‹ Physiologie de l'aéronauteChapitre 22 sur 52 · CS DA LR PL EE · texte numérisé non relu

CS DA LR PL EE

La pression osmotique H — — 072

= pression barométrique.

« Ces trois exemples ont été choisis parmi les types de vertébrés à températures et à concentrations moléculaires bien différenciées. »

Il résulte de cette note, que la pression osmotique animale et la pression barométrique sont égales et varient dans le même sens.

Par conséquent, à la même température, l'animal et l'atmosphère doivent avoir la même pression. Bardel ajoute que le produit de la température par la concentration, divisé à son tour par la pression, est un nombre constant, le même pour tous les animaux, pour l’atmosphère à toutes les altitudes, enfin pour toutes les solutions aqueuses, gazeuses ou autres.

Ces divers travaux éclairent la question de la pression artérielle en ballon. Pour élucider plus complètement le rôle de certains facteurs, Lapicque a profité d’une ascension aérostatique, en juillet 1904, et a pris des graphiques de pressions artérielles et veineuses. Voulant dégager plus clairement le rôle des phénomènes vaso-moteurs sur la pression vasculaire, Lapicque avait imaginé le dispositif suivant :

« Deux tubes en U, disposés comme tous les manomètres à mercure physiologiques, portent à leur partie inférieure une tubulure qui permet de les faire communiquer ; cette communication établie, le niveau du mercure s’égalise dans les deux branches ouvertes ; les deux branches reliées aux vaisseaux fonctionnent comme un manomètre différentiel. Si on met en relation le bout central d’une artère avec un des tubes en U et le bout périphérique avec l'autre, on peut lire à chaque instant la valeur absolue de la pression dans chaque bout de l'artère, par la dépression du niveau du mercure dans la branche correspondante par rapport au niveau libre, mais, en outre, l'attention est tout de suite attirée sur le phénomène vaso-moteur s’il s’en produit un dans le domaine de l’artère considérée, par une augmentation où une diminution de l'écart entre les niveaux des deux branches en relation avec le sang.

« Le chloralose offre un moyen extrêmement commode d’immobiliser l'animal, sans avoir besoin de respiration artificielle et

sans altérer, comme on sait, l’innervation vaso-motrice. Dansces

conditions, j'ai pu obtenir une bonne observation de la pression carotidienne, c’est-à-dire de la circulation céphalique sur un chien, dans l'ascension du 6 juillet.

Chien, 12 kilogrammes. À 10 heures, injection dans la saphène d'une solution tiède de chloralose dans l’eau salée physiologique, 2 grammes de chloralose pour 250 centimètres eubes de liquide ; injection,150 centimètres cubes.

A {1 heures, l'animal hien endormi du sommeil spécial de la chloralose, est fixé sur le dos sur une planche accrochée horizontalement sur le bord de la nacelle, extérieurement ; le manomètre est mis en relation avec les deux bouts de la carotide gauche.

Au départ du ballon, qui se fait avec une grande douceur, aucun change-

ment dans la pression d’un côté ni de l’autre. En 40 minutes, nous attei gnons l’aititude de 2.700 mètres. Il n’y a eu aucune modification. J'ai deux fois nettoyé la canule du bout périphérique, craignant que cette fixité absolue ne fut causée par un caillot (avec le dispositif différentiel, le pouls du bout central se fait sentir d'un côté comme de l’autre, de sorte qu'on ne serait pas prévenu de la coagulation du bout périphérique par l’immobilité de la colonne de mercure correspondante) ; à ce moment, baisse de 10 à 15 millimètres dans le bout central, le bout périphérique sans variation ; puis la pression centrale remonte et la pression périphérique baisse progressivement. L'animal s’agite un peu et gémit, injection de 30 centimètres cubes de solution de chloralose, qui ne produit aucun accident visible dans la marche de la pression.

- Nous avons dépassé 3.000 mètres. Les deux pressions restent un moment stationnaires, gardant l'écart entre elles qui vient de se produire ; puis les deux pressions baissent ensemble, la périphérique un peu plus vite ; à 1 heure, l’animal est sacrifié.

