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LA TEMPÉRATURE ET LE VÈTEMENT

froidissement de la peau et par l'augmentation de la production de chaleur. Le refroidissement de, la peau s'opère grâce à la vasoconstriction périphérique que nous avons déjà étudiée. L'augmentation de la production de chaleur se fait par un mécanisme mal élucidé. Cependant la résistance au froid est limitée par un certain abaissement de la température ambiante et par une certaine durée du refroidissement. Et c’est ainsi qu'intervient le rôle des vêtements.

On trouve donc plusieurs étapes dans l’action du froid sur l'organisme. Ce sont au début la sensation du froid, la vaso-constriction périphérique indiquée par la pâleur des téguments, la diminution de l'excrétion d’eau par les poumons et la peau. Quand les vêtements protègent suffisamment le corps, les phénomènes s'arrêtent là. Si au contraire le refroidissement continue, on note des sensations douloureuses dans les membres, puis les extrémités se raidissent. Certains de ces accidents ont été constatés par les aéronautes qui se plaignaient, aux très grandes altitudes, d’un engourdissement complet causé par le froid.

Mais le froid n’est pas le seul élément qui intervienne chez les aéronautes : ceux-ci souffrent souvent, pendant l'été, d'une chaleur accablante. Le ballon est exposé directement à l’action du soleil, à la réverbération des nuages. De plus, même pendant un grand froid, les radiations solaires frappent directement la nacelle, et la température des parois extérieures peut dépasser de vingt degrés celle de la partie intérieure demeurée dans l'ombre. Aussi une basse température ne donne-t-elle pas, en ballon, une grande impression de froid, lorsqu'on ne se trouve pas à une altitude très élevée ; de plus, absence absolue du vent rend bien plus supportables les variations de la température, et l’on peut observer ce fait curieux, que l’aéronaute, en dépit du froid très vif, doit parfois, en hiver, enlever son manteau parce qu'il se

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trouve sous l'action directe des rayons solaires. Le froid n'est ressenti fortement qu'à l'atterrissage.

C'est pour ce motif que les érythèmes solaires sont fréquemment signalés pendant les ascensions. Nous avons observé nousmême l'apparition d'un érythème sur un de nos compagnons de voyage alors que la température était de 2 degrés seulement.

Enfin l’état hygrométrique de l’air a son importance. À une altitude élevée, l'air est souvent très sec ; la restitution d'eau de la profondeur peut quelquefois ne pas suivre assez tôt la déperdition par la peau, par les muqueuses des lèvres, du nez, de la bouche, du pharynx. Tous les aéronautes ont noté la sécheresse de la gorge, très fréquente au-dessus de 3.000 mètres ; ce phénomène se produit surtout si la variation de l’état hygrométrique est survenue brusquement. On constate souvent des gercures, de la cuisson de la peau. La muqueuse des lèvres se fendille, la sécrétion salivaire est arrêtée. Ces symptômes augmentent avec l'altitude, et il est prudent, lorsqu'on doit s'élever à une grande hauteur, de s’enduire au préalable la figure, les narines et les lèvres d’une couche légère d'un corps gras.

La question des vêtements présente, en raison de ces faits, une certaine importance. Les vêtements sont des agents protecteurs contre la perte de chaleur qui s'effectue par conductibilité, par rayonnement et par évaporation ; ils doivent en outre défendre le corps contre l’insolation, l'humidité de l'air, l'électricité du milieu ambiant. Enfin l’aération de la peau doit être conservée grâce à une ventilation méthodique.

Les costumes adoptés par les aéronautes sont très divers. On utilise surtout les vêtements de laine, la flanelle appliquée directement contre la peau et qui régularise l'évaporation de la peau. L'hiver, on emploie parfois les peaux de bêtes comme manteaux contre le froid, la capote caoutchoutée contre la pluie. Enfin on

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