‹ Physiologie de l'aéronauteChapitre 35 sur 52 · ORGANES DES SENS SON NE PA PE PE M RE RES · texte numérisé non relu

ORGANES DES SENS SON NE PA PE PE M RE RES

et de la paracousie, ou diminution de l'audition aérienne avec développement de l'audition osseuse, Si, au contraire, le ballon continue à monter, la surdité est plus nette ; des battements vasculaires, des bourdonnements surviennent, qui sont dus à la tension de l'air dans l'oreille moyenne et au refoulement de la membrane tympanale en dehors ; la sensibilité à la trépidation est exagérée. Remarquons dès à présent que les mêmes accidents se produisent, et plus fréquemment, pendant une descente ra pide.

Quant à la compensation labyrinthique, elle est moins rapide, et ses limites sont plus étroites. La vaso-constriction ou la vasodilatation des vaisseaux sinueux du labyrinthe suffisent à la rétablir.

Durant son ascension, Bonnier recherche le moment auquel apparaissent ces différents symptômes. La montée de l’aérostat est rapide. L’altitude de 4.500 mètres est atteinte au bout d’une heure vingt minutes : la pression est alors de 430 millimètres de Hg, la température, de — 4°5.

Les variations de l'audition aérienne et de la paracousie sont évaluées à l’aide du diapason acoumétrique. On constate ainsi que l'audition aérienne baisse à mesure que l'altitude augmente, tandis que la paracousie s’exalte très sensiblement :

Départ |1.700 mètres|3.200 mètres|4.400 mètres|3.500 mètres secondes secondes | secondes | secondes secondes

Oreille droite :

Audition aérienne . 0 — 5 — 1 — 10 — 5

ParacOUSIe. "60 — 40 — 30 — 15 — 35 Oreille gauche :

Audition aérienne . 0 — 10 — 12 — 15 — 10

PanneoUSie es RS D —,30 — 20 — 10 — 25

mm qe ee ee |

Il y a de légères causes d'erreur en ce qui concerne l'évaluation de l'audition aérienne : l’action de la pression et de l'humidité sur la conduction sonore par l'air, celle de l'humidité sur le tympan, celle enfin des bruits extérieurs qui ne cessent que vers 4.000 mètres. Au contraire, la mesure de la paracousie est obtenue d’une façon très précise, par contact du diapason sur le genou; elle montre une rupture de l'équilibre labyrinthique. A gauche, l'audition aérienne est même inférieure à la paracousie, ce qui est contraire à la normale.

L’oppression labyrinthique, sensation de plénitude auriculaire assez pénible, apparaît vers 1.800 mètres à gauche, au-dessus de 2.000 mètres à droite.

Le bourdonnement commence à 2.800 mètres dans l'oreille gauche, et vers 3.200 mètres pour l'oreille droite. Bonnier le fait cesser en ouvrant les trompes d'Eustache, jusqu'à 3.500 mètres à gauche et 4.000 mètres à droite. Ce bourdonnement se reproduit si rapidement que, vers 3.000 mètres, il faut déglutir deux ou trois fois par minute. Puis il s'installe à demeure après quelque temps ; pendant la descente, il disparait d’ailleurs à une altitude plus élevée que celle à laquelle il s'était définitivement établi pendant la montée. La compensation labyrinthique, due à des phénomènes vasomoteurs,s’est donc manifestée utilement au bout de vingt minutes de séjour à 4.000 mètres,

Le battement vasculaire survient à 4.400 mètres dans l'oreille gauche et ne dure qu'un quart d'heure.

L'angoisse pharyngée accompagnée de sécheresse de la gorge commence vers 4.500 mètres ; l'oppression respiratoire débute, d’ailleurs légère, entre 3.500 et 4.000 mètres, à la montée comme à la descente. À une altitude plus élevée, elle disparaît. L’oppression artérielle ou sensation de plénitude vasculaire est ressentie aux extrémités quand le ballon atteint 4.000 mètres. Il

DAS RP TE RES SP Lee AUS AT |:

s'y joint un léger tremblement. C'est à cette même hauteur que Bonnier constate la raideur des muscles de la nuque et du trapèze, symptôme fréquent dans les affections labyrinthiques.

Enfin, à aucun monient, Bonnier ne peut provoquer le vertige, en dépit de tous ses efforts ; nous avons déjà vu que le vertige faisait complètement défaut par les ascensions en ballon.

Nous avons voulu répéter, à notre tour,. ces expériences, durant nos ascensions en ballon. Nous avons d’abord noté nos sensations subjectives de l’ouïe et nous avons mesuré ensuite, à des altitudes différentes, les variations de l'audition aérienne et de la paracousie. Nous remercions tout particulièrement le D' Bellin pour les indications qu'il a bien voulu nous fournir à ce sujet.