Voici les chiffres notés pendant cette observation ; il faut dire que du moment d'une notation au moment qui précède la notation suivante, il ne s’est produit aucun changement ».

Pression

heure Altitude Température centrale périphérique AE RTS ANNEE AN 0 m. 240 16-17 11.5-12 AMAR OEM 2.700 15° 15 41.5-12

OL A PETER 3.000 13° 15,5 11.5 LANRE SONT 3.150 14 16-17 it AHSA TO 3.300 1le 16.5 10.5 12h10 5 SES 3.200 120 16 10.5 DARMOUIMRAEE2E 3.250 12e 15-15.5 8.5 1h. 3.400 {2° 15-15.5 8.5

En examinant le tableau ci-dessus, on constate d’abord, au bout de 40 minutes d’ascension et à l'altitude de 2.700 mètres, une légère diminution de la pression centrale. Lapicque la croit produite par une vaso-dilatation abdominale. Il y a en même temps vaso-constriction céphalique , puis rapidement vaso-dilatation

céphalique assez marquée et persistante : en même temps, la pression générale revient à son niveau.

Ea conclusion, Lapicque est disposé à admettre la vaso-dilatation céphalique comme un phénomène normal dans les ascensions en ballon. A l'appui de cette proposition, l'auteur rappelle que les chiens non anesthésiés deviennent somnolents aux environs de 3.000 mètres, et que, d'autre part, lès aéronautes éprouvent parfois, lorsqu'ils se baissent pour prendre du lest dans la nacelle, une impression de vertige caractéristique de la lègère congestion de la face. Nous avons nous-même ressenti une sensation analogue en ballon à l'altitude de 3.200 mètres.

Enfin il n'existe aucune influence directe du changement de pression atmosphérique sur la valeur relative de la pression sanguine.

C’est à l'action chimique de l’atmosphère que Mosso attribue, de son côté, l’action sur l’organisme. En examinant la pression sanguine à l’altitude de 4.500 mètres, Mosso ne trouve, quand la fatigue est exclue, aucune différence avec la normale. Il est même arrivé, en plaçant des chiens sous la cloche pneumatique, à réaliser une pression de 128 millimètres de Hg correspondant à l'énorme altitude de 14.200 mètres, sans que la pression du sang diffère sensiblement de la normale. Ces faits sont en opposition avec ceux que nous avons exposés jusqu ici.

Pour terminer cette étude, nous rappellerons qu'Henri Petit indique la fatigue comme étant la cause du retard dans l’abaissement de pression pendant les ascensions de montagne, tandis que,

dans les descentes, il y a un abaissement de pression qui précède la fatigue. Cet abaissement serait plus ou moins compensé au début, mais il augmente ensuite avec la fatigne. Ces dernières expériences pourraient donc être rapprochées des observations antérieures.

Nous signalerons enfin la note de Gastou qui, lui, trouve une notable augmentation de la tension artérielle en, ballon. Les chiffres s'élèvent de 14 et 15 à 22 et 26 quand l'altitude de 1.600 et 1.800 mètres est atteinte. Chez les deux sujets l'écart est également considérable entre le chiffre obtenu au départ et celui de l'altitude maxima.

Nous avons voulu rechercher, à notre tour, les variations de la pression artérielle à terre et en ballon. Dans une première ascension, le D’ Crouzon a pris notre tension artérielle avant le départ et à l’altitude de 3.200 mètres. Ces chiffres ont été comparés à ceux qui avaient été obtenus deux jours et quatre jours avant l'ascension à la même heure et dans des conditions analogues.

Dans une seconde ascension que nous avons faite en compagnie des D'° Crouzon et Le Play, la tension artérielle a été prise sur chacun de nous à terre et à l'altitude de 4.100 mètres, niveau bien inférieur à celui auquel l'examen avait été effectué pendant notre premier voyage en ballon.

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