I. — LA TEMPÉRATURE ET LE VÉTEMENT
Pendant les voyages en ballon et notamment les ascensions à de grandes altitudes, les variations atmosphériques les plus importantes à étudier au point de vue physiologique après le changement de pression barométrique, concernent la température et l’état hygrométrique de l'air. Nous avons indiqué, à propos de la numération des globules, les résultats qu'avait produits l’action de l'humidité et du froid sur deux cobayes dont nous examinions le sang périphérique. Des phénomènes très nets de vasoconstriction étaient survenus, qui constituaient un véritable moyen de défense pour l'organisme.
Les modifications thermiques sont en effet considérables pendant les ascensions en ballon. L’air s’échauflant surtout par le rayonnement et le contact du sol, les couches inférieures sant les plus chaudes et la température décroit rapidement à mesure que l’on s'élève. Gay-Lussac, en 1804, ressent, à l’altitude de 7.000 mètres, un froid de — 10 degrés,contre 28 degrés au niveau du sol, avant le départ, ce qui représente une différence de 38 degrés. En 1850, Barral et Bixio éprouvent, à 7.000 mètres également, une température de — 39 degrés. Helmholtz et Mühry croient que l'écart est de 1 degré par 200 mètres d’élévation. Glaisher, à
10.000 pieds d'élévation en ballon, trouve une diminution de 1 degré pour 228 à 249 mètres. Enfin G. Yvon montre que l'on peut établir une moyenne d'environ 5 degrés par 1.000 mètres. Au-dessus de ce chiffre rien n’est certain.
Les expériences de Teisserenc de Bort, en Laponie, ont permis de vérifier l'existence d’une zone isotherme située entre 8.000 et 11.000 mètres suivant la pression constatée à la surface des eaux ; non seulement, à partir de ce point, la température cesse de s'abaisser, mais même, elle se relève un peu ; c’est ainsi qu’un ballonsonde enregistra — 69° 8 à 10.000 mètres et — 66° à 14.000 mètres ; un autre donna — 56° 7 à 11.600 mètres et — 530 à 15.600 mètres. Il résulte de ces faits qu au-dessous de 8.000 mètres se trouve une zone atmosphérique qui participe à toutes les modifications de température constatées à la surface de la terre, mais qu’au delà de cette région, les espaces semblent, au point de vue de la température, indifférents aux modifications qui se produisent plus bas.
La chaleur spécifique de l’air paraît donc, jusqu'à 8.000 mètres au moins, en raison inverse de la pression ; l'atmosphère, dans les grandes altitudes, jouit davantage du pouvoir d'absorber la chaleur des corps à son contact; la chute du thermomètre est, nous l’avons vu, d’un degré environ par 180 ou 200 mètres d'élévation. De Ià le froid qui saisit les aéronautes à une certaine hauteur au-dessus du sol. Il en résulte également que la vapeur d'eau se refroidit en s’élevant et se condense en nuages lorsqu'elle atteint les couches supérieures. La radiation de la lumière solaire s'effectue en effet sans que l'atmosphère en absorbe plus d’un cinquième (Althaus) ou d'un quart (Pouillet).
Cependant le froid n’a pas une grande influence sur la température de l’homme et des animaux homéothermes. L'organisme lutte en effet contre le refroidissement de deux façons, par le re-