Pendant une première ascension nous ressentons, à 1.200 mètres, une légère tension de l'oreille arrêtée par la déglutition. De nouvelles déglutitions suppriment ce phénomène chaque fois qu'il se produit. À 2.800 mètres, le D' Crouzon qui nous accompagne constate l'apparition de quelques battements auriculaires d’ailleurs très passagers. Au-dessus de 3.000 mètres nous pouvons planer pendant quarante minutes sans éprouver la moindre gêne du côté de l'ouïe. Par contre, la descente très rapide, puisque le lest lancé par-dessus bord retombe dans la nacelle, produit sur nous-même une grande tension auriculaire, un peu pénible,s’accompagnant d'une surdité assez manifeste, et qui persiste pendant quatre heures après l'atterrissage jusqu'à ce que nous ayons l'impression, en nous mouchant, d'un véritable claquement tympanal. L'ouie redevient aussitôt normale. Ce phénomène de tension auriculaire s’est constitué chez nous parce que nos trompes d'Eustache ne s’ouvraient pas complètementetque la brusque rupture d'équilibre n'avait pu être compensée à la descente. La moniée, par contre ,avait duré deux heures trois quarts, et nous avions

eu le temps d'accommoder nos oreilles aux altitudes. Pendant

la descente même nos deux autres compagnons de voyage ont pu accommoder leurs caisses tympanales au moyen de quelques déglutitions et les symptômes qu'ils ont éprouvés se sont vite dissipés.

OBservariON XIV.

Mesure de l'audition aérienne et de l'audition osseuse à terre et à 2.500 mètres, en ballon.

Nous avons mesuré l'audition osseuse à terre, en appuyant un diapason de 128 vibrations contre l'apophyse mastoïde. Quand le son cessait d'être perçu par l'intermédiaire de l'apophyse, nous placions le diapason à 10 centimètres de l'oreille.

Normalement, l'audition aérienne doit se prolonger quand l'audition osseuse s'est arrêtée. On dit alors que l'on a le Rinné positif. Quand, au contraire, l'équilibre n'existe plus entre l'oreille externe et l'oreille moyenne, l'audition osseuse dure plus longtemps que l'audition aérienne. Le Rinné est alors négatif.

Voici les mesures effectuées sur nous-même :

1° Oreille gauche :

Avant le départ. Mastoïde . . . . . . .: . . . 10 secondes Lee Res. à FRAME Rinné poste. 2 en Mer 4

A 2,500 mètres. Mastoïde . . . . . . . . . . 10 secondes Oréle MERE er LE GS Rinnécnésalt se PLUME 0,6

Après la descente. Mastoïde . . . . . . . . . . 30 secondes OT EPS PAPA LCR GE LE Rinné népatiten 0.525: . 0,59

Dans le premier cas, à terre avant le départ, l'équilibre est complet: le Rinné est positif. Au contraire, à 2.800 mètres, la tension dans l'oreille moyenne est plus forte que dans l'oreille externe : le Rinné devient négatif. Après la descente, ce défaut d'équilibre persiste par suite de la fermeture des trompes d'Eustache; il est représenté subjectivement par la sensation de tension auriculaire et la surdité, et objectivement, par le signe de Rinné devenu négatif.

Les mêmes résultats sont constatés avec l'oreille droite :

192 ORGANES DES SENS a go 20 Oreille droite :

À terre. Mastoide. . : + .*: . / +: : 9 secondes Oreille 5 NRE LI RS MESES Rinné post SPORE 200

A 2.500 mètres. Mastoïde . . . . . . . . . . 13 secondes Oreiller: ESRI AE TS TR Hinné nécaif. 5% 022. 2092

Après la descente. Mastoïde . . . . . . . . . . 26 secondes Oreille = MRC IS

Rinné négatif 2 0210020009

Le signe de Rinné devenu négatif se vérifie donc à 2.500 mètres, malgré l'absence de symptômes subjectifs.

OBsERVATION XV.

Nous avons voulu vérifier la présence du signe de Rinné, négatif dans le premier cas, à 2.500 mètres, sur le D' Crouzon, avec lequel nous avons effectué nos expériences.

L'accommodation s'étant régulièrement produite, le signe de Rinné est demeuré positif à 2.500 mètres :

1° Oreille droite :

A 2.500 mètres. Mastoïde . . . . . . . . . 17 secondes Orelle ris. RSR ERA Rinné positif, RSS

20 Oreille gauche.

Mastoïde. 57.1. sesnndes OreilIe RE — Rinn6 positifs. (RS MONEN

En outre, la légère tension auriculaire survenue pendant la descente s'est irès rapidement dissipée :

Dans une nouvelle ascension,nous avons recherché, à une altitude très inférieure à la précédente, les modifications de l'ouie. : Si ON È L : r r

Comme il fallait s’y attendre, nous n’avons pas eu de défaut d’é-

quilibre à la faible altitude de 1.100 mètres, aux environs de laquelle nous planions depuis 3 heures. Les D's Crouzon et Le

bbr 195

Play n'ont constaté, ainsi que nous, aucun phénomène de para-. cousie. D'autre part, nous avons évalué cette fois l’acuité auditive en approchant de l'oreille le diapason acoumétrique qui nous a été indiqué par Bonnier, et en agitant aussitôt après la disparition du son ce diapason devant nos yeux, pour nous assurer de la suppression complète. des vibrations.

OBsERvATION XVI.

Mesure de l'acuité auditive à terre et à 1.100 mètres.

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