II. — LA VUE
Les aéronautes constatent généralement une augmentation de l’acuité visuelle. Les objets sont plus nets, on aperçoit certains détails qu'il serait impossible de reconnaitre si l'on se trouvait sur le sol, avec le même éloignement. C’est ainsi que, du ballon, on distingue à terre des individus qui de leur côté, ne voient de la nacelle qu’un simple point noir, à peine perceptible au-dessous de l'enveloppe. Cette impression de vue développée correspond à un phénomène précis dont nous avons déterminé l'intensité.
Mais d'autre part, pendant une ascension, il se produit dans l'œil une série de modifications au sujet desquelles le D' Daulnoy à bien voulu nous donner d’intéressants renseignements. Voici les résultats des observations que le D' Daulnoy a effectuées en ballon.
La tension oculaire est diminuée pendant la durée de cette ascension.
Il ne se produit rien de spécial du côté de la pupille, de la conjonctive ni des paupières.
La vue est plus nette. L’acuité visuelle est très augmentée. Une bouteille lancée de 800 mètres se distinguait encore au moment où elle atteignait la surface d’un étang.
Avec l'ophtalmoscope, on constate une légère congestion de la choroïde et de la rétine, plus rouges que normalement,ce qui expliquerait l'augmentation de l'acuité visuelle. Au contraire la pureté de l’air ne parait pas intervenir. Îl est intéressant de remar-
ge EP 7 VO CCR quer, à ce propos, que, sur le sommet d’une montagne, l'acuité visuelle reste normale. Il y a donc ici un phénomène spécial aux aéronautes.
L'examen de la rétine étant un procédé très sensible pour découvrir l’albumine, les signes observés à son niveau pourraient être en rapport avec l'état du rein. Peut-être serait-il possible, enfin, par les ascensions en ballon, de trouver des indications relatives au traitement physique des choroïdites, du glaucome et du décollement de la rétine, sans parler pour cela d'une cure par le ballon.
Tel est le résumé des recherches que le D' Daulnoy nous a exposées. Nous avons voulu, à notre tour, mesurer l’acuité visuelle en ballon. Nous nous sommes servi d’une échelle-de Parinaud que nous avons suspendue, bien équilibrée, à l’extrémité d’une longue cordelette graduée. Cette échelle comprend quatre séries de lettres que l'on doit lire normalement :
La {°° ligne OH à 50 mètres.
La 2° ligne DN à 37 m. 50.- La 3° ligne TFR à 25 mètres.
La 4° ligne VDHB à 16 m. 66,
À l’aide de cette échelle nous avons effectué une première mesure à terre, avant le départ, puis une seconde à 2.500 mètres,
et une dernière enfin, trois jours après l'ascension.
Ogservarion XVII.
Mesure de l'acuité visuelle à 2.500 mètres.
Avant le départ du ballon, nous avons procédé, dans le parc de l’Aéro- Club, à une première mesure de notre acuité visuelle. Nous avons obtenu le résultat suivant avec la quatrième ligne qui doit être lue, normalement, à 16 mètres 66 centimètres,
A terre, avant le départ :
4° ligne VDIHB : 3 lettres lues à 26 mètres.