IMPURETÉS DU GAZ
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se fait progressivement, toujours longue, les forces ne reviennent qu'après un certain temps. L'impuissance génésique est remarquable, même dans les cas légers. » Dans 40 p. 100 des cas, la mort survient brusquement du troisième au sixième jour. A l'autopsie, on constate une forte congestion de tous les viscères, ainsi que de l'encéphale. Les reins font hernie à la coupe : ils présentent des lésions granulo-graisseuses très étendues. Le sang est de couleur brun noirâtre, sa consistance est visqueuse, il ne se coagule pas. Les coupes de rein font reconnaître, au microscope, les glomérules gonflés ; l'épithélium est détaché ou en voie de prolifération, les tubes urinifères sont remplis de cellules et de débris granuleux. Enfin les hématies sont en grande partie détruites et l'on retrouve de nombreux cristaux d’hémoglobine.
L'hydrogène antimonié à une toxicité très inférieure à celle de l'hydrogène arsénié. Les accidents sont analogues ; cependant les symptômes nerveux prédominent. La présence d'hydrogène antimonié est peu à redouter, et l’on tolère jusqu'à 1! gramme de ce gaz par kilogramme d'acide sulfurique.
Au contraire, la toxicité de l'hydrogène sélénié est considérable, et ce gaz est d'autant plus dangereux qu'il est à peu près impossible d'empêcher sa production. Les accidents que l'on observe quand l'hydrogène sélénié est abondant consistent dans l'irritation bronchique, le coryza avec perte de la sensibilité olfactive, la céphalée, la faiblesse musculaire. Les reins sont douloureux à la pression, les urines rares, albumineuses, contenant beaucoup d'urée et d'acide urique. Le sang ne semble pas altéré.
Enfin l’acétylène existe en faibles proportions dans l'hydrogène employé à gonfler les ballons et ne donne pas lieu, en conséquence, à des phénomènes d'intoxication.
Quant au mélange d'hydrogène et de gaz d'éclairage que l'on utilise surtout en Amérique dans le gonflement des aérostats, il
a été considéré comme très dangereux par Sainte-Claire Deville et il donne lieu à de graves accidents.
Nous avons signalé, en étudiant l’action du gaz d'éclairage et de l'hydrogène, les accidents que l'on observait pendant l'atterrissage ; mais nous voulons attirer également l'attention sur les impuretés de l'air dans Îa nacelle. La nacelle est faite en osier très serré, et généralement sans jours ; elle est souvent tapissée de toile, parfois de velours ou d’une autre étoffe, qui la ferment plus hermétiquement. L'ouverture supérieure est donc la seule par laquelle l’air peut circuler.
Au-dessus de la nacelle se trouve la manche d’appendice, largement ouverte, et qui permet la sortie du gaz pendant la montée ; ce gaz, généralement du gaz d'éclairage, arrive dans la nacelle qu'il imprègne, et en ressort ensuite. Cette circulation du gaz se reconnaît bien à l'odeur spéciale que les aéronautes constatent lorsque le ballon s'élève.
D'autre part l'acide carbonique de la respiration, plus lourd que l'air, s'accumule au fond de la nacelle et ne peut s’en échapper puisqu'il n'existe généralement pas d'ouvertures inférieures. Il résulte de ces faits que l'air est très vicié dans la nacelle, et que l’on y peut ressentir certains symptômes d'intoxication.
Nous les avons constatés pendant nos ascensions alors qu'assis au fond de la nacelle pour effectuer nos expériences nous devions respirer cet air vicié.
Nous y sommes resté, une première fois, pendant une demiheure, et nous avons éprouvé une sensation de malaise. de céphalée légère, d'engourdissement. Le travail était devenu pénible; et cette lassitude s’accentuait progressivement jusqu’au moment où, nos travaux achevés, nous avons pu nous lever et respirer l'air extérieur. Nous avions done subi un commencement d’in-
toxication par le gaz d'éclairage et l'acide carbonique.