, et n'a pas permis une graduelle élimination, soit parce que la susceptibilité de l'animal était plus grande.

Jamais je n'ai observé de convulsions chez les lapins qui, au bout de 8 minutes, n'en avaient pas encore présenté.

Ces convulsions, parfois extrêmement violentes, ne se terminent pas toujours par la mort. Au bout de 20 à 35 minutes, peu à peu l'animal reprend son équilibre, et se rétablit complètement. Mais dans d’autres cas, et, bien entendu, selon la dose, il se produit une dernière convulsion très violente; la respiration ne se fait plus, et l’asphyxie cardiaque entraïne l’arrêt du cœur.

Il est très rare que, lorsque les convulsions ont cessé, l'animal ne se rétablisse pas complètement. Il est plus rare encore (je ne l'ai observé qu’une fois) que le lapin meure dans la nuit qui suit l'injection, sans avoir présenté de crises

convulsives.

Chez les cobayes les phénomènes sont les mêmes; mais avec quelques nuances dans le processus toxique. Les convulsions se produisent un peu plus tardivement; en général 7 ou 8 minutes après l'injection. Quelquefois même c'est seulement au bout de 16 minutes qu'il y a de vraies convulsions. Elles sont précédées par un état de réflectivité exagérée qui dure quelques minutes, avant que la crise convulsive, qui met l'animal sur le flanc, et précipite sa respiration, ait nettement apparu.

Les convulsions du cobaye, plus tardivement apparues, sont aussi plus lentes à disparaître. Il faut souvent attendre une heure pour que le cobaye convulsé ait repris son équilibre.

Enfin, plus souvent que chez le lapin, la convulsion se termine par la mort. L'écart entre la dose convulsive et la dose toxique est moindre chez le cobaye que chez le lapin.

Les effets sur la nutrition générale sont très différents. Les lapins supportent très bien l'injection de cocaïne dans le péritoine ; ils continuent les jours suivants à manger et à augmenter de poids, tandis que les cobayes dépérissent.

Voici les poids, rapportés au poids initial — 100 de cinq lapins, pesés de 5 jours en 5 jours.

Lapins.

Injection de cocaïne au premier jour.

NME ENS PE N° 3. No 4, N°5. Moyenne.

gr. gr. gr. gr. gr. gr.

IÉJOUR 0: «1 AUDE AO 100 100 100 100 Der ei VAR MTS Te 111 104 109 112 Dr Ur ", MAS TES 118 115 114 121 15 — 144 135 129 119 424 4130

Poids primitif absolu. 720 880 41135 1635 1335 »

Il est vrai que ces lapins n'étaient pas adultes; mais les cobayes ne l’étaient pas non plus.

Page 1