‹ PhysiologieChapitre 89 sur 190 · COMPOSITION CHIMIQUE DES TENTACULES D'ACTINIES · texte numérisé non relu

COMPOSITION CHIMIQUE DES TENTACULES D'ACTINIES

Pour 133 gr. P. 100.

Mare GHÉANIQUES EL, ..., er « 00 4,90 pals (cendre MINéPAlS) - , … … . . se + . à 44) 3,30 Cendre insoluble dans l’eau et l’acide azotique. 0,85 0,64

Lorsque l’on broie ces tentacules d’actinies avec une solution aqueuse d’un sel, de fluorure de sodium par exemple, il se dissout une grande quantité de sels, des matières albuminoïdes et une matière colorante fluorescente, rouge par transparence et d’un magnifique vert par réflexion. Cette matière fluorescente n'existe pas en proportions identiques dans les actinies de différentes origines.

C'est ainsi que les actinies de l'Atlantique, pêchées à Penmarch, sont incomparablement plus fluorescentes que les actinies de la Méditerranée pèchées à Banyuls ou à Carqueiranne.

Les actinies épuisées par l'alcool cèdent tout d’abord une première matière colorante rouge, très soluble dans l'alcool, insoluble dans l’eau. Il reste alors un magma semi-élastique, richement coloré en vert, qui, traité par l'alcool, cède une partie de cette matière colorante. Il est plus facile, lorsqu'on veut l'obtenir, d'épuiser les masses résiduaires par l’éther où elle se dissout très facilement.

On dissout, en même temps, une graisse qui y est intimement associée. L'évaporation de l’extractif éthéré laisse finalement comme dépôt cette graisse verte. On peut toutefois reconnaître l’individualité de la matière colorante et de la matière grasse. En effet, des épuisements fractionnés à l’éther, enlèvent la matière colorante verte de préférence à

la substance grasse.

Le résidu final est enfin constitué par une substance d’un

gris verdâtre, analogue à la fongine des champignons, semiélastique, fibreuse, molle, azotée, insoluble dans la plupart des réactifs, dissociable néanmoins par les alcalis caustiques en une matière azotée, complètement insoluble, et des matières azotées et hydrocarbonées solubles.

Parmi les substances albuminoïdes ou azotées qui forment la partie soluble dans l’eau des tentacules d’actinies, les unes sont coagulables par la chaleur, les autres, non coagulables, et parmi celles-ci il en est de solubles dans l'alcool concentré, d’autres, au contraire, sont complètement insolubles même dans l’alcool étendu.

C'est en s'appuyant sur ces différentes réactions que l’on peut tenter d'effectuer l'analyse immédiate de ces tentacules et la séparation de leurs principes constituants.

Il. — ÉTUDE GÉNÉRALE DES DIFFÉRENTS PRODUITS TOXIQUES CONTENUS DANS LES'"TENTACULES D'ACTINIES

a) Effets physiologiques globaux de l'extrait alcoolique. — Lorsque l’on cherche à séparer les différents produits toxiques que renferment les tentacules d’actinies, on peut et on doit mettre en usage la propriété que possède l'alcool de dissoudre quelques-uns d’entre eux et d’en précipiter au contraire un certain nombre d’autres.

Les tentacules d’actinies conservés dans l’alcool donnent naissance à un magnifique liquide rouge orangé, filtrant avec facilité, tandis que les tentacules se séparent en une masse semi-visqueuse, semi-élastique.

C'estsous celte forme que nous sont parvenues en grande. partie les matières premières qui ont servi à nos expériences. La quantité d'alcool à 95° employé était d'environ 1 litre par kilogr. de tentacules.

Le liquide tient en dissolution une énorme quantité de chlorure de sodium et des matières azotées dont quelques-

unes coagulent par la chaleur tandis que les autres demeurent inallérées. Nous trouvons encore en solution les mabières colorantes parmi lesquelles la matière colorante rouge orangé, et la substance verte, cette dernière peu soluble d’ailleurs.

L'action de l'extrait alcoolique sec global amène des troubles respiratoires, une congestion intense de l'intestin, des phénomènes de prurit.

Dans une première expérience nous avons pu ainsi traiter un mélange de # kilogrammes d'actinies avec 4 kilogrammes d'alcool. Le liquide soigneusement filtré était évaporé dans le vide et le résidu encore un peu sirupeux apparaît comme une masse brune hétérogène dans laquelle se distinguent en particulier des cristaux de chlorure de sodium.

Ce produit redissous dans l’eau donne naissance à un liquide rouge grisâtre, trouble, filtrant mal.

Injecté à un chien, il est mortel à faible dose.

Série À

25 grammes d'extrait sont dissous dans 500 grammes d’eau, soit 0,05 par cc.

I. — Un chien de 7 kilog. recoit 21 ce. soit 3 par kilog. de la solution ainsi préparée répondant à 0,15 d'extrait.

Pendant une demi-heure environ, le chien se promène inquiet, se grattant parfois, avec fréquemment des éternuements violents et répétés. La respiration est très difficile; le diaphragme presque immobile ne présente de temps en temps que de véritables secousses musculaires; puis surviennent quelques vomissements. Enfin il à brusquement une convulsion tonique générale et tombe sur le flanc, la tête rejetée en arrière. Les oreillettes battent encore, mais les ventricules sont arrêtés. L'animal fait encore de grandes inspiratiôns, accompagnées, dans cet état, de vomissements.

A l’autopsie, on trouve un sang très coagulable; les intestins apparaissent très rouges, mais la vascularisation intense que l’on y observe n’est qu’extérieure et n'intéresse pas la muqueuse.

II. — Un chien de 11Ki1,600 recoit d’abord 6 ce. puis 21 cc. de la même solution, soit en tout 08r,135 d’extrait par kilogramme de chien. L'animal est immédiatement pris de convulsions toniques, puis arrêt

respiratoire. On pratique la respiration artificielle par compression du thorax, mais celle-ci est inefficace, et le chien meurt.

A l’autopsie on trouve une énorme congestion de l'intestin avec hémorragie intrapéritonéale.

IT. — Un chien de 8 kilog. recoit 16 cc. de la même solution soit 0,10 d'extrait par kilog. Il est pris immédiatement de vomissements et de défécation. puis il éternue et se gratte. Il se remet peu à peu, mais les démangeaisons persistent. Il survit le lendemain.

IV. — Un chien de 11Ki1,500 reçoit 23 cc. de la même toxine, soit 0,10 d'extrait par kilog. L'animal est immédiatement très malade avec vomissements et défécation. Malgré l'épuisement dans lequel il se. trouve, les démangeaisons sont assez vives pour obliger l'animal à se gratter : il présente de la paraplégie avec contracture du train postérieur. Il défèque sous lui; ténesme rectal. L'animal enfin pousse des hurlements douloureux et prolongés. Au bout de trois quarts d'heure tous ces phénomènes s’amendent et l'animal semble se remettre; il survit le lendemain.

V. — Une chienne de 11 kilog. reçoit 11 ce. de la même solution; soit 0,05 par kilog. L'animal est pris immédiatement après l'injection de convulsions cloniques intéressant le train postêrieur. Lorsqu'il marche, il y a incoordination dans les mouvements des pattes correspondantes. Ces phénomènes sont accompagnés d'angoisse respiratoire. Défécation. Enfin l'animal est en proie à des démangeaisons extrêmement intenses ; il est pris d’éternuements violents et répétés. Survit.

En résumé, cette première expérience sur la toxicité des principes solubles dans l'alcool peut être représentée de la facon suivante :

Série A.

gr.

Lister EME eo EN LPEN MIE Mort.

LI}: des 49 0008.22 NAS = LL ee senc ACTION Survit.

AV EE EN MO = Vi 4 SO CON —

Cette première expérience nous montre déjà l'existence de trois sortes de manifestations :

1° Détermination de prurit intense amenant chez l’animal des grattements etdes éternuements violents et répétés,

Le.

2° Congestion intense des viscères et en particulier de l'intestin avec ténesme et diarrhée;

3° Une action cardiaque amenant la mort par arrêt du cœur.

Nous avons cherché par de nombreuses méthodes à dissocier ces différents effets en séparant les uns des autres les principes qui les provoquent.

b) Étude systématique de l'extrait alcoolique. — L'extrait alcoolique très sirupeux, presque solide que nous avons obtenu précédemment par évaporation de l'alcool d’épuisement des actinies, est partiellement soluble dans l'alcool à 95°. La proportion soluble représente environ 10 p. 100 de la masse totale.

Le liquide obtenu est fortement coloré et très riche en sels. On évapore l'alcool dans le vide et on dissout le résidu dans l’eau.

Série B

[. — Un chien de #4 K,2 recoit le produit provenant de l'épuisement par l'alcool à 95° de 10 grammes d’extrait, soit environ { gramme de substance solide débarrassée de l'alcool et redissoute dans l’eau.

Immédiatement après l'injection, le chien est très malade, avec vomissements, défécation et quelques démangeaisons; il se couche sur le flanc, mourant, et dans un état de demi-contracture généralisée au corps tout entier.

Une heure après l’injection, il est insensible avec une température de 34°,9; il meurt 1 heure 1/2 après le début de l’expérience.

A l’autopsie, on trouve un foie gros et des intestins extrêmement congestionnés.

Le produit restant de l'épuisement des 10 grammes d'extrait initial par l'alcool à 95° est redissous dans l'alcool à 30 p. 100, puis filtré et l'alcool chassé par évaporation dans le vide. On le ramène à une dilution telle qu'un ce. correspond à 0£,1 d'extrait initial.

IL — Un chien de 9%5,5 recoit 35 ce. de ce liquide. Il est immédiatement pris d’éternuements répétés, puis quelques convulsions, et meurt au bout de deux minutes par arrêt du cœur.

224 A. PÉRRET.

A l’autopsie, les intestins commençaient à se congestionner et l’on constate quelques ecchymoses sous-endocardiques.

D'autre part, nous avons essayé de redissoudre une petite fraction de la masse totale dans l’eau et de la précipiter par sept fois son volume d'alcool. Le précipité ainsi obtenu est complètement soluble dans l’eau.

La solution est préparée de telle sorte que 1 ce. correspond à 1 décigr. de l'extrait alcoolique solide initial.

IE. — A un chien de 545,2 on fait une injection de 10 cc. du liquide précédent.

Assez malade ; présente quelques phénomènes de contracture allant presque jusqu’à de la paraplégie; mais il se remet rapidement, et une heure après le début de l'expérience, il est gai, vif, bien portant et re présente pas de phénomène de prurit.

IV. — Un chien de 13K8,6 recoit du même produit 25 cc.; puis une demi-heure après, 15 cc., soit en tout une quantité correspondant à « 4 grammes de l'extrait alcoolique initial, soit par kilog. une quantité correspondant à 08r,3 de ce même extrait.

Le chien a de la diarrhée sanglante allant presque jusqu’à l’hémorragie rectale.

Ces quelques essais préliminaires, faits sur de petites quantités, nous ont permis de poursuivre plus loin le frac- : tionnement de la masse totale de l'extrait.

Le poids en était de 300 grammes environ (exactement 295). |

+. Cette masse est reprise par l'alcool à 95° et l’épuisement est fait aussi méthodiquement et aussi complètement que possible, bien que la présence d’une grande quantité de chlorure de sodium gommeux gène cet épuisement. L'alcool est évaporé, le résidu est repris par l’eau distillée.

Le liquide total représente 900 ce. et, par suite, 4 ce. représente 0,33 de l'extrait primitif. Soumis à l'analyse, il renferme 1,28 d'azote par litre.

Série C.

1 — Un chien de 10K,5 recoit 5 ce. 5 de ce liquide, soit 0,16 par kilog. de l'extrait alcoolique primitif.

Il présente des démangeaisons prodigieusement fortes, secoue la tête avec frénésie. Son agitation est extrême; il présente une toux très forte, rauque, et des éternuements violents. Enfin, survient une diarrhée sanglante, puis les phénomènes s’amendent et le chien survit.

IT. — Chien de 12K,4. Recoit 12 cc. de ia même solution, soit 0,32 par kilog. L'animal ne donne comme symptôme que des éternuements répétés.

IT. — Chien de 9 kilog. Reçoit 9 ce. du même liquide, soit 0,33 d'extrait par kilog. La mort est presque immédiate et suit quelques convulsions cloniques très courtes. La respiration artificielle a paru prolonger sa vie pendant une ou deux minutes. Les intestins sont très . rouges avec hémorragie péritonéale.

IV. — Chien de 75,7. Recoit 10 cc. de liquide dilué de son volume d’eau, soit 0,46 par kilog. Vomit dès le début de l'injection, puis apparaissent des démangeaisons, en particulier sur la face et dans les yeux. La mort est très rapide, les intestins sont rouges.

V. — Chienne de 13K8,500. Recoit 25 cc. de la même solution, soit 0,61 d'extrait par kilog. L'injection faite lentement entraîne chez l’animal, au bout de 5 cc., des démangeaisons extrêmement violentes. L’injection terminée, on constate une rougeur intense de la muqueuse buccale, des démangeaisons extrêmement vives, l'animal se gratte avec énergie, puis il meurt brusquement par arrêt du cœur. A l’autopsie, les intestins sont très congestionnés; pas de caillot dans le cœur.

VI. — Chien de 14K8,200. Reçoit 40 cc. de la solution, soit 0,95 d'extrait par kilog. Une minute après l'injection, arrêt du cœur. A l'autopsie, pas de caillot dans le cœur; sang très liquide se coagulant bien. Immédiatement après la mort, les ventricules sont absolument immobiles, les oreillettes battent bien, les intestins ne sont pas congestionnés.

VIL. — Chien de 7 kilog. Reçoit 20 ce. de liquide dilué dans 40 cc d’eau, soit 0,95 par kilog. Phénomènes habituels de diarrhée et d’éternuements. Mort par arrêt du cœur. Les respirations agoniques se prolongent très longtemps.

Page 1